Tous nos articles pour Arno

Brigitte Fontaine – L’un n’empêche pas l’autre

Après l’extraordinaire Libido et le génial Prohibition, Brigitte Fontaine déçoit avec L’un n’empêche pas l’autre, un recueil de chansons revisitées qui n’apporte pas grand-chose.

Cet idée d’album de duos aurait paraît-il été soufflée par la maison de disques… Contre l’avis de Brigitte Fontaine. Entourée de sa cour habituelle (Areski, Arno, M, Higelin, Grace Jones…), elle est finalement arrivée à quelque chose qui la satisfait. Cet album s’imposait il ?

La majorité des nouvelles versions n’apportent en effet rien par rapport aux originales. La Caravane de Duke Ellington ne gagne rien à la présence de Grace Jones : Brigitte s’en sortait très bien toute seule. L’interprétation de Pipeau avec Mathieu Chedid a au moins le mérite de la logique : M avait participé à l’album Kékéland, première apparition de ce titre plutôt génial. Mais à vouloir trop le revamper, il en perd sa singularité. Quant au Rue Saint-Louis-en-l’île avec Alain Souchon, le résultat est franchement mauvais et poussif.

Tout n’est quand même pas à jeter : il reste la belle interprétation de Bertrand Cantat sur Les Vergers, un Hollywood qui gagne en suave grâce au timbre de Christophe ou un duo avec Arno sur Inadaptée qui dépote pas mal, plus que l’enregistrement sorti de la naphtaline.

Restent les quelques inédits qui émaillent l’album… Là non plus, ce n’est pas la joie. On ne peut s’empêcher de penser que les voix de Grace Jones et Brigitte Fontaine se marient à merveille sur Dancefloor. Oui mais voilà, les deux compères avaient déjà fait Soufi, sur l’album Prohibition, avec bien plus d’inventivité musicale et de profondeur poétique. Quant à Gilles de la Tourette, c’est une pénible démonstration d’insolence qui ne fonctionne pas sans son clip (certes remarquable de cynisme). On a définitivement connu mieux.

A écouter : Dancefloor, Hollywood, Les Vergers, Inadaptée

Arno au Casino de Paris – Putain, putain, c’est vachement bien !

DSC08068

Il y a toujours cette brume étrange au Casino de Paris… Une condensation qu’on ne voit nulle part ailleurs. C’est particulièrement sensible quand la salle est dépourvue de sièges comme ce soir. Ce brouillard pourrait rappeler un petit matin sur les dunes. Est-ce l’intro aux sonorités orientales qui me donne cette impression ?

Interview d’Arno

Nous avons aimé son album Brussld, nous l’avons rencontré. Voici notre interview du rockeur belge Arno…

Pourquoi avoir intitulé cet album Brussld ?

Parce que j’habite à Bruxelles. C’est une ville où on parle quatre langues : français, flamand, anglais et arabe. Alors j’ai pris la prononciation du nom de la ville dans les quatre langues et j’ai mélangé le bazar, ça a donné Brussld. D’ailleurs, j’ai rajouté des instruments arabes dans les arrangements pour coller à ça. Maintenant, Bruxelles, c’est l’Europe. C’est une ville, même le pays d’ailleurs, qui n’existerait pas sans les institutions européennes.

Pourtant, il y a une culture…

Oui, mais c’est récent tout ça. Il y a 170 ans, ça n’existait pas.

Si on devait comparer Bruxelles, où vous habitez à Ostende, d’où vous êtes originaire… Qu’est-ce qu’il y a de différent ?

(temps de réflexion…) L’odeur ! A Ostende, ça sent les beaux bars pourris. Alors qu’à Bruxelles, ça sent la merde. Mais la bonne merde. Maintenant, le temps qu’il faut pour aller en train de Bruxelles à Ostende, c’est le même que pour aller de Bruxelles à Paris. Paris est devenu la Banlieue de Bruxelles et Bruxelles un quartier de Paris.

Comment a été travaillé l’album, comparé aux précédents ?

Je n’ai jamais travaillé, c’est pour ça que je fais de la musique !

Comment choisissez-vous les thèmes des textes ?

En regardant les gens autour de moi, les situations. Par exemple Black Dog Day. J’étais sorti avec une mademoiselle anglaise et un soir on avait beaucoup bu. Le lendemain, je l’appelle, je lui demande si ça va, elle me parle de black dog day, la gueule de bois en anglais. Puis une fois mon fils était amoureux fou d’une mademoiselle. Il en souffrait. Je lui ai dit « t’en fais pas, l’amour c’es comme une migraine, ça va, ça vient ». Pareil, je l’ai gardé pour un texte.

Pourquoi ce mélange entre chansons à texte en français et morceaux plus rock en anglais sur Brussld ?

Ca vient selon l’inspiration… Je suis assez impulsif et des fois, j’en paie la facture. Souvent, je fais le disque trop vite et après, ça ne me plais plus. Mais je réécoute encore un an après, ça me plait de nouveau.

Comment choisissez-vous les reprises ? Comment y mettez-vous votre patte ?

Pour Get Up, Stand Up, je devais faire un benefit pour un journal belge où ils ont viré du monde. La veille, mon fils écoutait Marley. Mais je me suis dit « je ne peux pas faire ça en reggae », alors je l’ai fait juste en piano voix.

Vous êtes plus à l’aise sur scène ou en studio ?

Sur scène ! Je fais des disques pour monter sur scène.

Notre magazine s’appelle Save My Brain…

Save My Brain ! Quel bazar… Toute ma vie j’ai essayé !

Et vous avez trouvé depuis ?

J’ai envie de dire : libère ton esprit, le reste va suivre. « Free your brain and your ass will follow ». Libère ton esprit, ton cul va suivre.

Votre dernier coup de cœur ?

(Longue réflexion) L’autre jour, j’ai vu une mademoiselle, elle avait des fesses comme un extraterrestre !

Ca ressemble à quoi des fesses d’extraterrestre ?

Dommage, j’ai pas mon appareil, je peux pas te montrer la photo…

Et pour la suite, qu’est-ce qui vient ?

Ma tournée, avec l’équipe habituelle mais un nouveau guitariste et un nouveau choriste.

Arno – Brussld

L’œuvre d’Arno peut quasiment être séparée en deux. D’une part des rocks au rythme entêtant et cyclique, souvent en anglais, et d’autre part des chansons en français aux textes ciselés. Le tout parsemé de reprises, qui se fondent facilement dans l’une ou l’autre des catégories. C’est un peu simpliste, mais c’est à peu près ça. Brussld n’appartient ni à l’une ni à l’autre de ces catégories, mélangeant les deux.

Tout commence par Black Dog Day. Un rock qui vous saisit dès l’intro par un arrangement épais et chiadé, agrémenté de chœurs finement placés. Une valeur sûre qui ne surprend guère mais du vrai, du bon (du très bon) Arno, qui vous emplit les oreilles de son énergie et sa voix rocailleuse. On aurait juste l’impression que les arrangements sont encore plus finement aboutis qu’avant.

Le deuxième titre, Quelqu’un a touché ma femme, fait partie de l’autre visage du disque, celui qui est dans la lignée de « Les Yeux de ma mère ». Texte plein de tendresse et au vocabulaire fleuri, chanté par un Arno tendre sous sa voix de dur. Dès les deux premiers titres, on sait donc ce qu’on va trouver dans Brussld. Du plaisir !

En effet, l’album est un enchaînement de titres qui ravira les fans, avec quelques morceaux de bravoure comme un Brussels au rythme simple mais génial (et au final éructé d’une voix caverneuse qui vous flanque le frisson) ou encore une intro d’harmonica dans Pop Star qui nous rappelle le bon temps de European Blues Connection.

Et la traditionnelle reprise, alors ? C’est la seule déception de ce Brussld, surtout quand on connaît le talent d’Arno pour l’exercice (Sarah de Reggiani, Knowing me, knowing you d’Abba ou Comme à Ostende de Caussimon ont été transformées, en bien, par le rocker). Get up, Stand up semble se traîner par rapport à l’original de Marley, sans qu’Arno parvienne à y donner sa patte. Dommage… Mais pour le reste, on adore Brussld.

Brussld sort en édition limitée le 16 mars à la FNAC et le 29 mars partout ailleurs en édition standard.

A écouter : Black Dog Day, Brussels, Le lundi on reste au lit

TC Matic – With You

Je revenais de Charente. J’avais trouvé ce CD de TC Matic dans une boutique de Bordeaux quelques jours auparavant. On m’avait dit que TC Matic, c’était Arno avant Arno. Je l’ai donc naturellement passé sur le chemin du retour.

A propos de Save My Brain - Mentions légales - Contactez-nous