Littérature

Laure Adler, Passionnante et passionnée

Unknown

Journaliste, historienne, écrivain, éditrice, philosophe, productrice, cette femme de lettres, engagée, féministe, qui aurait aimé être psychiatre, femme de culture, passionnée de littérature, de théatre, d’art et de cinéma, animatrice d’émissions à la télé et à la radio, est passionnée par l’écriture dont le sujet de prédilection sont les femmes célèbres ou pas.

Didier Van Cauwelaert, le raconteur d’histoires

Romancier, scénariste, librettiste, auteur de pièces de théatre et réalisateur, Didier Van Cauwelaert est né le 29 juillet 1960 à Nice.

Depuis tout petit, Didier Van Cauwelaert rêvait d’être écrivain et d’être publié. Très tôt, à l’école en découvrant que les mots servaient à raconter des histoires, Didier Van Cauwelaert a connu l’évidence qu’il lui fallait raconter des histoires et s’adresser à un public. Metteur en scène de ses histoires, toutes plus invraisemblables les unes que les autres, il se met à écrire, se rendant compte qu’écrire lui donnait envie d’aller vers les autres. C’est dans le journal de l’aumônerie, dans lequel Didier Van Cauwelaert proposera un feuilleton d’épouvante, qu’il commencera l’écriture. Petit, Didier Van Cauwelaert adorait écouter son père lui raconter des histoires et écouter les feuilletons à la radio sur France Inter de Pierre Dac. De 7 à 22 ans, il a envoyé ses manuscrits chez les éditeurs pour gagner sa vie, sans succès.

Après des études classiques, et de petits boulots, il s’essaiera au métier agréable et insouciant de professeur de planche à voile, puis plus tard de chant, puis il deviendra critique littéraire éphémère. En 1982, son roman “Vingt ans et des poussières” est publié et accueilli par la critique dont François Nourrissier qui redédouvre à travers son roman le plaisir d’un style maîtrisé, il obtient le Prix Del Luca pour son récit.

Suivront la publication de romans pour lesquels il touche un public de plus en plus large et reçoit quelques prix : Prix Roger Nimier en 1984 pour “Poisson d’amour”, Prix Gutenberg en 1987 pour “les vacances du fantôme”, puis en 1994, le Prix Goncourt pour “un aller simple”. Il reçoit le Prix des lecteurs du livre de poche pour “la ville interdite” en 1997, le Fémina  en 1999 pour “la demi pensionnaire”, le Prix Sciences de la vulgarisation scientifique pour “l’apparition” en 2002, et le Prix Marcel Pagnol et Prix Nice Baie des Anges pour “Le Père Adopté” en 2007.

Didier Van Cauwelaert est un écrivain comblé, auteur de romans et de pièces de théatres, dont la pièce de théatre “L’Astronome” en 1983 pour laquelle il reçoit le Grand Prix du Théatre de l’Académie Française et le Prix de la Fondation Johnson. Il a également écrit “le Nègre en 1986, “Noces de Sables” en 1995, “Rapport Intime” en 2002 et “Le Rattachement” en 2010. De sa rencontre avec Michel Legrand, il écrit la comédie musicale “Le Passe-Muraille”, d’après l’oeuvre de Marcel Aymé, et recevra le Prix Molière en 1997, du meilleur spectacle musical.

Didier Van Cauwelaert est scénariste au cinéma pour “la Maison Assassinée”, “L’invité surprise” et “Triplex” de Georges Lautner, “Feu sur le candidat” d’Agnès Delarive, “Les Amies de ma femme” qu’il réalise, “Un aller simple” de Laurent Heynemann et “l’éducation d’une fée” de José Luis Cuerde. Il est également scénariste pour la télévision (fiction) du “Père Noël” d’André Flédérick, “Marie-Love” de JP Richard, “Madame et ses flics” de Roland Bernard, “Le Président et sa Garde-Barrière” de Jean Dominique de la Rochefoucauld, “Services sacrés” de Vicenzo Mareno. Il a écrit un télé-document pour canal plus en 2005 d’Yves Boisset “Ils veulent cloner le christ”.

Il a adapté en français la comédie musicale de “Tintin et le temple du soleil”, et a écrit le scénario de la bande-dessinée “Vanity Bentz”, dessins de Franck Bonnet, aux éditions Dargaud, parodie et critique de l’organisation communiste à Cuba, où l’héroïne Vanita Bentz, reporter au journal Pariscoop, part pour une enquête avec le photographe Max.

Didier Van Cauwelaert et l’écriture :

Didier Van Cauwelaert écrit tout le temps, depuis toujours, il écoute ce que les gens disent. Pour lui, l’écriture est une mise en mouvement perpétuel des choses qu’il voit et ressent, il se dit d’ailleurs “romancier de la reconstruction et de l’air du temps”, car au travers de ses écrits, il cherche à faire du bien dans les moments les plus insupportables de l’existence. Au travers de ses récits, cet écrivain a besoin de l’action, de la fiction, et de questionner le monde à travers ses personnages. Provocateur, cynique, Didier Van Cauwelaert estime que la littérature doit être un divertissement et traiter les sujets les plus graves avec la plus grande légèreté. Pour lui le rôle de l’écrivain c’est donner au lecteur l’envie d’habiter le livre. En tant que romancier, deux sujets le passionnent : la perturbation, -moment où le drame vient perturber le bonheur ou l’inverse-, et la manipulation. Didier Van Cauwelaert est un passionné, exigeant, sensible à la résonnance. il raconte des histoires originales, imprévues et racontées dans un style dramatico-comique. La plupart de ses récits abordent la reconstruction d’êtres humains en difficulté, en souffrance. En ce qui concerne le travail de théatre, pour Didier Van Cauwelaert, c’est un travail collectif, où se partage une création commune, où l’on recherche la réalité, on est dans la sensation en entrant dans le texte, on cherche l’émotion que l’écrivain a voulu transmettre.

Bibliographie de l’auteur :

Aux éditions Le Seuil : “Vingt ans et des poussières”, en 1982 ; “Poisson d’Amour” en 1984 ; “Les vacances du fantôme” en 1986  et “L’Orange Amère” en 1988

Aux éditions Albin Michel : “Un Objet en Souffrance” en 1991 ; “Cheyenne” en 1993 ; “Un Aller Simple” en 1994 ; “La Vie Interdite” en 1997 . “Un Corps Etranger” en 1998 ; “La Demi Pensionnaire” en 1999 ; “L’Education d’Une Fé” en 2000 ; “L’Apparition” en 2001 ; “Rencontre sous x” en 2002 ; “Hors de Moi” en 2003 ; “L’Evangile de Jimmy” en 2004 ; Attirances” en 2005 ; “Clôner le Christ” en 2006 ; “Le Père Adopté” en 2007 ; “La Nuit Dernière au XVème siècle” en 2008 ; “La Maison des Lumières” en 2009 ; “Les Témoins de la Mariée” en 2010.

Aux éditions Albin Michel Jeunesse : “Thomas Drimm, la fin du monde tombe un jeudi” Tome 1, en 2009  ; “Thomas Drimm, la guerre des arbres commence” tome 2 en 2010.

Actualités de Didier Van Cauwelaert :

Cinéma : Son roman “Hors de moi” est actuellement au cinéma sous le titre “Sans Identité” avec Liam Neeson et Diane Kruger.

Livre et action caritative : En collaboration avec le journal Femme Actuelle, Didier Van Cauwelaert a écrit le feuilleton de l’été 2010, inspiré d’un fait réel, et dont un livre est actuellement édité, sous la forme d’un genre littéraire nouveau, le “romanga”, roman doublé d’un manga “L”enfant qui venait d’un livre”. Lors d’une séance de dédicaces, l’auteur rencontre un papa qui lui parle de sa petite fille atteinte d’une maladie la dystonie musculaire invalidante et dont le traitement onéreux empêche une majorité d’enfants d’êtres soignés. Ce traitement, suivi par l’équipe médicale du Pr Coubes à l’hôpital de Montpellier, consiste à implanter des électrodes intra-crâniennes dans le cerveau, seul traitement actuel contre cette pathologie, une opération efficace mais couteuse. Didier Van Cauwelaert a alors l’idée généreuse d’écrire l’histoire de Zédérem, un petit garçon âgé de 8 ans, qui veut aider une petite fille malade. Associé au peintre Soy, et de l’illustrateur Patrice Serres, Didier Van Cauwelaert nous entraîne dans une aventure bouleversante inspirée d’un fait réel et qui débouche sur une action caritative, dont les les droits d’auteur seront reversés à l’association “Art Espoir” pour lutter contre cette maladie.

Quelques livres de Didier Van Cauwelaert :

Vingt ans et des poussières” retrace l’histoire de jeunes lycéens qui montent une pièce de théatre. Quelques jours avant la première le metteur en scène disparaît. Emile, vieux metteur en scène âgé de 70 ans, décide de reprendre la direction de la pièce.

Poisson d’Amour“. Lors d’une vente aux enchères, Philippe, videur,  tombe follement amoureux de Béatrice, basketteuse et visiteuse de prison, qui va l’entraîner de mésaventures en quipropos aux confins du Vénézuela. Sur un rythme endiablé, on suit ce couple insolite dans cette épopée amoureuse, où l’humour est au centre du récit.

Un Aller Simple“, Aziz, 19 ans, jeune homme sans véritable identité, recueilli par les gitans, se retrouve du jour au lendemain expulsé de France, vers son pays d’origine le Maroc, accompagné d’un attaché humanitaire, Jean-Pierre. Aziz va trouver attachant Jean-Pierre, dont il comprend qu’il souffre aussi d’une sorte d’expulsion, conjugale. Aziz va enjoliver la réalité de sa vie, sous le charme, Jean-Pierre songe à consacrer un livre à cette aventure. D’un problème d’actualité, sans préjugés, Didier Van Cauwelaert a su raconter une belle histoire humaine.

L’éducation d’une Fée” Nicolas Rockel, après quatre années de bonheur avec Ingrid, dont il a un fils Raoul, s’interroge sur sa compagne qui lui annonce qu’elle le quitte. Nicolas, créateur de jouets, se demande comment annoncer la nouvelle à son fils Raoul. Une fée, Sézar, kurde, qui a écrit une thèse sur Gide et qui travaille comme caissière à l’hypermarché du coin, croise leur route. Cette rencontre produit un miracle : Ingrid revient.

Hors de Moi” Martin Harris, botaniste américain, sort du coma, après un accident de voiture, il quitte l’hôpital et rentre chez lui. Mais un autre Martin Harris l’a remplacé, il lui a pris son identité, son travail, son passé, sa mémoire, même  son entourage ne le reconnait pas. Ce roman aux allures de polar entraîne le lecteur dans une descente aux enfers, à mi-chemin entre le thriller et le para-normal, dans un suspense hallucinant où se mêle la folie et la manipulation.

Attirances” Trois nouvelles : une étudiante harcèle un écrivain célèbre en lui consacrant une thèse, un peintre s’accuse de tuer les femmes à distance avec ses pinceaux, une maison qui envoute jusqu’à la folie ceux qui s’y attachent, les personnages de ces trois nouvelles sont tous liés par un même secret. En explorant les limites entre réel et irréel, attirance fatale, magie noire, possession et manipulation, Didier Van Cauwelaert entraîne son lecteur dans une histoire diabolique et fatale.

Le Père Adopté” L’auteur raconte la relation avec son père, ses débuts d’écrivain, où instants tristes et amusants se mélangent. Didier Van Cauwelaert offre l’un de ses plus beaux personnages de roman en évoquant son père, un père énergique, à l’humour sans limites, généreux, bouleversant, “un mélange de brutalité et de tendresse” où les anecdotes s’enchaînent. Son livre raconte ce qu’est un romancier, comment l’auteur de ses jours a fait de lui un auteur à son tour et surtout comment il lui a donné la rage d’écrire depuis son plus jeune âge. Extrait : “J’avais sept ans et demi quand mon père a menacé de se tirer une balle dans la tête s’il était condamné à ne plus marcher, après un grave accident qui l’avait laissé très handicapé. J’ai fait mon deuil de lui à ce moment-là et j’ai décidé de devenir écrivain pour gagner ma vie à sa place”. Didier Van Cauwelaert dit de son père “C’était tellement naturel que j’écrive sur mon père : c’est par lui et avec lui que j’ai toujours écrit”, après sa mort, Didier Van Cauwelaert dira “Je ne pleure pas mon père, je le ris”.

La Maison des Lumières” Jérémie Rex, 25 ans, boulanger à Arcachon a le coeur brisé. Amoureux d’une femme qui le délaisse, il refuse de se résigner et veut retrouver celle qu’il aime telle qu’elle était au début de leur relation. Il part seul à Venise et entre dans un musée, fixe une toile de Magritte intitulée “L’Empire des Lumières”, et tombe, raide mort, foudroyé par une crise cardiaque… qui dure quatre minutes trente. Pendant cet arrêt du coeur, Jérémie vit une NDE -near-death-experience-, expérience de mort imminente, qui se traduit par une “sortie du corps”.. et son corps rentre dans le tableau de Magritte où il retrouve celle qu’il aime, telle qu’elle était auparavant… mais Jérémie se réveille, retour à la réalité.

Thomas Drimm, la fin du monde tombe un jeudi“, tome 1, raconte l’histoire d’un jeune ado de 13 ans qui vit dans un monde où tous les individus sont contrôlés par des puces cérébrales. Thomas Drimm va se révéler être le seul espoir de sauver l’humanité et choisir entre la protection tyrannique d’un savant, réincarné dans son ours en peluche, ou l’aide dangereuse de sa jeune et belle voisine. Avant d’être publié sur édition papier, ce premier roman feuilleton l’a été sur téléphone mobile. Pour Didier Van Cauwelaert, cette forme d’édition permet à la littérature d’entrer dans les nouvelles technologies.

Les Témoins de la Mariée” Une jeune chinoise âgée de 20 ans, arrive à Paris pour se marier. A l’aéroport elle est attendue par quatre personnes, quatre amis du marié, qui leur a demandé d’être les témoins de son mariage. Seulement trois jours avant le mariage, le futur marié s’est tué dans un accident de voiture. Les quatre amis viennent annoncer son décès à la future mariée. Ce roman sur l’amitié et l’amour pose la question de savoir si l’amitié est soluble dans l’amour. Est ce que l’histoire d’amour va diviser un groupe d’amis où cette perturbation va agir comme un révélateur. Raconté par quatre témoins, chacun a une vision différente de la jeune chinoise, qui va tour à tour, séduire, perturber, agresser et révéler ces quatres témoins et agir avec une sorte de machiavélisme amoureux, un suspense fondé sur l’émotion, la vérité et le mensonge.

Et toi, quand est ce que tu t’y mets ?

Et toi, quand est-ce que tu t'y mets - BD

C’est officiel, la France procrée copieusement. Oui oui, avec une moyenne de deux enfants par femme (les chiffres ne sont pas donnés pour les hommes, pas de questions idiotes s’il vous plait), la natalité se porte actuellement comme un charme. Et c’est tout l’effet que ça vous fait ? Remballez donc ce sourire faussement concerné que vous réservez aux gamins dans le métro et gardez votre énergie pour ce qui va suivre.

Geneviève Brisac, écrivaine et éditrice d’émotions…

Geneviève Brisac

Geneviève Brisac est née le 18 octobre 1951 à Paris, d’un père aux origines tchèque, juive, allemande et roumaine et d’une mère aux origines arménienne, grecque et turque.

Jean-Marc Roberts, écrivain-éditeur

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un roman doit toujours contenir un secret

Christian Lehmann, médecin et écrivain

Christian Lehmann

“Je regrette que le temps d’aimer soit si court”

Vikas Swarup – Meurtre dans un jardin indien

Après le succès des Fabuleuses Aventures d’un Indien Malchanceux qui devint Milliardaire, Vikas Swarup nous livre dans son nouveau roman une satire épicée de la société indienne sur fond d’enquête policière. Un voyage dépaysant où l’on parcourt le pays d’un bout à l’autre à la poursuite de l’assassin d’un millionnaire véreux.

Célèbre pour avoir écrit le livre qui inspira le film Slumdog Millionnaire, Vikas Swarup est né en 1963 à Allahabad. Issu d’une famille d’avocats célèbres, il devient diplomate après avoir étudié l’histoire, la psychologie et la philosophie, mais cultive son goût pour l’écriture en imaginant des nouvelles qu’il présente à des concours d’écrivain. Le succès de ces nouvelles le pousse à se lancer dans l’écriture d’un premier roman, qu’il achève en à peine deux mois : Les Fabuleuses Aventures d’un Indien Malchanceux qui devint Milliardaire. Le livre raconte l’histoire d’un gamin des bidonvilles sur le point de gagner 20 millions de roupies dans la version indienne de Qui Veut gagner des Millions, avant d’être arrêté par la police pour tricherie. La suite, on la connaît : le livre rencontre un succès international, est traduit dans plus de quarante langues et rafle de nombreux prix, dont le Prix Grand Public 2007 au Salon du Livre. La consécration, c’est bien évidemment l’adaptation du roman au cinéma par Danny Boyle, le fameux Slumdog Millionnaire, film encensé par le public et la critique.

Meurtre dans un Jardin Indien (Six Suspects en version originale) est son deuxième roman et semble emprunter le même chemin que le précédent : on spécule déjà sur une future transposition de cette histoire sur grand écran !

L’intrigue

Elle se présente tout d’abord comme une sorte de Cluedo grandeur nature, à la sauce Bollywood. Vicky Rai, le fils détestable et corrompu du Ministre de l’Intérieur de l’Uttah Pradesh, est tué par balle lors d’une garden-party dans sa ferme de Mehrauli. Seuls six invités sont en possession d’une arme et se retrouvent donc potentiellement suspects. Des personnages hétéroclites qui ont tous une bonne raison d’en vouloir à Vicky. Après un rapide rappel des faits, la suite du récit se passe en flash-back ; sous la forme de six histoires apparemment distinctes, Vikas Swarup déroule la vie des suspects durant les quelques semaines qui ont précédé le meurtre, et les raisons qui les ont amenés à être présents sur les lieux du crime le soir de l’assassinat. Six personnages que tout oppose :

  • Mohan Kumar, bureaucrate ambitieux et prêt à tout pour réussir, possédé par l’esprit du Mahatma Gandhi.
  • Shabnam Saxena, nouvelle coqueluche du cinéma bollywoodien, superficielle et crédule, ruinée suite à une manipulation de son assistant personnel.
  • Munna, gamin des rues qui vole des portables pour survivre, amoureux transi de Ritu Rai, la sœur de Vicky.
  • Larry Page, l’américain naïf et un peu attardé, persuadé à la suite d’un imbroglio de partager une histoire d’amour passionnée avec Shabnam Saxena, venu en Inde la demander en mariage, et à qui il va arriver toutes sortes de mésaventures à cause de son homonymie avec le créateur de Google.
  • Eketi, un aborigène débarqué en Inde pour récupérer la pierre sacrée de ses ancêtres, volée par un responsable des services sociaux.
  • Et enfin, le Ministre de l’Intérieur lui-même, le propre père de la victime, Jagannath Rai.

Ces six destins apparemment distincts vont se croiser et se recroiser au fil du récit pour finalement se rencontrer, sur les lieux du crime, le fameux soir où Vicky Rai est assassiné.

Une critique des travers de la société indienne

Je vous rejoins sur la banalité apparente du scénario: un meurtre dans un huis-clos, plusieurs suspects, un assassin à trouver. D’autres l’ont fait avant et certainement avec plus de brio. Mais on s’en fiche. Parce que le véritable talent de Vikas Swarup, c’est de dresser, avec un humour
caustique et ravageur, un tableau corrosif de la société indienne. A travers une série de portraits de personnages typiques des différentes classes sociales de l’Inde moderne, Swarup dénonce les scandales politiques et sociaux qui touchent le pays : l’histoire de Munna est prétexte à une critique acerbe du cloisonnement des classes sociales, tandis qu’à travers le récit des méfaits de Jagannath Rai, c’est la corruption qui gangrène le milieu politique indien qui est pointée du doigt.

Le livre n’est cependant pas exempt de défauts. Certains personnages sont un peu caricaturaux et manquent de finesse (notamment Shabnam Saxena, caricature vivante des Kajol et autres Aishwarya Rai). Certains rebondissements sont également un peu tirés par les cheveux, particulièrement au moment du dénouement de l’affaire, où l’auteur se dépatouille comme il peut pour justifier certains aspects particulièrement tordus de l’intrigue. D’où une fin assez surprenante.

On pourrait également reprocher à Meurtre dans un Jardin Indien son côté un peu « fouillis ». Il y a énormément de personnages, d’intrigues secondaires, l’histoire passe sans cesse d’un personnage à un autre, d’une narration à la troisième personne à une narration de style « journal intime », puis à la première personne, et tout cela sans transition. Le résultat est un peu décousu, même si à la longue
on s’y habitue.

Malgré ces quelques imperfections vite oubliées, on est happé par le rythme haletant de cette fresque colorée et pleine de rebondissements. Assurez-vous donc d’avoir du temps devant vous lorsque vous ouvrez ce livre purement addictif, car vous aurez du mal à le refermer avant d’avoir lu la
dernière ligne. Vous êtes prévenus !

Annie Ernaux : “écrire est un acte politique”

Annie Ernaux est née le 1er septembre 1940. Originaire d’un milieu ouvrier, elle passe son enfance dans le café-épicerie de ses parents à Yvetot en Normandie. Puis elle fait ses études à l’université de Rouen. Agrégée de Lettres Modernes, elle devient institutrice, puis professeur. Divorcée, elle a deux enfants. Elle a commencé un journal intime à l’âge de 16 ans, et à 20 ans, son souhait le plus fort était d’écrire.

Annie Ernaux a publié une quinzaine de romans. En 1984, elle reçoit le Prix Renaudot pour son roman “La Place”, puis en 2008 elle obtiendra le Prix François Mauriac et le Prix Marguerite Duras pour son best seller “Les années”, elle est également Lauréate du Prix de la Langue Française en 2008 à Brive, pour l’ensemble de son oeuvre.

Au travers de ses écrits, Annie Ernaux dépeint des tranches de vie qui peuvent appartenir à chacun. Elle mêle avec virtuosité histoire et expérience individuelle. Auteur centré sur la mémoire, elle exprime tour à tour ses parents, son enfance, l’ascension sociale, l’adolescence, l’avortement, le mariage, la femme, les plaies intérieures de ses relations passionnées et complexes avec les hommes et l’amour en général, la maladie, la vie. Elle parle d’elle-même, de ses émotions, cette femme authentique dérange, agace, fascine. Ses ouvrages dissèquent avec minutie et exigence la réalité. Ecrivain majeur de notre temps, Annie Ernaux écrit des récits universels avec des mots simples, liés aux choses et dans lesquels elle décrit des gens profondément humains. Avec justesse et sans concessions, elle expose sa vie, avec ses émotions à coeur ouvert, en relatant les faits de manière la plus fidèle et la plus sensible. En racontant sa vie, elle raconte celle des autres, à partir d’une émotion fortement ressentie, cet écrivain authentique écrit sur le “refoulé social”, sur la souffrance des “dominés”, elle cherche à transcrire la violence de la réalité et la partage avec le lecteur.

D’une écriture dépouillée, dense, précise ciselée, conotenue, elle écrit la réalité et les choses vécues, ses textes fouillent le personnel et le social dans un même mouvement. Son style est dans le non style, “l’écriture plate” comme elle le dit. Tel un ethnologue, Annie Ernaux explore, fouille, décante et distille le passé en allant jusqu’au bout dans le contenu et la forme, en creusant les choses pour faire sortir les mots, toujours dans une quête d’exactitude. Comme un peintre, elle utilise la palette des mots qu’elle joue sur une partition et en fait ressortir un tableau dont la forme littéraire est l’exploration de la mémoire et offre ainsi aux autres le miroir où se reconnaître, se voir et composer une autobiograpie qui confonde avec la vie du lecteur.

“J’écris pour que nous n’ayons pas existé pour rien”

Livres :

“Les Armoires Vides” chez Gallimard en 1974 : Roman sur sa jeunesse dans un milieu modeste. Denise Lesur, étudiante, évoque les souvenirs de son enfance insouciante dans le café-épicerie de ses parents. Ell rentre dans une école privée et découvre un autre monde qui lui fait prendre conscience qu’elle ne vient pas du même milieu que les autres filles. Entre honte et culpabilité, Annie Ernaux retranscrit cette déchirure sociale et l’ambiguïté des rapports et évolutions des sentiments entre ses parents et elle.

“Ce qu’ils disent ou rien” chez Gallimard en 1977 : court texte sur l’adolescence de l’auteur qui exprime le rejet des parents, du milieu, la culpabilité, la honte, la jeunesse et les désirs.

“La Femme Gelée” chez Gallimard en 1981 : roman sur la condition de la femme. Annie Ernaux évoque l’itinéraire d’une femme mariée, la narratrice revient sur son enfance, sa vie de jeune femme et de femme, 30 ans, mariée, mère de deux enfants, qui bataille seule entre son travail, la lourdeur des tâches ménagères et l’éducation de ses enfants.

“La Place” chez Gallimard en 1984 : ce roman lui vaudra le Prix Renaudot. Ce court roman évoque l’histoire de son père, fils d’ouvrier agricole en Normandie, entré dans la vie active à 12 ans, comme vacher, puis devenu ouvrier d’usine avant d’acheter un café-épicerie à Yvetot. Au travers du portrait d’un homme simple, Annie Ernaux retrace la vie et la mort de son père en dévoilant la distance douloureuse survenue entre elle, étudiante, et ce père. C’est un récit intimiste sur la relation père-fille. Annie Ernaux rend un véritable hommage à son père tout en évoquant les problèmes d’incommunicabilité entre elle et lui, dont les valeurs et les rêves diffèrent. Un texte émouvant et sincère écrit avec sensibilité et délicatesse.

“Une Femme” chez Gallimard en 1988 : roman qui évoque la mère de l’auteur. Dans ce récit, Annie Ernaux évoque la perte de sa mère. Au fil des mots, elle essaie de retrouver les différents visages de sa mère décédée en 1986 d’une maladie qui a détruit sa mémoire et son intégrité physique et intellectuelle. Amour, haine, tendresse, culpabilité et attachement viscéral à la vieille femme diminuée se mélangent dans ce roman. Annie Ernaux évoque cette femme en dessinant son parcours, et en évoquant son enfance en Normandie dans un milieu modeste, la volonté de s’élever, de pousser sa fille à faire des études. A la fois tendre et attendrissant, ce roman est une belle déclaration d’amour d’une fille à sa mère.

“Passion Simple” chez Gallimard en 1991 : roman qui évoque la passion amoureuse extraordinaire vécue par la narratrice avec un homme marié, diplomate soviétique, plus jeune qu’elle, et dans lequel elle détaille cette histoire de l’attente amoureuse et vaine de son amant.

“Journal du Dehors” chez Gallimard en 1993 : de 1985 à 1992, l’auteur a tenu un journal entre Paris et Cergy où elle décrit des scènes, des paroles vues ou entendues dans le RER, dans les hypermarchés et en retient quelque chose de l’époque des gens croisés une fois et qui déclenchent le trouble, la colère ou la douleur, scènes de la vie banales, surréalistes ou impudiques parfois, sur fond de décor de paysages urbains.

“La Honte” chez Gallimard en 1997 : roman sur un évènement vécu par l’auteur. Ce récit évoque l’irruption de la honte dans la vie d’un enfant de 12 ans. La narratrice se souvient de ce jour de juin 1952, où lors d’une violente dispute opposant ses parents, son père tente de tuer sa mère, sa vie est alors bouleversée dans l’angoisse de la prochaine dispute et surtout ce sentiment de honte qui la saisit au plus profond.

“Je ne suis pas sortie de ma nuit” chez Gallimard en 1997, sur la maladie de sa mère. “je ne suis pas sortie de ma nuit” sont les mots adressés dans une lettre envoyée par sa mère à une amie. Dans ce roman, Annie Ernaux évoque les dernières années de la vie de sa mère, atteinte de la maladie d’Alzheimer. Au travers d’un journal écrit sur le vif, dans la douleur et la spontanéité des émotions, Annie Ernaux évoque les moments de lucidité et de folie de sa mère, qu’elle voit s’éteindre peu à peu. Un texte touchant, beau et riche en émotions.

“La Vie Extérieure” chez Gallimard en 2000 est le rassemblement de scènes de la vie courante, des petits riens de la vie de tous les jours, notes que l’auteur a pris le temps d’écrire de 1993 à 1999.

“L’événement” chez Gallimard en 2000 : roman sur l’avortement. Ce récit évoque l’histoire poignante de la narratrice, jeune femme qui veut avorter dans une période où cela représente un délit. Annie Ernaux raconte le périple de cette jeune femme, ce parcours douloureux, difficile et délicat, ses peurs, ses angoisses, son désespoir et sa solitude. Au travers de ce livre, la narratrice évoque l’avortement clandestin qu’elle a subi en 1963 dans des conditions angoissantes et éprouvantes. L’auteur évoque avec justesse cet évènement inoubliable.

“Se Perdre” chez Gallimard en 2001 : journal écrit durant sa passion décrite dans le roman “Passion Simple”. Dix ans après son roman “Passion Simple”, Annie Ernaux publie son journal intime tenu à l’époque de cette passion, de septembre 1988 à nvoembre 1989, absorbée par la passion amoureuse avec S., son amant russe, dans lequel elle décrit son plaisir, ses attentes, ses doutes, ses brefs et rares moments d’union avec son amant, c’est une réflexion sur la passion amoureuse, sur le désir et la vie.

“L’Occupation” chez Gallimard en 2002 : roman sur la jalousie. Dans ce récit, la narratrice quitte son amant, mais lorsque celui ci lui annonce qu’il a une autre femme dans sa vie, un sentiment de jalousie envahit la narratrice qui cherche à connaitre cette “autre” qui la hante, devient obsessionnelle, l’image et l’existence de cette femme ne cessent de l’obséder et c’est cette “occupation” qu’elle évoque. Son recours sera l’écriture, comme un dérivatif à sa souffrance  et une façon de sortir de ce tourbillon qui la perd. Ecrire permet à l’auteur de réduire le trop plein de jalousie qui ronge les derniers souvenirs, et doit la sortir de cette tragédie.

“L’Ecriture comme un couteau” chez Stock en 2003, aec F-Y Jeannet sont des entretiens dans lesquels Annie Ernaux évoque sa venue à l’écriture, sa manière de travailler et ses raisons d’écrire.

“L’Usage de la Photo” chez Gallimard en 2005. Ouvrage écrit avec son compagnon de l’époque, Marc Marie. C’est un concerto à deux voix où chacun commente séparément quatorze photos représentant l’histoire de leur liaison. Au travers d’un album de photos représentant les vêtements enlevés au corps avant l’amour, poonctués de textes, Annie Ernaux évoque son cancer du sein et cette liaison.

“Les Années” chez Gallimard en 2008 : Best-seller 2008, c’est une autobiographie impersonnelle d’Annie Ernaux, qui à partir de photos personnelles et de souvenirs nous évoque toute une génération de l’après-guerre à 2007. C’est l’histoire d’une femme et l’histoire du monde autour d’elle, sans dissocier l’un de l’autre. Annie Ernaux décrit le parcours des années qui sont derrière nous et essaie de faire ressentir le passage du temps, et dire à la fois l’intime et le collectif, et “sauver ces années derrière nous et que l’on ne reverra plus jamais”. Au travers de ce livre, elle rassemble ses vies multiples en une sorte d’autobiographie impersonnelle.

211 idées pour devenir une fille brillante

Vous ne lisez pas que les publicités dans le métro ? Vous aimez votre prochain et il vous le rend bien ? Vous vous intéressez de très près à ces 33 chiliens sortis d’une caverne ? Platon pourrait être fier de vous, mais ne saurait certainement pas comment servir le café à vos ouvriers (p.50), ni même que faire quand votre homme ronfle (p.84) et encore moins se faire une petite robe noire avec un sac poubelle (p.137).
Utile -Comment baratter du beurre-, surprenant -Comment raser un homme – voire même désopilant -Comment chevaucher un ballon sauteur en minijupe VS Comment éviter le rendez-vous suivant211 idées pour devenir une fille brillante de Bunty Cutler est à mettre dans toutes les mimines manucurées ou pas (p.118) afin que nous partagions toutes le secret des fleurs sauvages (p.213) autour d’une cigarette au Cointreau (p.23).
Cette Bible est forcément rose, afin de se différencier de la version-garçon, mais c’est bien la seule touche mièvre girly observable. Parce qu’au fil des pages, si les sujets sont suffisamment hétéroclites pour satisfaire la curiosité de toute sorte de filles, vous vous rendez vite compte que perdre trois kilos en trois heures (p.135) peut-être drôle, surtout lorsque Bunty Cutler vous conseille de poncer la corne de vos pieds et de percer vos boutons. Quant à la promesse de nous « instruire », seriez-vous capable de me donner, comme ça, l’année de la fondation d’Aston Martin ? Rdv page 93, au chapitre Comment descendre de voiture sans montrer sa petite culotte.

Caton ou Professeur de Michel Brèthes

Michel Brèthes est né à Bordeaux le 24 décembre 1944. Avant d’être édité, cet écrivain était professeur d’Education Physique et Sportive  en Charente puis en Gironde. Aujourd’hui à la retraite, ce passionné d’écriture écrit des contes, des portraits, des poèmes, de courts textes et des romans.

Passionné par l’être humain en général, il écrit beaucoup, et c’est sur les conseils de ses amis qu’il publie un de ses romans “Caton ou professeur” en 2008 aux éditions Persée.

“Caton ou Professeur” est une pure fiction qui raconte le Bordeaux des étudiants des années 60/70. Michel Brèthes au travers de ce roman dépeint ainsi une chronique sociale qui met en scène deux protagonistes, Caton, personnage principal, clochard, marginal érudit, et Paul, jeune étudiant. Avec humour et émotion, l’auteur nous emmène dans une relation humaniste entre deux hommes, deux générations différentes, que la culture rassemble.

Devant la faculté, Caton harangue les professeurs d’université et soutient les étudiants. Ce personnage, haut en couleurs, -et dont le prénom Caton a été choisi en référence à Caton, l’ancien, qui dans sa jeunesse fut adepte du stoïcisme-, rencontre Paul avec lequel une belle histoire d’amitié va les unir, et dans laquelle Caton va se livrer. Paul va ainsi déccouvrir la vie de cet homme sur les marches de la fac et ailleurs avec celle de ses compagnons de fortune.

L’auteur nous entraîne dans cette tranche de vie passionnante où le lecteur observe  une magnifique rencontre  entre deux êtres. Michel Brèthes en écrivant ce roman s’est identifié aux deux personnages principaux, dont Bordeaux et son milieu étudiant des années 1970 est le décor.

Si ce roman n’est pas autobiographique d’après son auteur, il y a pourtant beaucoup de ses qualités pour ceux qui l’ont connu en tant que professeur. En effet, Michel Brèthes, enseignant, a toujours eu le souci de mettre en valeur les aspects positifs de ses élèves et leur transmettre avec passion la richesse des rapports humains.

Avec une écriture agréable, poétique et généreuse où se mêlent la célébration de l’amitié, des situations cocasses et surtout le respect de l’homme, Michel Brèthes écrit là un roman unique et sensible à la fois dans lequel on se laisse porter grâce à l’enthousiasme de son auteur qui su composé une belle histoire. On s’attache à Caton, au personnage, à son histoire qui nous émeut et dont on ne peut se détacher.

Professeur d’EPS pendant plus de trente ans, Michel Brethes, grand lecteur de bd, romans et récits divers, a exercé son métier avec passion, ce métier qui lui a permis d’observer l’humain et inspiré ses histoires. Intéressé par la différence, par la vie, ses sources d’inspiration sont les relations entres les êtres humains, la femme et les relations entre  l’homme et la femme. Il a déjà plusieurs romans à son actif et a participé à divers salons en province.

Michel Brethes écrit par passion de l’écriture, mais aussi pour rattraper le temps passé auprès de ses élèves et ses enfants, écrire pour exister, pour être lu, pour laisser une trace. Cet écrivain, boulimique de mots, écrit avec plaisir, et talent, cet auteur se dit “inventeur d’histoires”… et il le fait très bien.

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