Tous nos articles pour Centre Georges Pompidou

Edvard Munch – L’Oeil moderne

Edvard Munch l'oeil moderne bis

Il ne vous reste plus que quelques jours pour visiter l’exposition Edvard Munch au Centre Pompidou. Une grande rétrospective comme le musée parisien en a le secret, capable de nous surprendre dans la dernière salle.

François Morellet – Réinstallations au Centre Pompidou

Le Centre Pompidou fait en ce moment honneur au plasticien François Morellet. Une exposition un peu particulière où le visiteur peut agir sur les œuvres.

D’aucuns pensent que le musée est une installation poussiéreuse. C’est notamment le cas de Jean-Claude Convenant, qui amène son fils Jason en visite au musée pour le punir le mercredi après midi. Las, ce brave (?) père de famille en sort encore plus déboussolé que son garnement de fils.

Marcel Duchamp devait penser la même chose. Dès le milieu des années 1910, il crée un véritable électrochoc avec ses ready-made : ce n’est plus la nature de l’objet qui fait l’œuvre mais le choix de l’artiste et, surtout, son lieu d’exposition. Il est lassant de dire et de ressasser que Duchamp a tout inventé mais ce n’est pas faux. En 1947, il invite le spectateur à entrer en interaction avec l’œuvre (Prière de toucher) alors que son Anemic Cinema a jeté les bases de l’art optique et cinétique. Ayant défriché à tout va, Duchamp a ouvert la voie a tout une génération : les nouveaux réalistes qui ont compris que le lieu d’exposition pouvait faire l’œuvre, les minimalistes qui se sont engouffrés dans la brèche de l’op art, les tenants du happening qui ont été convaincus que l’art était avant tout un geste de l’artiste…

Parmi eux, François Morellet a choisi l’art optique, il est d’ailleurs un des fondateurs du GRAV (Groupe de Recherche d’Art Visuel). Et si je vous ai parlé de Prière de toucher et d’Anemic Cinema, ce n’est pas par hasard : le mélange des innovations de ces deux œuvres de Duchamp ont laissé libre cours à l’imagination de Morellet. Les installations présentées au centre Pompidou jouent avec l’optique (persistance rétinienne, surface d’eau qui se trouble…), souvent de manière commandée par le spectateur.

Quand on fait de l’abstraction, il faut bien choisir une marotte pour savoir comment abstraire. François Morellet a un goût très sûr pour les mathématiques. Jouant beaucoup avec les néons (comme Dan Flavin), il les organise de façon rigoureuse. Par exemple selon les décimales du nombre Pi (π rococo n°22, 1 = 10°). Ou encore suivant des angles bien précis, destinés à donner un certain effet visuel (l’Avalanche). Parfois, ce sont des branches de bois, qui poursuivent de manière un peu anarchique une forme soigneusement et géométriquement tracée d’un trait noir bien net (Géométrée n°5, Arcs de cercles complémentaires). Souvent, le spectateur se retrouve aux commandes, ici d’un interrupteur pour jouer avec une partie des néons de l’installation (2 trames 45°-135° de néons interférents), là d’un bac à eau dont la surface troublée déforme le reflet d’une grille de morpion (Reflets dans l’eau déformés par le spectateur).

Il serait exagéré de dire que les installations de François Morellet sont révolutionnaires. Elles apportent toutefois une proximité avec le visiteur bien amusante. Une expo comme un vrai divertissement, voilà qui pourrait plaire à Jason Convenant. Sale gosse !

Arman au Centre Georges Pompidou

Par leur côté spectaculaire, les nouveaux réalistes ont souvent l’honneur de grandes rétrospectives. Au Centre Pompidou, c’est au tour d’Arman, après Jacques Villéglé et Yves Klein ces dernières années.

Chacun des signataires du manifeste du nouveau réalisme avait sa marotte. A Villéglé les affiches lacérées, à Klein le vide… Arman est lui avant tout célèbre pour ses accumulations, sculptures ou installations plus ou moins monumentales utilisant la répétition de plusieurs exemplaires d’un même objet pour en exacerber le sens par une répétition de sa forme. Le titre, souvent ironique, ajoute une grande part du sel de la chose. Le fameux « Home Sweet Home », présentant des masques à gaz laisse songeur.

Comme ses petits camarades qui ont apposé leur grigri en bas d’un monochrome bleu IKB à l’initiative de Pierre Restany, Arman utilise les traces du quotidien pour faire rentrer la vie au musée. L’accumulation n’apparaît que comme une des facettes de son œuvre. Ses portraits restent toutefois dans la même logique : ils tentent de faire ressortir une personnalité par la réunion de ses objets fétiches. On peut découvrir ainsi représentés Yves Klein ou la galeriste Iris Clert.

Ces deux derniers personnages sont à l’origine d’une des plus célèbres expositions d’Arman. Yves Klein avait fait date en 1958 en vidant la Galerie Iris Clert de son contenu pour une exposition intitulée La Spécialisation de la sensibilité immatérielle à l’état de matière première en sensibilité picturale stabilisée (désolé, je n’arrive jamais à le retenir, celui-là…). Tout simplement, passée à la postérité comme « l’exposition du vide », elle a trouvé son pendant deux ans plus tard avec « Le Plein » d’Arman. Celui-ci avait, à l’inverse de son ami, rempli la galerie jusqu’au plafond d’objets divers et variés.

Au même titre qu’Yves Klein et César, Arman a marqué l’histoire de l’art au vingtième siècle. Le Centre Georges Pompidou lui rend un hommage naturel, complet et à l’accrochage spectaculaire. A ne pas manquer.

L’exposition Arman court jusqu’au 10 janvier 2011

Dreamlands au Centre Pompidou

De temps à autres, parmi son programme très éclectique, le Centre Pompidou nous gratifie d’une exposition d’architecture. Nous avons déjà eu droit à des monographies sur Jean Nouvel ou Richard Rogers. Cette fois-ci, c’est un thème qui est choisi : Dreamlands. Le nom de l’exposition peut paraître flou, mais il cache un pan de l’architecture rarement développé, celui des bâtiments de loisirs, à l’exemple des pavillons d’Exposition Universelle ou des parcs d’attraction.

Chaque projet reflète le rêve de son architecte. Selon l’ampleur du terrain à recouvrir, il va du simple monument rêvé à l’utopie à l’échelle d’une ville. La tour Eiffel en est un exemple. Erigée à l’occasion de l’Exposition Universelle de 1889, elle était destinée à prouver le savoir faire des ateliers Eiffel. Une sorte de spectaculaire publicité pour les ponts en kit produits à Lavallois.

Le Corbusier et Iannis Xenakis eurent une démarche totalement différente lors de la conception du pavillon Philips pour l’Exposition Universelle de 1958. L’architecture se devait d’être la plus sobre possible, pour mettre en valeur le poème électronique du compositeur Edgar Varèse. Imposant ou non, le pavillon d’Exposition Universelle peut être considéré comme le pendant de l’arc de triomphe, monument conçu à la gloire de…

Le parc d’attraction a une fonction plus récréative. Il s’agit de faire voyager le visiteur par l’architecture. La reproduction en un des artifices favoris. A cet égard, la ville de Las Vegas et ses nombreux casinos à thèmes peut être rangée dans cette catégorie. Les parcs Disneyland en sont toutefois le paradigme. Mais bien au-delà de leur aspect purement ludique, ils étaient une sorte de brouillon de la ville idéale telle que rêvée par Walt Disney. Une utopie dénommée Epcot, expliquée en vidéo.

Dreamlands explore ces aspects de l’architecture, parfois aux confins de la philosophie. Les problématiques liées à la création d’une ville nouvelle sont bien plus riches et nombreuses que celles, plus simples, entrant en jeu dans la conception d’un bâtiment. Une part de rêve, forcément subjective, intervient pour rendre ces fourmilières habitables par l’animal doué de spiritualité qu’est l’être humain. Les ressorts sont donc proches de ceux utilisés pour l’architecture récréative, comme le prouve Disney.  En y ajoutant des liens avec l’art contemporain, Dreamlands éveille la curiosité et la réflexion du visiteur sur de nombreux sujets, tout en gardant un fil conducteur constant. Assurément l’exposition la plus réussie et passionnante depuis bien longtemps au Centre Pompidou.

Dreamland se visite au sixième étage, jusqu’au 9 août 2010

elles@centrepompidou

Un an sur deux environ, le Centre Georges Pompidou aime à sortir ses collections permanentes de leur monotonie en leur offrant un accrochage thématique. Celui de cette saison ne pouvait échapper à Save My Brain puisqu’il consacre les artistes féminines.

Le Vide à Beaubourg

L’exposition Vides au Centre Georges Pompidou réunit… neuf salles vides ! Une idée qui peut paraître saugrenue à première vue mais qui a le mérite de soulever des problématiques intéressantes dans l’histoire de l’art du XX° siècle. Car bien entendu, la substance n’est pas ces salles vides en elles-mêmes. Il s’agit de rappeler des expositions, où rien n’était présenté, pour des raisons diverses.

Ron Arad au Centre Georges Pompidou

Depuis quelques mois, la galerie sud du Centre Georges Pompidou semble réservée aux designers et architectes. On ne s’en plaindra pas tant la qualité de ces expositions les rend intéressantes. En ce moment, c’est Ron Arad qui est à l’affiche.

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