Tous nos articles pour L’expo du mois

Edvard Munch – L’Oeil moderne

Edvard Munch l'oeil moderne bis

Il ne vous reste plus que quelques jours pour visiter l’exposition Edvard Munch au Centre Pompidou. Une grande rétrospective comme le musée parisien en a le secret, capable de nous surprendre dans la dernière salle.

Goudemalion, aux Arts Décoratifs

Goudemalion (2)

Jean-Paul Goude est sans doute le créateur d’images le plus influent du vingtième siècle. Le musée des Arts Décoratifs lui dédie une rétrospective.

Hussein Chalayan au musée de la mode

Hussein Chalayan (1)

Le dernier créateur choisi par le Musée des Arts Déco est Hussein Chalayan. Si l’exposition se montre remarquable, elle présente avant tout le mérite de mettre en avant les trouvailles extraordinaires du styliste d’origine chypriote, impossibles à saisir avec une simple galerie photo.

Madame Grès au Musée Bourdelle

L’histoire de la maison Grès se dévoile dans un lieu inhabituel et magnifique : le musée Bourdelle.

Pour la première fois, le musée Galliera expose hors de ses murs avec une rétrospective consacrée à Alix Grès. Un thème des plus intéressants, qui répond à l’expo des Arts Déco sur Madeleine Vionnet il y a quelques mois. Mais oublions la triste aile nord du Louvre où Save My Brain a l’habitude de traîner ses guêtres pour vous faire découvrir les expos de mode. C’est cette fois au musée Bourdelle, à deux pas de la Gare Montparnasse, que cela se passe.

Dans l’esprit, cette exposition sur Madame Grès rappelle les « envahissements » du château de Versailles par des artistes contemporains. Ici, les robes, photos et croquis investissent le musée Bourdelle, se glissent entre deux sculptures et s’éparpillent au gré des salles et anciens ateliers. Quel environnement plus naturel pour les œuvres de celle qui considérait la couture comme un art presque identique à la sculpture ?

Les créations d’inspiration antique d’Alix Grès dialoguent à merveille avec les sculptures monumentales d’Antoine Bourdelle. Du choix des pièces présentées à la scénographie en passant par les textes explicatifs, cette exposition se révèle un sans-faute absolu. Rares sont les rétrospectives d’une maison de couture aptes à passionner le grand public. Celle-ci en est la preuve.

Ne manquez pas notre galerie Flickr de l’exposition Madame Grès.

Redécouvrez l’histoire de la maison Grès.

Mondrian/De Stijl au Centre Pomidou

Le Centre Georges Pompidou est un spécialiste des grandes rétrospectives. C’est désormais au tour du néerlandais Piet Mondrian, un des fondateurs du mouvement De Stijl. Particularité de l’exposition : celle-ci de s’arrête pas à l’artiste mais s’intéresse également à l’histoire du mouvement.

Tout le monde connaît les fameuses compositions de Mondrian, mêlant lignes noires et aplats de couleurs primaires. Que ce soit par les livres d’histoire de l’art ou la robe d’Yves Saint Laurent inspirée par l’artiste en 1965, le motif est archi connu, immédiatement associé à l’artiste. Pour tout un chacun, composition abstraite + couleurs primaires = Mondrian.

Ce serait bien réducteur ! Lors de la visite, le choix d’avoir présenté conjointement l’histoire de Mondrian et celle du mouvement De Stijl (et de la revue associée) apparaît des plus pertinentes. L’artiste n’a en effet pas inventé grand-chose tout seul. Il apparaît au vu des œuvres exposées que la lente constitution de ce style particulier n’est due qu’à l’émulation des membres du mouvement De Stijl. Mondrian ou ses compères ? Même combat. Il est souvent bien difficile de distinguer les œuvres de tel ou tel artiste, tant les pattes sont semblables.

Alors, décevante cette expo ? Pas vraiment. Déjà, cette découverte vaut la visite. Ensuite, comme toutes les expos du Centre Pompidou, elle se pose comme une référence sur le plan de la documentation présentée. Seul bémol, la déambulation au sein des allées, sans se montrer aussi catastrophique que celle de l’expo Dada il y a quelques années, pourrait être plus logique. On a un peu de mal à comprendre pourquoi le chemin nous fait commencer par De Stijl, puis Mondrian avant de revenir sur De Stijl.

Cette rétrospective est donc enrichissante. Dommage que le Centre Pompidou ait profité de cette double expo pour faire paraître un double catalogue. Deux fois cinquante euros, cela risque fort d’en faire réfléchir plus d’un !

L’exposition Mondrian/De Stijl court jusqu’au 21 mars 2011

Arman au Centre Georges Pompidou

Par leur côté spectaculaire, les nouveaux réalistes ont souvent l’honneur de grandes rétrospectives. Au Centre Pompidou, c’est au tour d’Arman, après Jacques Villéglé et Yves Klein ces dernières années.

Chacun des signataires du manifeste du nouveau réalisme avait sa marotte. A Villéglé les affiches lacérées, à Klein le vide… Arman est lui avant tout célèbre pour ses accumulations, sculptures ou installations plus ou moins monumentales utilisant la répétition de plusieurs exemplaires d’un même objet pour en exacerber le sens par une répétition de sa forme. Le titre, souvent ironique, ajoute une grande part du sel de la chose. Le fameux « Home Sweet Home », présentant des masques à gaz laisse songeur.

Comme ses petits camarades qui ont apposé leur grigri en bas d’un monochrome bleu IKB à l’initiative de Pierre Restany, Arman utilise les traces du quotidien pour faire rentrer la vie au musée. L’accumulation n’apparaît que comme une des facettes de son œuvre. Ses portraits restent toutefois dans la même logique : ils tentent de faire ressortir une personnalité par la réunion de ses objets fétiches. On peut découvrir ainsi représentés Yves Klein ou la galeriste Iris Clert.

Ces deux derniers personnages sont à l’origine d’une des plus célèbres expositions d’Arman. Yves Klein avait fait date en 1958 en vidant la Galerie Iris Clert de son contenu pour une exposition intitulée La Spécialisation de la sensibilité immatérielle à l’état de matière première en sensibilité picturale stabilisée (désolé, je n’arrive jamais à le retenir, celui-là…). Tout simplement, passée à la postérité comme « l’exposition du vide », elle a trouvé son pendant deux ans plus tard avec « Le Plein » d’Arman. Celui-ci avait, à l’inverse de son ami, rempli la galerie jusqu’au plafond d’objets divers et variés.

Au même titre qu’Yves Klein et César, Arman a marqué l’histoire de l’art au vingtième siècle. Le Centre Georges Pompidou lui rend un hommage naturel, complet et à l’accrochage spectaculaire. A ne pas manquer.

L’exposition Arman court jusqu’au 10 janvier 2011

Le cerveau est un petit monde, à la Maison Vide

« Le cerveau est un petit monde »… C’est ainsi que William Boujon et Julien Benayoun ont intitulé leur dernière installation. Forcément, ça nous flatte un peu, nous qui essayons à longueur d’année de sauver les cerveaux. Ca voudrait dire qu’en quelque sorte, on sauve le monde.

Trèves de considérations à la Chuck Norris, voyons ce que les deux artistes ont à nous raconter. Tout d’abord présentons-les. Le duo est connu sous le label Bold Design, à mi-chemin entre l’art et le design. Le Cerveau est un petit monde se situe clairement dans la première catégorie, rubrique installations. Mais leur culte du design transparaît dans l’esthétisme de cette allégorie cérébrale.

Bold Design a investi la Maison Vide, située à Crugny, en pleine campagne champenoise. On s’y perd un peu pour y aller, peu habitués que nous sommes à emprunter le chemin des écoliers pour nous rendre à un vernissage. La maîtresse de maison (vide) s’appelle Anne-Sophie Velly. Elle a eu pour volonté d’amener l’art dans un lieu où il n’avait pas droit de cité. Issus de la même école (l’Ecole Supérieure d’Art et de Design de Reims) qu’Anne-Sophie, William et Julien ont tout naturellement trouvé leurs quartiers à Crugny.

Le Cerveau est un petit monde reproduit le cerveau à l’échelle d’une maison. Vu comme ça, on s’attend à un découpage phrénologique (la phrénologie était une théorie de Franz Joseph Gall, aujourd’hui dépassée, selon laquelle chaque zone du cerveau correspond à un usage bien particulier) des pièces de la maison vide. La métaphore est en réalité un peu plus subtile.

En effet, le découpage est plus philosophique que fonctionnel. Les cinq pièces correspondent à autant de capacités et de notions inhérentes au cerveau : l’idée, le temps, la perception, le secret et la folie douce.

A la montée de l’escalier, le mot brainstorming ne semble jamais avoir aussi bien porté son nom. Les murs noirs recouverts de mots en lettres blanches ressemblent à un tableau après la séance de « tempête de cerveau », promise par le blog de la maison vide. C’est de ce genre d’exercice que partent les créatifs en entreprise. Tout naturellement, c’est ainsi que l’idée est représentée.

Notion importante s’il en est dans notre société, le temps est ici représenté par le biais des diverses périodes de la vie. Cinq chaises garnies de fils de nylon symbolisent les âges. Avec subtilité, des messages glissés dans le garnissage se lisent en écartant les fils du doigt. Avec humour, ils arborent une liste de marques typique de chaque personnage représenté par la chaise à laquelle ils correspondent.

Et puis il y a le secret… Bien caché au coin du cerveau, il est ici symbolisé par un tapis de clous, un chemin difficile d’accès. Il y a aussi la folie douce, mettant un aquarium au plafond comme un défi à la pesanteur. Ou la perception, jouant de miroirs et sons divers pour troubler le visiteur.

Il est rare que des installations mêlent esthétisme, humour et signifiant avec autant de bonheur. Cela vaut bien un petit détour dans la campagne.

Maison Vide
1, rue Mannot
51170 Crugny

Le site de bold design

Le cerveau est un petit monde, du 16 octobre au 14 novembre 2010.

Ne manquez pas notre galerie FlickR de l’expo

Anish Kapoor au Guggenheim de Bilbao

Au Guggenheim de Bilbao, l’artiste britannique d’origine indienne Anish Kapoor s’octroie la quasi-totalité du deuxième étage. L’occasion de découvrir des œuvres spectaculaires et déroutantes.

Avant d’aborder l’exposition, attardons-nous sur le musée Guggenheim de Bilbao, que nous n’avons pas encore eu l’occasion de visiter à Save My Brain, habitués que nous sommes aux expos parisiennes. Ouvert en 1997, le bâtiment est signé Frank Gehry. Son ouverture a eu un impact inégalé sur l’attrait touristique de la ville. Jusque-là laborieuse cité industrielle, Bilbao est devenu à l’ouverture du Guggenheim une destination prisée dans le monde entier.

Il faut dire que l’édifice est spectaculaire. Les parois recouvertes de titane reflètent la lumière de manière tamisée, modifiant l’aspect des murs selon l’heure de la journée. La structure en elle-même est un enchevêtrement de salles. Le plan est si complexe que l’étude a été menée avec des logiciels de CAO comme Catia, une première en architecture. Cette complexité n’est pas qu’une fantaisie. La disposition particulière des salles permet un dialogue entre l’architecture et les œuvres, grâce à des ouvertures entre les différents niveaux. C’est particulièrement sensible avec l’extraordinaire installation de Richard Serra, totalement différente selon qu’elle est vue du rez-de-chaussée ou depuis le premier étage.

L’exposition Anish Kapoor bénéficie de l’architecture particulière du Guggenheim. La disposition des salles et leurs tailles très variables mettent les œuvres en valeur comme nulle part ailleurs. On profite avec ravissement des divers aspects de l’œuvre de l’artiste.

Une des facettes concerne la perception de l’espace. Les miroirs déformants de toutes sortes envahissent une des salles. L’aspect ludique est évident, ce qui corrobore les paroles d’Anish Kapoor. L’artiste aime en effet voir le public et les critiques s’amuser dans ses expositions.

D’autres déformations spatiales sont directement intégrées au corps du musée. C’est notamment le cas de cet immense disque jaune, qui semble simplement peint lorsqu’on entre dans la salle. A mesure que l’on s’approche, la cavité devient perceptible. De nombreuses pièces de ce genre, souvent moins monumentales, sont présentées dans les salles du Guggenheim. Avec pour dénominateur commun le recours à du pigment brut, qui ajoute une intensité colorée.

Le plus spectaculaire reste tout de même Shooting into the corner, installation mettant en scène un canon projetant des pigments pur sur le mur. L’interprétation est multiple, selon la sensibilité du spectateur… Métaphore de la naissance de la peinture ou mise en lumière de la vanité de la guerre ? On peut encore considérer Shooting into the corner comme un pied de nez à l’histoire. A l’époque de l’empire britannique, chaque état princier indien était salué de coups de canon lors des cérémonies officielles. L’installation d’Anish Kapoor (d’origine indienne), présentée pour la première fois à la Royal Academy de Londres, renverse l’usage de manière iconoclaste, badigeonnant les vénérables murs britanniques de peinture rouge.

Variée (une zone de l’expo aborde les projets architecturaux d’Anish Kapoor) et très esthétique, cette exposition mérite d’être visitée au-delà de l’émerveillement lié au musée Guggenheim. Elle court jusqu’au 12 octobre 2010.

Archi BD, à la Cité de l’Architecture

La Cité de l’Architecture, au Trocadéro, vient tout juste d’ouvrir son exposition Archi & BD. La ville en bande dessinée, le thème est vaste. Chaque dessinateur y va de son utopie selon les besoins du scénario. Enki Bilal, Jean-Claude Mezières (Valerian, décors du Cinquième Elément), ou Schuiten & Peeters (qui sont également architectes) ne sont que les exemples les plus connus.

Cette exposition a donc pour tâche de présenter la ville en BD, de manière chronologique. Tout commence par les Comics, toutes ces histoires de super héros avec pour décor des buildings. Pour que le jeune lecteur puisse s’identifier au personnage, il faut en effet qu’il évolue dans le même décor que lui. C’est la raison pour laquelle New-York est une des vedettes de ces scénarios. Puis suivent d’autres aspects de la ville, comme le HLM qui rappelle fortement la chanson de Renaud. Chaque histoire a son décor urbain, plus ou moins important.

Archi BD présente de belles planches qui sont un régal pour l’amateur. Malheureusement, le déroulement de la présentation ressemble u peu trop à un catalogue. Ce vaste sujet méritait une analyse intéressante et structurée. On se contentera du plaisir visuel…

Nature Capitale

Est-ce vraiment une expo ? La question revient à chaque nouvelle installation de ce genre. Quoi qu’il en soit, Nature Capitale s’est révélé un événement populaire, comme c’est souvent le cas lorsque l’espace quotidien est transformé de manière radicale par l’imagination d’un artiste, en l’occurrence Gad Weil.

Est-ce une expo ? Oui dans le sens où on y découvrait toutes sortes d’espèces végétales. Non, dans le sens où l’événement (les Champs-Elysées recouverts de verdure) primait sur son contenu.

Est-ce une œuvre in situ ? Oui, dans le sens où elle modifie en se l’appropriant l’espace qui lui est donné. Non, dans le sens où elle était subdivisée en sous-parties, chacune elle-même divisible et proposée à la vente.

Est-ce une foire ? Oui, dans le sens où tout était à vendre, dans le sens où c’était un rendez-vous populaire. Non, dans le sens où la vente finale pouvait être interprétée comme une chasse au gaspi.

Au-delà de son aspect spectaculaire, Nature Capitale remettait donc sur le tapis l’éternelle question de la mise en scène de l’art et du lieu d’exposition. Reste à chacun de juger si on la rapproche plus des célèbres colonnes de Buren du Palais Royal ou de la Foire de Paris.

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