Cinéma

Mr Brooks

Autant vous le dire tout de suite, je n’aime pas Noël. Mais par contre, je suis un grand fan de Kevin Costner. Si vous êtes aussi intelligente que folle de moi, vous comprendrez donc que l’article ciné n’aura pas trait à une mièvre comédie romantique de Noël, mais sera plutôt orienté vers un film, à mon sens trop méconnu, avec le beau Kevin… Il est loin le temps où il jouait le beau gosse de service (Bodyguard, les Incorruptibles, Danse avec les loups, Robin des bois…). Dans ce film de 2007, où il partage l’affiche avec Demi Moore, William Hurt et Dane Cook (quand même !), on voit vraiment le talent de cet acteur !

Earl Brooks est un modèle pour la communauté : brillant chef d’entreprise, époux fidèle, père d’une ravissante adolescente. Pourtant, la nuit, il devient un tueur en série méthodique et doté d’un mauvais génie, sorte d’ami imaginaire (W. Hurt) qui le pousse à assouvir ses pulsions de meurtres. Mais manque de pot, le voilà surpris par un photographe qui décide de le faire chanter : ou il l’emmène avec lui sur son prochain meurtre, ou il le balance aux flics. A cela s’ajoute sa volonté de s’arracher de ce cercle vicieux et le fait qu’il n’est pas le seul à être atteint de cette « maladie »…. Autant dire que le père Costner a du pain sur la planche…
Ce film m’a percuté l’encéphale non pas par la qualité du scénario qui, sans être navrant, est juste à la moyenne d’un film regardable, mais par les répliques assez drôles et par le contre emploi de Kevin Costner, qui a littéralement explosé l’image que l’on avait de lui, mais qui datait quand même du début des années 90. Les critiques ne furent pas tendres avec ce film, mais tel Dragonfly, sorti en 2002, on voit un autre Costner, et ce n’est pas plus mal, son jeu étant vraiment diversifié…
Pour résumer, Earl Brooks peut être n’importe qui : le voisin qui dit bonjour et vous aide à remonter vos courses, le barman du bistrot en bas de chez vous, un collègue de boulot… Ce film, on l’aime ou on le trouve nul… A vous de vous faire votre opinion et joyeuses fêtes de fin d’année !!!

Date limite

On (c’est-à-dire moi, mais j’ai toujours tendance à dissocier mon égo de mâle dominant de ma vraie personnalité) attendait beaucoup de ce film de Todd Philips. Pensez donc, le gars qui a réalisé Very Bad Trip, l’un des films (à mon sens) les plus drôles de la décennie, en remet une couche avec, à l’affiche, Robert Downey Jr et Zach Galifianakis. Et je dois vous avouer que je n’ai pas été déçu !!

Petit résumé : Peter Highman (Robert Downey Jr) est architecte. A Atlanta pour je ne sais quelle raison, il doit prendre l’avion pour retourner à Los Angeles où sa chère épouse (interprétée par Michelle Monaghan) va mettre au monde leur premier enfant dans les jours qui viennent. Arrivé à l’aéroport, il rencontre Ethan Tremblay (Zach Galifianakis), un acteur qui part conquérir Hollywood, mais qui semble avoir pour but ultime de pourrir la vie de Peter. Il parvient ainsi à les faire interdire de vol.

Sans argent, sans papiers, Peter se voit contraint de partager une voiture avec Ethan pour faire le trajet avec lui jusqu’à Los Angeles (3569 km quand même) et pendant ces quelques jours, il va voir ses certitudes s’effondrer, sa patience arriver à ses plus extrêmes limites. Ce petit gros barbu à la bonne tête de pervers (je m’y connais, mes amis disent que j’en suis un) va même réussir à le faire douter de la fidélité de sa femme ! Un vrai road trip ! Même Jamie Foxx arrive à tirer son épingle du jeu dans ce film ! Une question demeure : Peter arrivera-t-il à temps pour assister à l’accouchement de sa femme ? Mais la vraie question que l’on se pose à chaque instant c’est : qu’est ce qu’il va encore lui tomber dessus ?

Une vraie bonne comédie… Moins bourrin que Very Bad trip, mais tout aussi drôle, avec des moments d’humour totalement inattendus et improbables, des scènes d’émotions (si quand même un peu) mais avec des chutes qui font que le film ne connaît aucun temps mort, on rigole facilement toutes les 5 minutes, même pour les plus difficiles. Je recommande pleinement ce film pour celles et ceux qui veulent se détendre un bon coup, qui veulent passer un bon moment sans réfléchir, mais sans s’abrutir non plus ! Un super bon moment !

Bienvenue à Zombieland

Vous aimez les films avec des zombies ? Vous aimez les comédies ? Alors, Bienvenue à Zombieland !!!!

Une épidémie a ravagé les Etats Unis… Elle transforme les êtres humains en zombies fous, elle rend hargneux et file une fringale de malade, poussant n’importe quel bipède contaminé à vouloir mordre son prochain. Mais tous ne sont pas atteints, certains résistent encore et toujours à la morsure fatale…

C’est le cas de Columbus (interprété par Jesse Eisenberg). Geek patenté et pas tentant non plus,  asocial averti, sa peur du contact l’a amené à survivre, grâce à un ensemble de règles savamment démontrées au début du film. Il décide de rejoindre ses parents en espérant que ceux-ci n’aient pas été dévorés. En chemin, il rencontre Tallahassee (interprété par Woody Harrelson), tueur de zombies confirmé, et obnubilé par une obsession dévorante : trouver des Twinkies, et tant pis pour les zombies se trouvant sur son chemin…

Après un raid dans un supermarché, ils croisent le chemin de deux sœurs, Wichita (interprétée par la ravissante Emma Stone) et Little Rock (interprétée par Abigail Breslin), prêtes à toutes les fourberies pour survivre, même à laisser nos deux zombies-killers sur le bord de la route sans armes… Après quelques péripéties, les voilà contraints de s’entendre pour survivre et aller ensemble en Californie, où se trouverait une sorte de refuge.

Petite comédie vachement sympa (dans le sens où je l’ai vu au moins une dizaine de fois sans me lasser), elle permet de concilier les genres ! Digne croisement de 28 jours plus tard et de Shaun of the Dead, on ne peut pas rester insensible devant cette bonne poilade. Les acteurs (au nombre de 6 dans le casting et qui ont pour noms les noms de villes des Etats Unis) ne sont pas connus, mais ils se donnent à fond pour que ce film soit une réussite ! Peu médiatisé à sa sortie en France, j’ai réussi à convaincre l’ensemble de mes amis et amies, devenus depuis tous méga fans… Et vous ? Serez-vous les bienvenues à Zombieland ?

Tim Burton

Maître de l’expressionniste morbide et de l’ironie mélancolique, ce grand cinéaste a su créer un univers riche, poétique, burlesque et sombre. Je veux lui rendre hommage car sans lui, nous ne pourrions pas voir pas de chefs-d’œuvre comme Edward aux mains d’argent ou Ed Wood. Il nous explique avec psychologie la différence et ses impitoyables tourments, dont le rejet, et nous montre une critique délirante, assassine, mais quelque peu réaliste du monde qui tourne au désastre.

I/ Une enfance marquée

1. Solitude à Burbank

Timothy William Burton naît le 25 août 1958, dans la petite ville de Burbank, en Californie, qui jouxte les studios hollywoodiens. Fils d’un père frustré par le sport et d’une mère ayant une obsession presque maniaque des chats, il n’eut point d’échanges relationnels avec eux, ni même avec ses camarades de classe. Enfant introverti et d’une timidité exemplaire, on peut au moins affirmer qu’il ne manquait pas d’imagination (comme le prouve le dessin, illustré par Burton lui-même, extrait du site « Le Monde de Tim Burton »).

2. L’éducation par la Hammer et la Universal

L’imagination du jeune Burton provient à l’origine de sa passion quotidienne : les films d’horreur. En effet, il passe toute son enfance à visionner, que ce soit à la télévision ou dans les salles obscures, les vieux et célèbres films d’épouvante, particulièrement ceux des studios Hammer et Universal. Il avait une préférence toute particulière pour les monstres, comme Frankenstein et Dracula, ainsi que l’expressionnisme allemand et morbide, que l’on trouve parfois dans La Famille Addams et Le cabinet du docteur Caligari. Il ne ratait jamais les films avec Vincent Price ou une adaptation cinématographique d’une des nouvelles d’Edgar Allan Poe, son auteur favori. C’est ainsi que ces films-là firent son éducation et l’aidairent à créer son propre univers.

II/ Les débuts d’un jeune étudiant prometteur

1. Des études créatives

Tim Burton vit dans son univers intérieur. Pourtant, cela ne l’empêche pas de continuer ses études, grâce à son don particulier pour le dessin. Ainsi, en 1976, il remporte une bourse pour le California Institute of the Arts (Cal Arts), pépinière des dessinateurs fondée par les studios Disney, qui en imposent les programmes. Là-bas, il rencontre des étudiants déjantés, lui ressemblant, et ils tournent des courts-métrages, tels que Doctor of Doom (Docteur Fatum), hommage à Frankenstein et à Elephant Man, narrant un scientifique, interprété par Tim Burton lui-même, se mettant à la création d’un monstre à tête d’éléphant, ou Lau, un petit film de copains, mélangeant une histoire de surfeurs avec des péripéties de films d’épouvante de série Z et des intermèdes musicaux ou chantés. Possédants la même ambiance délurée et déjantée, ces deux petits films sont réalisés par Burton et en co-réalisateur, Jerry Rees, avec des amis diplômés. Cette relation permet au jeune Timothy de prendre conscience de sa vocation et de la possibilité d’en vivre.

2. Période disneyenne

Tim Burton réalisa un petit court métrage d’animation, Stalk of the Celery Monster, hommage à Frankenstein, narrant un scientifique cinglé, en compagnie de son abominable assistant, en train de torturer sauvagement une femme allongée, niché dans l’imaginaire d’une patiente ayant une peur bleue pour son dentiste (vous pouvez le visionner en deux parties sur YouTube). Ce film de 46 secondes lui permet de gagner un concours pour jeunes talents au Cal Arts et, aussi étrange soit-il, Burton a été sélectionné pour travailler comme superviseur des effets visuels, au sein de la production Disney. Il travaille avec un tel ennui sur Rox & Rouky, puis sur Taram et le Chaudron magique, que les producteurs de la Walt Disney suppriment ses dessins, car le style est très différent de celui du studio. Toutefois, le jeune Burton tourne d’autres courts-métrages, comme une adaptation différente de Hansel and Gretel, de par ses modifications, les personnages tous japonais, les combats d’arts martiaux, les acteurs non professionnels et les femmes jouées par des hommes. Voilà pourquoi Disney Channel le diffusait uniquement le 31 octobre 1982 à 22h30 ! Autre moyen-métrage, un moyen-métrage de 47 minutes, adaptation d’Aladdin et la Lampe merveilleuse, dont Tim n’est pas très fier du résultat, ni de l’expérience, car il lui manquait des moyens et du temps (seulement une semaine pour ces 47 minutes !)…

3. La passion commence par l’animation et le noir et blanc

Le jeune cinéaste débutant commence à tourner ses premiers courts-métrages professionnels dès 1982 avec le méconnu Hansel and Gretel et le difficile Aladdin and his Wonderful Lamp. Mais il devient peu à peu connu par des adorateurs d’horreur gothique avec deux courts-métrages particulièrement stylisés et très personnels, l’un de 82, l’autre de 84.

En 1982, Tim Burton réalisa son premier vrai court-métrage, en l’appelant Vincent. Il narre les tribulations d’un enfant de sept ans qui semble à part dans les deux mondes, le premier, la réalité, où il a la figure innocente d’un ange, et le deuxième, son univers, où il se révèle être un personnage de films d’épouvante, avec la manie de créer des inventions horribles et une ressemblance frappante avec l’acteur Vincent Price. Il ne fait aucun doute que le cinéaste retranscrit son enfance, en offrant un hommage à ses amours : les vieux films d’horreur ainsi que les œuvres d’Edgar Allan Poe, dont quelques-unes de ses nouvelles figurent comme clins d’œil, comme la maison Usher, le masque de cire, le Corbeau, etc… Ce film de 6 minutes contient même tous les thèmes graphiques et profonds du cinéaste : sa passion pour l’expressionnisme allemand comme les ombres, le graphisme sombre stylisée et la poésie morbide, décalé mêlés au mélancolique. C’est également un grand et émouvant hommage à Vincent Price, figurant comme narrateur du court-métrage.

Les studios Disney avaient du mal à apprécier le fabuleux Vincent, car ils le jugeaient trop morbide pour passer au grand écran. Pendant qu’ils le rangeaient au fond d’un tiroir, Timothy William Burton conçut en 1984 Frankenweenie, un troisième hommage à Frankenstein, contant l’enfance de ce docteur-là, pleurant sur le triste sort de son cher chien, mais qui trouva la solution, grâce à son prof de biologie, en ranimant l’animal défunt avec des appareils électriques. Les ennuis sont sur le point de commencer quand le chien ressuscité s’évade de la maison… Ce bel hommage au livre de Mary Shelley est resplendissant de beauté, avec ce noir et blanc si stylisée. Le scénario, un peu simple, a le mérite d’être original et l’ensemble regorge de trouvailles des futurs films du cinéaste, principalement Edward aux mains d’argent. Le moyen-métrage possède aussi des acteurs très bons, d’où on peut noter la participation de l’actrice Shelley Duval (The Shining), même si on peut reprocher le style Disney qui se fait ressentir, notamment sur l’humour et le fait que le film en lui-même reste gentillet. Néanmoins, ce film de 30 minutes se laisse regarder avec plaisir, marquant une période amère de Burton au sein de Disney, mais qui a permis ensuite, grâce à la productrice Julie Hickson, de faire le tournage de ces principaux courts-métrages.

III/ Une filmographie faite en perles inestimables

1. Les années 1980 :la naissance d’un grand univers riche

Tim Burton quitte les studios Disney et décide de créer son propre univers en filmant des projections cinématographiques. Commence alors une grande aventure palpitante, à base de films aussi splendides les uns que les autres…

Après avoir quitté la firme Disney, le jeune homme se lance dans une quête très ambitieuse, en commençant, en 1985, par l’adaptation d’une célèbre série télé américaine, présentée par un personnage particulier, Pee-Wee. Celui-ci avait tellement passionné Burton qu’il en devient même un être dans le monde du réalisateur. Le film raconte le voyage burlesque d’un enfant prisonnier à l’intérieur du corps d’un adulte à la recherche de son unique amour perdu : son vélo rouge. Le premier opus burtonien est un vrai cartoon, mélangeant l’absurde décalé et le kitch stylé, où tout est exagéré pour en faire une vraie jubilation artistique, possédant même des scènes mémorables. Et surtout, on remarque le style artistique, avec des décors hauts en couleurs et de l’animation, la même que Vincent, remarquable. Des personnages complètement satiriques, le héros se révélant cinglé, accompagnent cette folle aventure impossible. Bien qu’inconnu totalement en France, Pee-Wee’s Big Adventure est un très bon film qui commence à faire connaître ce cher Tim, grâce à l’immense succès au sein du peuple américain, en remportant 40 940 662 dollars, et qui a donné une suite en 1988.

Le cinéaste prometteur continua son périple, avec sa première œuvre originale. Après un délire visuel complètement fou, il se lance dans son monde gothico-macabre, afin d’inventer sur écran une histoire loufoque de fantômes, narrant les mésaventures d’un couple naïf fantomatique qui essaie malgré lui, avec l’aide d’un spectre particulièrement dérangeant, d’effrayer une famille de snobs tordus. Ce film est une excellente caricature du monde des Vivants et des Morts, avec des personnages tous aussi étonnants les uns que les autres, joués par des acteurs géniaux, surtout le méconnaissable Michael Keaton. Le personnage de Beetlejuice est vraiment hilarant, car toute son imprévisibilité le rend charismatique. Quant aux gags, ils mélangent habilement morbide et absurde. Le côté visuel est très important comme dans Pee-Wee, car il est très personnel, utilisant la technique d’animation préférée de Burton, la stop-motion. Beetlejuice est un second petit délire visuel, macabre, grotesque et étonnant lors de sa sortie en salles, en mars 1988. Son succès inattendu (73 707 461 dollars) lui a donné naissance à une série d’animation télévisée, créée par son auteur lui-même.

Ces deux premiers succès surprenants ont permis au jeune réalisateur d’entrer dans la superproduction américaine. La Warner Bros lui propose de réaliser la toute première adaptation cinématographique du héros Batman, série de bandes-dessinées créée par Bob Kane dans les années 30. Tim Burton accepta de suite sa participation au projet, très heureux d’apporter sa touche à son super-héros favori. Mais malheureusement, cela ne se passe pas comme il l’aurait souhaité. Premier film à gros budget, il est littéralement stressé par les obligeances capricieuses des producteurs du film et par les fans de la BD, critiquant son choix pour l’acteur qui doit jouer le sombre justicier (Michael Keaton). Le scénario met beaucoup de temps à être finalisé et Burton a du mal à mettre sa touche personnelle. Au final, le cinéaste ne garde qu’un déplaisant souvenir du tournage, considérant le méchant et les décors -qui remportent un Oscar-, comme les seules choses du film dont il en est vraiment fier. Pourtant, cela n’est pas de l’avis des spectateurs.

Sorti pendant l’été 1989, cette première aventure du Chevalier Noir au cinéma eut un énorme succès mondial, remportant en tout 251 188 924 millions de dollars. Le public fut marqué par l’atmosphère gothique régnant sur ce film et l’incroyable Joker (Jack Nicholson), l’attraction et même l’unique star de cette histoire, monstre guignolesque à l’apparence clownesque.

En cela, Batman est devenu aujourd’hui un classique parmi les adaptions de super-héros.

Les producteurs de la Warner Bros veulent aussitôt que Burton réalise la suite prévue du premier opus, mais celui-ci est, pour le moment, occupé avec un projet beaucoup plus intime…

2. Les années 1990 : une grande épopée de joyaux personnels et stylisés

Les années 90 ont marqué l’âge d’or de Tim Burton avec des chefs-d’œuvre tout aussi authentiques et magnifiques les uns que les autres. Les voici…

Le réalisateur à succès de Beetlejuice fut ensuite très attaché à un projet personnel, une histoire racontant l’intégration inespérée d’un homme aux ciseaux à la place des mains au sein d’une société kitch des années 60. La Warner Bros, trop concentrée sur la suite de Batman, pour accepter le projet, Tim Burton se tourne vers la Twentieth Century Fox pour réaliser les mésaventures de cet être unique. En choisissant Johnny Depp pour le rôle-titre, il construit avec lui une amitié forte et durable pendant des années, trouvant même une ressemblance étonnante entre eux. Le film est sorti le 14 décembre 1990 et a reçu une grande admiration parmi les fans du cinéaste, le considérant comme son plus grand chef-d’œuvre. Ce film a touché une grande majorité des spectateurs par l’émotion qui y règne et par son magnifique message sur la différence, que la normalité rejette cruellement. Cet énième opus burtonien est de plus très personnel vis à vis de son auteur, lui rappelant sa froide enfance dans la ville de Burbank. C’est grâce à sa poésie émotionnelle que Edward aux mains d’argent est un grand joyau cinématographique à nos yeux. A noter que Vincent Price joue son dernier rôle…

Tim Burton retourne à la Warner Bros pour terminer l’ère Batmanien, en 1991. Mais cette fois-ci, les producteurs lui accordent plus de liberté pour cette suite. Le jeune cinéaste, comblé, reprend alors Michael Keaton dans le rôle du héros sombre.

Par ailleurs, il rajoute deux nouveaux méchants que l’homme chauve-souris doit affronter : le Pingouin, que Burton, le trouvant fade dans la BD d’origine, change complètement son histoire pour le transformer en un être poisseux, en quête de son identité et nommé comme bête de foire à cause de sa défiguration, ainsi que Catwoman, rendue dans ce film attachante et compréhensible grâce à sa triste situation de femme paumée à cause de son patron mesquin.

Ainsi, le réalisateur à la coiffure abracadabrantesque offre un festival de « freaks » mélancoliques et en tout genre, qui éclipsent même le personnage principal, comme avec le Joker grimaçant.

Mais la suite de Burton eut un petit échec (162 831 698 millions de dollars) dans les salles comparé au budget incroyable récolté pour le précédent film, la presse critiquant ce nouveau opus comme trop léger et trop noir. C’est à cause de ces critiques que Burton n’a pas pu réaliser le troisième volet et que Joel Schumacher en a fait une sorte de parodie colorisée du mythe avec Batman Forever.

Néanmoins, Batman : le Défi est aujourd’hui vu comme un énième bijou burtonien parmi ses admirateurs, mais aussi comme l’une des meilleures adaptions de BD avec The Dark Knight.

Tim Burton, ancien animateur de Disney, multiplie les chefs-d’œuvre à grand succès, comme les excellents Batman ou le magnifique Edward aux mains d’argent. Malgré plusieurs moments ennuyeux chez Mickey, il revient pour proposer de réaliser une adaptation cinématographique d’un poème écrit pendant ses années disneyiennes. Intitulée The Nightmare before Christmas (Le Cauchemar avant Noël), la nouvelle, inspirée de Comment le Grinch a volé Noël du docteur Seuss, raconte l’exploit du mélancolique roi d’Halloween pour prendre la place du Père Noël, afin de sortir de l’esprit de sa propre fête. Utilisant la stop-motion pour son film, Burton collabore avec un expert de cette animation, Henry Selick, qui est fasciné par l’univers de son compagnon. Le tournage dura donc trois ans, sachant qu’il faut une semaine pour seulement une minute du film.

Sorti pour l’Halloween 1993, ce dessin-animé d’une heure et quart a marqué une génération entière du public, grâce à sa vieille technique d’animation, révolution de son époque mais aussi de la sortie du film, et à sa tournure de conte trompeuse.

Trompeuse, car cette histoire est tout le contraire d’un conte de fée ou d’un Disney pur manichéen, où elle met en scène des monstres qui décident d’offrir du bien aux autres, mais que ces autres les rejettent à cause de leur nature monstrueuse, via un autre portrait sur la différence.

L’Etrange Noël de Monsieur Jack est devenu le gros coup de cœur mondial parmi la filmographie de son créateur, et un de ses plus grands succès commerciaux.

L’auteur d’Edward aux mains d’argent est maintenant dans une période nostalgique. Il se rappelle des films de son enfance : les adaptations des ouvrages de Poe avec le regretté Price ainsi que les Frankenstein ou Dracula des années 30. Mais il se rappelle surtout les films d’un réalisateur en particulier, Ed Wood, qui l’avait fasciné. Alors, il décide de réaliser un grand hommage cinématographique.

Ainsi, sous la production Touschtone Pictures, avec en vedette Johnny Depp dans le rôle-titre, il réalise un portrait très émouvant, en noir et blanc, d’un cinéaste passionné, fan d’Orson Welles, faisant des ovnis cinématographiques farfelus avec des monstres en tout genre, des scénarios abracadabrantesques et des effets spéciaux ridicules. Il est aidé dans sa quête par son ami retraité Bela Lugosi, une légende du cinéma droguée et quelque peu dérangée, un homo qui adore son premier film sur le travestissement sexuel, un faux mage particulier et une présentatrice de shows horrifique très gothique. Considéré à vie comme le réalisateur le plus mauvais de tout les temps, Tim Burton montre par cette biographie que même si les films de ce Edward-là étaient médiocres, il mettait toute sa passion pour les faire et que jamais il ne s’est arrêté d’en faire, malgré les critiques assassines.

Malheureusement, le film est aussi incompris que son héros, puisqu’il a fait un échec aux Etats-Unis, en fin 1994. Cependant, Ed Wood est considéré maintenant comme l’une des meilleures réalisations de son créateur.

Toujours nostalgique, Burton quitte le projet de Catwoman pour poursuivre l’idée de son ami d’enfance, Jonathan Gems. Celle-ci consiste à faire une adaptation au cinéma des cartes de collection Mars Attacks, que Tim adorait étant petit.

La Warner Bros ayant les droits par les créateurs de ces cartes, le réalisateur de Batman met en place un second hommage à Ed Wood, reprenant les codes des films de celui-ci, mais aussi des films de science-fiction des années 50, avec les designs vieillots des soucoupes volantes. C’est aussi une farfelue critique de l’Amérique irrévérencieuse, avec un énorme casting de stars (Jack Nicholson, Glenn Close, Danny DeVito, Tom Jones…) jouant des stéréotypes hilarants (le président quelque peu découragé par la situation, le savant qui évoque toujours sa science sans comprendre la simplicité de la chose qui se présente, etc…) qui se font tous tuer sauvagement par les grosses têtes martiennes qui explosent devant de la musique country.

Mais une fois de plus, le jour de sa sortie en 1996, Mars Attacks ! fut le plus grand échec de Burton et son film le plus incompris, les Américains préférant aller voir le film opposé de celui de Tim, Independance Day. La France, toutefois, a été plus charitable et rigole toujours de cette farce extraterrestre déglingée.

Tim Burton est en dépression, marqué par ses deux échecs récents. Il a sorti un recueil de poèmes, La Triste Fin du Petit Enfant Huitre et autres nouvelles, sur une bande d’enfants malheureux et rejetés à cause de leur physique naturel. Mais deux ans après son dernier film, les producteurs de la Warner Bros lui proposent l’adaptation d’un grand livre d’horreur, Sleepy Hollow, qui raconte le spectre d’un dangereux cavalier sans tête qui coupe la gorge des habitants d’un village, qui l’aurait banni, par vengeance. Burton, très emballé par l’histoire, décide de réaliser le projet, en faisant jouer encore une fois son ami Johnny Depp dans le rôle d’un détective un tantinet froussard.

Sorti en novembre 1999, Sleepy Hollow reçut, cette fois-ci, un énorme succès admiratif auprès des décors époustouflants et de la mise en scène horrifique à glacer le sang.

Attention ! Notez que c’est le premier film véritablement violent de Tim Burton, car on assiste ici à un festival de tranchages de gorges en tous genres, à la méthode des films d’horreur de la Universal, dégoulinant de sang frais et d’un rouge vif éblouissant comparé aux mines obscures des nombreux personnages de l’histoire.

Donc, un conseil : âmes sensibles s’abstenir, d’autant plus que le film est interdit aux moins de 12 ans…

3. Les années 2000 : la rupture soudaine d’un monde glauque

Après avoir été refusé par la Warner Bros pour réaliser une nouvelle version de Superman, plus sombre et plus dramatique, le réalisateur à la longue coiffure se tourne vers la Twentieth Century Fox pour mettre en scène un remake de La Planète des singes. Mais, ce fut le projet le plus dur à réaliser pour Tim, car le scénario a été fini bien trop tard, et en somme les producteurs lui ont donné peu de temps pour réaliser le film. Burton garde désormais un souvenir amer pendant le tournage du film. Néanmoins, il rencontre sa future femme, après avoir divorcé avec Lisa Marie, qui n’est autre que le singe femelle du film, Helena Bonham Carter.

Sorti à l’été 2001, le remake eut un grand succès parmi les Américains, mais les fans de Burton, quant à eux, sont déçus par le film, ne reconnaissant pas la touche personnelle de leur idole dans cette superproduction américaine.

Marqué par l’infâme tournage de sa dernière réalisation, Tim Burton est en pleine mélancolie depuis la mort de ses parents. On lui propose de mettre en scène une adaptation cinématographique d’un roman, racontant un jeune homme en quête de l’identité de son père, conteur de sa vie modifiée par des évènements improbables et purement fantaisistes.

Emballé par cette proposition, Burton voit en cette histoire l’occasion de dévoiler un hommage profondément émouvant de son propre père, dont les liens parentaux avec lui ont été quasiment absents. Le cinéaste s’en donne à cœur joie pour faire un portrait poétique de son père, avec Ewan Mc Gregor, Danny DeVito et Jessica Lange comme stars du casting.

Malheureusement, en 2003, son nouveau film divise vraiment les spectateurs, entre ceux qui voient en ce Big Fish un merveilleux drame poétique et décalé, et ceux qui sont crispés devant l’absence d’un monde gothique avec sa galerie de monstres rejetés.

Qu’importe, Tim Burton a fait ce film et il en est tout à fait fier !

Devenu père de famille, le réalisateur de Mars Attacks ! décide d’offrir pour son enfant son adaptation cinématographique d’un roman de son auteur favori, Roald Dahl, mettant en scène un gentil garçonnet pauvre au plein cœur de l’univers enchanté d’un chocolatier aussi intriguant que loufoque, à la suite d’un concours mondial de tickets d’or.

Burton réalisa donc son premier film pour enfants, avec, en tête du casting, le talentueux Freddie Highmore et le méconnaissable Johnny Depp, sorte de Mary Poppins masculin complètement timbré et à la coiffure bizarroïde. Tim réussit incroyablement à rester le plus fidèle possible à l’ouvrage, en mettant sa touche personnelle, le terrible passé du chocolatier Willy Wonka.

Malgré les reproches des fans de Burton contre l’aspect coloré du film, celui-ci fut, le 15 juillet 2005, le deuxième plus gros succès commercial du réalisateur avec The Nightmare before Christmas.

En conclusion, Charlie et la chocolaterie se révèle être une critique hors norme des industries trompeuses et de l’éducation invisible des enfants, copies conformes de leurs parents stéréotypés, avec ce curieux Willy Wonka, véritable star du film, comme monstre tordu écroulé par la société.

Derrière Charlie et ses confiseries, Tim Burton travaille en même temps sur un projet en stop-motion, racontant le mariage impossible d’un vivant et d’une morte, parti sur un malentendu. Il retrouve ses compères Johnny Depp, jouant un rôle à la Ichabod Crane, et Helena Bonham Carter, sous les traits d’une femme morte de chagrin d’amour, et étrangement ceux-ci ressemblent étrangement au physique de leurs personnages. Chanté comme dans L’Etrange Noël de M. Jack, ce conte russe est un retour décalé de Beetlejuice, avec ses vivants cadavériques et ses morts si « vivants ». Sans oublier Emily, la défunte mariée, seule vraie héroïne de l’histoire, la marginale incomprise et tellement émouvante, ainsi que Victor, véritable anti-héros du film, maladroit peureux totalement innocent.

Mais ces Noces funèbres, sorti fin septembre dans le continent américain, reçurent un résultat au box-office modeste, divisant une nouvelle fois le public, qui critique principalement la prévisibilité de ce film d’animation, la patte de Burton trop facilement reconnaissante, et la fin quelque peu décevante.

Le réalisateur de Sleepy Hollow revient un an après Corpse Bride sur un projet particulier datant des années 90, l’adaptation cinématographique d’une célèbre pièce de théâtre musicale des années 70, mettant en scène l’alliance sanglante d’un barbier vengeur au cœur brisé, qui coupe la gorge de ses clients, et d’une cuisinière folle, qui accommode les corps dans ses tourtes à la viande.

Reprenant son équipe favorite, Depp et sa femme, jouant ce couple morbide, Tim Burton met en scène la plus noire et osée des critiques de la société, à base de cannibalisme au sang rouge vif, de personnages pâles et immoraux (le juge pervers et son crasseux assistant, le barbier italien trompeur…) qui méritent tous la mort, dans un décor lugubre londonien, sous des chansons décalées, et son monstre brisé terriblement attachant, une sorte d’Edward aux lames de rasoir vengeur, que sa mèche blanche résume ses quinze ans en prison, privé du bonheur.

C’est aussi le plus bel hommage destiné aux productions de la Hammer, reprenant l’esthétique exagérée de sa violence et les couleurs sombres, rappelant le noir et blanc, des films des années 30.

Sorti étrangement au Noël de 2007, cet énième opus burtonien n’a pas marqué son succès, les Américains dégoûtés par son côté gore (interdit aux moins de 18 ans, là-bas !) et les Français repoussés par ses nombreuses chansons. Pourtant, certains admirateurs de Burton trouvent en ce Sweeney Todd un drame merveilleusement repoussant et profondément émouvant.

IV/ Tim Burton dans l’actualité

1. Ses projets futurs :

Décidément ambitieux, Burton travaille en ce moment sur deux films : un remake en animation d’une heure et demie de son Frankenweenie, pour développer plus l’histoire, prévu en décembre prochain, et l’adaptation du roman de Lewis Carrol, Alice au pays des merveilles, avec la jeune Mia Wasikowska, Johnny Depp et Helena B. Carter dans le rôle de la Reine de Cœur, qui sera un mélange audacieux de prise de vue réelles, d’animation par l’ordinateur et de stop motion, sa date de sortie prévue le 5 mars 2010 aux USA. Puis, il entamera le tournage de Dark Shadows cet été, film adapté d’une série télévisée des années 60, mettant en scène les mésaventures d’un vampire au sein d’un bestiaire de monstres en tous genres, dont le rôle principal sera attribué une fois de plus à son compère pirate.

Un programme fort alléchant !

2. Sa vie actuelle :

Tim Burton vit toujours avec Helena Bonham Carter, à Londres, dans deux maisons reliées par un couloir secret. Ils ont deux enfants : Billy Ray, né le 4 mai 2003, et Neil, née le 15 décembre 2007.

Il est toujours compère avec Johnny Depp, parrain de ses enfants, et Danny Elfman, qui a composé tous ses films depuis Pee-Wee (exception faite à Ed Wood, à cause d’une dispute et Sweeney Todd, reprenant le compositeur de la comédie musicale d’origine, Stephen Sondheim).

* Cahier de vacances 2010 – Article initialement publié le 14 janvier 2009

Le cercle des poètes disparus

Notre Sainte Rédac Chef m’a transmis une requête il y a peu, à savoir l’honneur d’écrire un article dans cette rubrique… Je la cite : « mettre en avant un énorme coup de cœur cinématographique, même un vieux film »…Voilà la grande question que je me suis posé un paquet de fois : quel film m’a suffisamment marqué pour que j’en ai des frissons rien qu’en y pensant ? Quel chef d’œuvre a contribué dans mon enfance à faire de moi l’homme que je suis devenu aujourd’hui ? Ai-je un cœur ? Toutes ces questions m’ont fortement taraudé l’esprit durant plusieurs semaines : vais-je vous parler de ma passion pour Rocky Balboa ? Pour les films de Claude Zidi ou de Max Pécas ? Et là, à deux jours de la date fatidique, un éclair dans la nuit : il y a THE film, celui qui m’a donné une vocation forte, une véritable passion : le cercle des poètes disparus !

Il se trouve que certaines personnes (notamment chez les moins de 20 ans) ne connaissent pas du tout ce film de Peter Weir ; je vais donc me permettre de rafraîchir la mémoire des plus férues et d’informer les autres… Todd Anderson (interprété par Ethan Hawke) est un jeune adolescent timide et renfermé, qui intégré l’académie de Welton, dans laquelle son frère aîné, éternel exemple à suivre pour lui, a brillamment excellé…Ecole strictement masculine et excessivement puritaine, elle prépare les jeunes gens issus de familles fortunées à intégrer les grandes universités de la côte Est. Todd Anderson se lie alors d’amitié avec son camarade de chambrée, Neil Perry (interprété par Robert Sean Leonard) un ancien de Welton, et avec les amis de ce dernier… Ils suivent les cours d’un nouveau professeur de littérature, M. Keating (interprété par Robin Williams), ancien diplômé de Welton, qui a une méthode d’enseignement qui va à l’encontre des règles : Il cherche à faire de ces gamins de 17 ans des esprits indépendants là où ils n’ont connu que conformisme et rigueur ! Il cherche à les préparer à un monde de beauté et de poésie, là où certains ne vont affronter que la froideur des sciences et des chiffres…En les incitant à profiter du jour présent, il veut leur faire aimer la vie !

Je n’ai pas compris le sens premier du film la première fois que je l’ai vu : j’avais 11 ans, et les problèmes que peut avoir un pré ado à cet âge là (sexe, drogue,…), mais peu de temps avant d’entrer en fac, la lumière vint ! Ce film m’a apporté beaucoup…Tout d’abord, il m’a fait comprendre que ma vie n’appartient qu’à moi, que je suis le seul décideur de ce qui est bon pour moi…Je fais ce que j’ai envie de faire parce que j’ai décidé de le faire ! Ensuite, il m’a donné envie d’enseigner, de transmettre un savoir péniblement acquis sur les bancs universitaires à un public plus ou moins jeune, et surtout, à la rendre intéressé, à capter son attention, à l’oblige à réfléchir à ses propres croyances….Car, hélas, réfléchir commence à devenir une denrée rare dans ce monde où l’on nous dit de plus en plus quoi penser, quoi faire… Ce film permet de croire que l’on peut suivre ses rêves, croire en ses passions et les réaliser en dépit de tout ! Todd et Neil y ont cru et ont été transformés à jamais ! Et vous ?

Le fabuleux voyage d’Alice au Pays du Cinéma

Premières virées cinématographiques :

Lewis Carroll, célèbre mathématicien et photographe, a marqué d’une façon troublante le monde avec sa folle œuvre littéraire « Les Aventures d’Alice au Pays des Merveilles ». Toutes les cultures mondiales s’en retrouvent bouleversées, et l’entreprise cinématographique ne tarda vraiment pas à toucher à ce livre incontournable. C’est précisément en 1903 que naquit sur pellicule la première d’une longue série de visions variées du roman. D’une durée de 17 minutes environ, ce petit film d’époque est mis en scène par Cecil Hepworth et Percy Stow, dont le rôle principal est tenu par May Clark. Cette toute première adaptation cinématographique issue de la Grande-Bretagne est l’une des plus importantes car non seulement c’est l’un des premiers films datés de l’invention du Cinéma, mais c’est aussi la seule transposition du roman vue par Alice Liddell, l’inspiration de l’auteur.

Une troisième (la deuxième a été  faite par adaptation filmique est projetée en 1933, réalisée par Norman Z. McLeod. Avec Charlotte Henry, Edward Everett Horton, Gary Cooper, Cary Grant et W.C. Fields, tous célèbres à l’époque, ce film américain est une transposition complète des deux livres, utilisant les moyens de l’époque, à savoir des doublures jouées dans des costumes

Autres visions diverses :

S’ensuivit alors un nombre gigantesque d’à peu près vingt-trois adaptations des deux ouvrages portées sur l’écran. Toutes les matières de films y contribuent : films, téléfilms, animations et même une série télévisée. « Alice au pays des merveilles » est un sujet récurrent dans l’entreprise du cinéma, car elle fait appel à la créativité de plusieurs réalisateurs ou artistes connus, comme Terry Gilliam (Jabberwocky, 1976, adaptation du poème original) ou, en cours de tournage, Marylin Manson (Phantasmagoria). De même, le thème propre du livre (monde déséquilibré par rapport à la réalité) est repris de diverses façons (Matrix, Tideland, Coraline, etc…).

Deux visions majeures de l’œuvre littéraire :

Cependant, deux œuvres cinématographiques ont marqué définitivement l’image de ce livre que chacun se faisait. Commençons par la plus connue :

Le grand défunt Walt Disney vouait un amour profond pour l’œuvre de Lewis Carroll. Il commença dès 1923 par une série de courts-métrages, « Alice in Cartoonland », où il entraîna une petite fille en chair et en os dans le monde de l’animation. Voulant ce même mélange d’acteurs et animation classique dix ans plus tard, il était obligé d’abandonner cette idée pour cause de manque de budget. Sorti en 1951, le dessin-animé de Walt Disney est un film qui a marqué les générations d’abord négativement, dont certains parents reprochaient le manque de logique. Au fil des ans, bien que ce ne soit pas la parfaite adaptation du bouquin, cet Alice-là est devenu un classique d’animation qui ne laisse personne indifférent.

Enfin, voici une adaptation complètement à part dans le cycle des autres. Original, soigné esthétiquement parlant (le stop-motion toujours aussi incroyable !), cette transposition du roman de Carroll de Jan Svankmajer, réalisateur tchèque, propose une idée totalement géniale, en faisant du Pays des merveilles une version parallèle des objets ou personnes connus d’Alice (le lapin blanc étant son lapin apprivoisé, etc…) tour à tour magnifique et horrifique

ALICE AU PAYS DE TIM BURTON

Retrouvailles amères :

Tim Burton, grand conteur asocial du cinéma, avait depuis longtemps l’ambition d’apporter sa touche personnelle à l’univers imaginé par Lewis Carroll. Selon lui, aucune autre adaptation cinématographique n’avait su donner principalement une personnalité forte au personnage principal, passant d’un fou à l’autre sans émotion. Voulant, comme Walt Disney à l’époque, mélanger le « live » aux techniques d’animation, il fut néanmoins obligé malgré lui de retourner chez Mickey, seul studio possédant encore les droits d’adaptation du livre, ce qui  le ravît peu.

Souvenirs tièdes chez Disney :

A peine entré dans la production en 2008, le studio impose à son ancien élève l’utilisation des images de synthèse et la technique de la 3D, comme support d’animation. D’abord dubitatif, Burton en ressortira ravi de l’expérience de la conversion 3D (il voulait à tout prix garder une caméra classique, ce qui énerva au passage James Cameron et quelques fans du phénomène Avatar). Ayant gardé ses acteurs fétiches (Johnny Depp, Helena Bonham Carter, Christopher Lee…) et sa version graphique de son film (Disney voulait en vain censurer le sourire du Chat de Cheshire !),

le cinéaste a voulu se démarquer des autres versions connues, en adaptant une nouvelle histoire avec l’univers original du récit, scénarisée par Linda Woolverton (Le Roi Lion, La Belle et la Bête…), basé sur le poème du Jabberwocky issu du deuxième livre, et plus particulièrement l’illustration ci-dessous, représentant le monstre en question combattant un chevalier armé d’une épée, qui semble être Alice, d’où ses cheveux dorés.

Grand succès au pays merveilleux :

Sorti sur grand écran le 5 mars aux Etats-Unis et le 24 mars en France, le nouveau-né de Burton réalisa le plus grand succès financier de son père, en rapportant mondialement plus de 960 346 000 dollars et en remportant son pari haut la main (budget initial : 200 millions de dollars). Etant président du 63e festival de Cannes ce mois-ci, Tim Burton vit un instant de gloire dans toute sa carrière professionnelle.

Alice de Burton, ou la lutte semi-gagnante du réalisateur contre son entreprise :

Ayant attendu une nouvelle excursion dans le monde de Burton depuis son fabuleux Sweeney Todd, j’ai eu grand plaisir à retourner dans ce pays fait de merveilles trois fois, transporté dans la technique du 3D Relief. Et bien, ma foi, ce fut fort agréable !

L’œuvre de Burton nous propose tout d’abord un voyage graphique des plus fascinants. Son univers proposé  est parfaitement abouti dans tous ses contrastes : fourmillant de croustillants détails bien définis et de clins d’œil jouissifs à sa filmographie (l’arbre de Sleepy Hollow, les sculptures en herbe d’Edward aux mains d’argents), le cinéaste nous plonge dans un monde unique et toujours aussi délicieux à contempler, de par ses décors foisonnant d’idées esthétiques ravissants et loufoques, ses personnages et effets spéciaux incroyables de réalisme (la tête gonflée de la Reine Rouge, les animaux tel que le chat ou le lapin…). De ce point de vue là, Tim Burton a réussi un mariage éblouissant entre sa patte si particulière et celle établie par Lewis Carroll dans son livre et un tour de force esthétique magnifique et magique, dont il peut être vraiment fier, lui qui d’habitude ne se sent pas à l’aise dans les technologies actuelles.

Etant ma vraie expérience en 3D au cinéma (je ne connaissais que la technique avec les lunettes vert-rouge ou bleu-rouge jusqu’à présent), j’ai eu un plaisir immense à  me laisser transporter dans cette version en relief, qui utilise le concept intelligemment en nous laissant l’impression d’être devant les personnages (le chat du Cheshire, un régal dans ce format-là !) ou acteur de la scène. Ce fut pour ma part la meilleure façon de rentrer dans un film tel que celui-ci, qui étonnera sûrement certains avec sa palette numérique variée.

Du point de vue de l’adaptation, Burton est resté fidèle à l’esprit de l’œuvre originale (on retrouve ce style de mots inventés comme plussoyance par exemple) tout en assemblant certains aspects à son univers propre (les têtes coupées dans les douves du château, etc…). Alors certes, le film est porté par un scénario des plus classiques (une sorte de « Hook » avec un combat manichéen à la fin), mais le réalisateur a tout de même le mérite de ne pas faire une transposition stricte de l’histoire, mais bien une relecture rafraîchissante des deux livres. Avec un tel changement, Burton a réussi malgré tout à garder le thème principal qui est l’évolution mentale d’Alice par un voyage initiatique. Ici, nous avons une jeune fille de 19 ans en recherche de son identité dans la société et surtout mal adaptée à son époque, une société victorienne peu enviable dictatrice de ses choix (on reconnaît par ailleurs le Burton asocial avec cette époque morne et presque effrayante !), qui finit par avoir confiance en elle et traçant son propre destin, le Jabberwocky symbolisant quelque part sa bête noire intérieure. L’histoire reste en plus efficace malgré cette simplicité au niveau des évènements déroulés.

Malgré cela, le spectacle est accompagné par une galerie de personnages attachants, développés et superbement interprétés : Alice a définitivement la meilleure psychologie portée sur écran, magnifiée par le jeu incroyable et subtil de Mia Wasikowska ; le Chapelier Fou se voit attribuer un charisme hors norme avec sa schizophrénie tour à tour délirante, énigmatique et étonnante et le jeu toujours aussi impeccable de Johnny Depp (fausse note : une danse pas inutile mais incongrue, sorte de revanche du studio voulant au départ Michael Jackson dans le rôle) ; la Reine Rouge (mélange de la Reine de Coeur, de la Reine rouge et de la Duchesse) transformée en marginale pitoyable et délirante mais attachante, burtonien comme Alice et le Chapelier, jouée avec brio par Helena Bonham Carter ; les animaux et autres personnages tous attachants et extravagants, en particulier le Lièvre de Mars totalement félé et le Chat du Cheshire charismatique à souhait, sublimé par l’impressionnante voix de Stephen Fry. Seule la Reine Blanche manque de développement, ce qui est dommage vu son potentiel.

Soit dit-en-passant, il est certes difficile d’aimer une adaptation d’une oeuvre surtout quand celle-ci traite sur le rêve d’un enfant, ce qui fait appel à l’imagination de chacun, mais essayez d’oublier un peu votre vision pour apprécier plus celle d’une autre personne. Voici souvent la clef pour aimer une vision différente de la nôtre.

En conclusion, Alice au Pays des merveilles version Tim Burton est une formidable relecture du mythe, gardant sa folie (les personnages accusent Alice d’être la « fausse » et la rejettent) et le thème principal, avec un personnage principal magnifique, et portant des prouesses esthétiques presque exceptionnels et des acteurs vraiment parfaits, suivi d’une musique certes discrète mais belle. Malgré un scénario trop classique mais efficace, un manque de durée certain pour développer quelques personnages, ce film reste une très bonne oeuvre cinématographique à regarder et au sein de la carrière de Tim Burton.

Luc Besson, le réalisateur qui aimait les dauphins… et l’humanité

Metteur en scène, scénariste, producteur, Luc Besson est né le 18 mars 1959. Il passe son enfance dans les îles avec ses parents, professeurs de plongée, un accident de plongée l’empêche de suivre leurs traces, il se tourne alors vers le cinéma.

C’est à 17 ans qu’il participe au tournage d’un court métrage de Patrick Granperret, et qu’il occupe les divers métiers du cinéma, de la mise en scène à la figuration en passant 2ème assistant, il travaille avec Régis Wargnier sur des publicités comme assistant. Stagiaire sur plusieurs tournages, « Loulou » et « Deux lions au soleil », il est également assistant sur « Les Bidasses aux Grandes Manœuvres » et réalisateur de seconde équipe sur « le Grand Carnaval ».

Luc Besson ne cesse jamais d’écrire et sa rencontre avec Pierre Jolivet donne un clip vidéo de 16 mm, parmi différents sujets. Puis il tourne un court métrage « l’Avant-Dernier » avec Pierre Jolivet et Jean Reno dans les rôles principaux, dont l’action se déroule dans des ruines après une catastrophe atomique, le tout filmé en noir et blanc. Ce film est présenté à la section Court-Métrage du Festival fantastique d’Avoriaz sans grand succès. Luc Besson s’implique alors dans l’écriture d’un premier long métrage « Subway » mais abandonne son projet faute de producteur.

Il décide alors de faire un long métrage de son court métrage  « l’Avant-Dernier » dont le titre sera « Le dernier combat », produit par sa propre société de production les films du Loup. Jean Bouise, Pierre Jolivet, Jean Reno et Eric Serra, (pour la musique), participent au film, tourné en cinémascope en noir et blanc, et muet, tourné en dix semaines… Ce film de science fiction créé l’évènement au Festival d’Avoriaz en 1983 et décroche le Prix du Grand Jury et le Prix de la Critique.

Luc Besson après avoir mis en scène les clips de Serge Gainsbourg pour « Mon Beau légionnaire » et « Pull Marine » avec Isabelle Adjani, présente alors son film « Subway » en 1985, film dans lequel les sous-sols du métro parisien sont le théatre des aventures de deux stars Isabelle Adjani et Christophe Lambert, qui remporte le césar du meilleur acteur.

En 1986, il co-écrit et produit « Kamikaze » réalisé par Didier Grousset, et durant neuf mois tourne à travers le monde « Le Grand Bleu », film qui ouvrira le festival de Cannes en 1988, décrié par les critiques, mais qui sera le film de toute une génération et connait un véritable succès public. En 1990, « Nikita », avec Anne Parillaud, héroïne du film policier dont la prestation poignante de tueuse à gages vaut à la comédienne le César de la Meilleure Actrice. 1991, « Atlantis » est un documentaire muet sur le monde de la mer, mis en musique par Eric Serra. En 1995 « Léon » avec Jean Reno, son acteur fétiche dans un rôle de  « nettoyeur » sera le film français le plus vu à l’étranger, ce qui lui permet  en 1997 de mettre en œuvre un projet très ambitieux, le futuriste « Cinquième Elément », film de science-fiction au budget colossal et un casting international composé de Bruce Willis, Gary Oldman et Milla Jojovitch. En 1997, le film « Le Cinquième Elément » fait l’ouverture du Festival de Cannes, Luc Besson reçoit alors le césar du meilleur réalisateur, et il présente un film en tant que producteur « Nil by Mourth » de Gary Oldman qui remporte le prix d’interprétation féminine à son actrice principale. Puis il enchaîne « Taxi » de Gérard Pirès qui remporte un énorme succès auprès des jeunes. Pour son huitième film, il tourne une fresque historique « Jeanne d’Arc » avec Milla Jojovitch.

Dans les années 2000, il décide de délaisser la caméra pour se consacrer, via sa société  de production et de distribution EuropaCorp (qui fête ses dix ans cette année), à la production d’œuvres, dont il sera à la fois producteur et scénariste comme la saga « Taxi », -« Taxi » (1998)  et « Taxi 2 » (2000), « Taxi 3 » (2001)-,  « the Dancer » (1999) de Fred Garson, « le Transporteur » (2008), « 15 août », « Yamakasi, les Samouraïs des Temps Modernes » (2003), « le Baiser Mortel du Dragon » avec Jet Li, puis avec Jean Reno, « Wasabi » , « Fanfan la Tulipe » (2002), « Michel Vaillant » (2003), « Les Rivières Pourpres 2 » (2004), « les Anges de l’Apocalypse »(2004), « Banlieue 13 » (2004), « Bandidas » (2005), scénariste pour « Danny the Dog » (2005), producteur de « Trois Enterrements » (2005) de Tommy Jones. Il fonde le studio de cinéma Europa avec Pierre-Ange le Pogam. Ce studio produit entre quatre et huit films par an et touche tous les secteurs d’activité du cinéma : distribution, vidéo, édition musicale, ventes à l’étranger. Europacorp prévoit de développer en Seine Saint-Denis un complexe d’activités cinématographiques des plus performants, à l’usage des professionnels et du public.
 

Passé maître dans l’art de se faire désirer, Luc Besson retourne ensuite à la réalisation avec deux films aux registres diamétralement opposés, une comédie romantique « Angel-A » en 2005, tournée dans le plus grand secret à Paris, avec Djamel Debbouze, puis le film d’animation « Arthur et les Minimoys », adapté de son roman fantastique pour enfants.

Après avoir écrit un « Taxi 4 » en 2007, Luc Besson se tourne essentiellement vers la production des films de ses “poulains”. Ainsi, d’un côté il aide Xavier Gens à réaliser l’adaptation du jeu-vidéo « Hitman » (2007) ainsi que le film d’horreur interdit aux moins de 16 ans, « Frontières » (2008), de l’autre, il permet à Pierre Morel de réaliser « Taken » (2008) avec Liam Neeson dans le premier rôle.
 

En 2009, Luc Besson prouve une nouvelle fois son intérêt pour l’écologie en produisant le documentaire « Home ». Il écrit ensuite deux suites : « Banlieue 13 Ultimatum » (2009), qu’il produit, puis « Arthur et la Vengeance de Maltazard » (2009), qu’il réalise. L’année suivante, il produit également deux films aux couleurs des Etats-Unis. D’abord en aidant la sortie du film américain « I Love You Phillip Morris » , dans lequel Jim Carrey joue un arnaqueur gay amoureux d’Ewan McGregor, puis en produisant le nouveau film de Pierre Morel, « From Paris With Love » avec cette fois John Travolta dans le rôle principal. Le cinéaste retourne à la réalisation cette même année en adaptant l’Adèle Blanc-Sec de Jacques Tardi, avec entre autres Louise Bourgoin, Mathieu Amalric, Gilles Lellouche et Jean-Paul Rouve au casting.

Quelques films de Luc Besson :

« Subway » est un polar dramatique sorti en 1985. Tourné essentiellement dans les sous-sols du métro parisien, « Subway » est une plongée dans le monde de la marge, dans lequel Fred (Christophe Lambert ) après avoir dérobé des documents compromettants, se retrouve impliqué dans une chasse à l’homme, nouant d’étranges liens avec la femme de sa victime Helena (Isabelle Adjani), va parcourir l’univers fascinant et agité du métro en découvrant sa faune nocture, au détour des couloirs, il rencontre des musiciens qu’il décide de réunir pour former un groupe.

Hormis Isabelle Adjani et Christophe Lambert, on retrouve des acteurs comme Jean-Hugues Anglade, (l’homme au roller), Jean-Pierre Bacri, (l’inspecteur Batman), Richard Bohringer, (le fleuriste), Jean Bouise, (le chef de station), Michel Galabru, (le commissaire Gesber), Jean Reno (le batteur).

 

Eric Serra travailla à la bande originale du film. Son travail fut récompensé par la Victoire de la meilleure musique du film en 1985 et par une nomination aux Césars dans la même catégorie. La bande sonore originale est également certifiée double disque d’or en France. Il jouait d’ailleurs un petit rôle dans ce film, celui d’Enrico le bassiste, aux côtés de Jean Reno en batteur et du chanteur Arthur Simms.

Le film eut plusieurs récompenses telles que le César du Meilleur Acteur pour Christophe Lambert, César des Meilleurs Décors pour Alexandre Trauner, César du Meilleur Son pour Gérard Lamps et Harrik Maury.

« Le Grand Bleu », film dramatique franco-américano-italien sort en 1988.

Inspiré de la vie de Jacques Mayol et Enzo Maiorca, il met en scène une compétition entre deux apnéistes, Jacques Mayol et Enzo Molinari, qui se connaissent depuis l’enfance. Ayant grandi ensemble en Grèce, ils partagent leur passion pour la mer, mais suite au décès du père de Jacques, ce dernier rentre en France. Vingt ans après, la rivalité entre les deux hommes existe toujours et le championnat du monde d’apnée en Sicile sera l’occasion pour les deux hommes de se retrouver. Avec Jean-Marc Barr (Jacques Mayol), Jean Reno (Enzo Molinari), Rosanna Arquette (Johana Baker), Jean Bouise (l’Oncle Louis), Marc Duret (Roberto), Sergio Castellitto (Novelli), Paul Shenar (Docteur Laurence) font parti du casting.


Le Grand Bleu obtient le César de la Meilleure Musique écrite pour un Film d’Eric Serra, et le César du meilleur son. 
 
« Nikita », thriller français, sort en 1990.

Nikita (Anne Parillaud), rescapée d’une bande de junkies dont le braquage dans une pharmacie tourne mal, a tué un policier à bout portant, elle est arrêtée et condamnée à la prison à perpétuité. Une nuit deux agents spéciaux rentrent dans sa cellule et lui font une injection, déclarée suicidée, elle est officiellement enterrée. Elle subit un entrainement multi-disciplinaire sur plusieurs années, sous l’œil expert de Bob (Tchéky Karyo), son « parrain » qui se prend d’affection pour elle. Elle apprend le maniement des armes et des arts martiaux, l’apprentissage des bonnes manières dans un centre d’entrainement, elle est prête pour réaliser ses premières missions en tant qu’agent spécial de la police secrète de l’Etat français. Une seconde chance s’offre à elle pour une vie nouvelle dans laquelle elle doit dissimuler sa véritable identité à Marco (Jean-Hugues Anglade), l’homme qu’elle aime et réalise des missions de plus en plus dangereuses.

On retrouve Jean Reno, « nettoyeur » agent spécial du gouvernement, mais également Jeanne Moreau, instructrice du centre d’entrainement et Jean Bouise, attaché d’ambassade, dont ce fut le dernier film.

Anne Parillaud obtient le César de la Meilleure Actrice.

Atlantis est un film documentaire réalisé par Luc Besson. Après le succès du « Grand Bleu » Luc Besson a sillonné le monde pour filmer la beauté de la faune sous-marine de Vancouver au Pacifique en passant par Tahiti, le film n’a pour décors que les fonds sous-marins. 
 
« Léon » film français sort en 1994, avec Natalie Portman dont ce fut la révélation et Jean Reno.

Léon (Jean Reno), tueur à gages, vit à New York. Un jour, Matilda (Natalie Portman), sa jeune voisine, lui demande l’asile, toute sa famille vient d’être décimée par des agents corrompus de la DEA, son père ayant volé une partie de la cocaïne qu’il stockait pour la DEA, dont le chef est Norman Stanfield (Gary Oldman). Léon accepte d’accueillir Matilda, qui veut venger la mort de son petit frère, demande à Léon de lui apprendre ses compétences de « nettoyeur » et lui propose en échange de devenir sa femme de ménage et son professeur pour remédier à son illettrisme. Matilda commence alors son métier de tueuse.


Le film a reçu le Lion Tchèque du meilleur Film Etranger lors du Festival de Prague en 1996.

« le Cinquième Elément » film français de science-fiction sort en 1997 et fait l’ouverture du Festival de Cannes.

En 1914, en Egypte un groupe d’extraterrestres débarque sur la Terre afin de récupérer quatre pierres représentant les quatres éléments de la vie pour les soustraire au mal, en promettant de les rapporter dans 300 ans. Mais à leur retour, leur vaisseau est détruit et les pierres disparaissent. Dans les décombres, une main est découverte, dont les scientifiques parviennent à reconstituer Leloo (Milla Jojovitch), une jeune femme dotée d’étonnantes facultés. Elle s’enfuit et tombe dans un taxi conduit par Korben Dallas (Bruce Willis). Leloo réussit à le convaincre de l’emmener chez le prêtre Cornelius qui lui résume l’histoire des cinq éléments et de l’arrivée imminente du mal. La diva Plavalaguna (Maïwenn le Besco), dépositaire des quatre éléments, doit donner un récital à bord du vaisseau de croisière Flohston Paradise, mais les agents du mal, dont Jean Baptiste Emmanuel Zorg (Gary Oldman), fabricant d’armes corrompu et un groupe de mercenaires, se lancent à leur poursuite. Après diverses péripéties, Korben, Leloo et Cornelius arrivent à bord du vaisseau, la diva , avant d’être tuée, remet les pierres à Korben.

« Jeanne d’Arc » sort en 1999. Dans ce film, Luc Besson divise le film en trois parties : l’enfance de Jeanne, sa vie guerrière et son procès.  
 

« Angel-A » est un film français réalisé en noir et blanc par Luc Besson, sorti en 2005.

André (Djamel Debbouze) à qui rien ne réussit, au bout du rouleau, tente de se suicider du haut d’un pont à Paris. Mais Angela (Rie Rasmussen) l’en empêche en sautant dans l’eau. André plonge pour sauver la jeune femme qui lui déclare qu’elle lui appartient désormais.

    *

2010… Luc Besson revient au cinéma avec deux films :

« Adèle Blanc-Sec » est un film d’aventures français écrit, produit et réalisé par Luc Besson d’après l’œuvre du même titre de Jacques Tardi (1976), mettant en scène Louise Bourgoin dans le rôle-titre, Gilles Lellouche en l’inspecteur Caponi, Jean-Paul Rouve en un aventurier et Mathieu Amalric en méchant. Produit par EuropaCorp, il sortira le 14 avril 2010. De passage à Cannes pour le Festival 2009, le réalisateur a annoncé au Journal du dimanche son intention d’adapter les neuf volumes de la bande dessinée en une trilogie.

En cette année 1912, Adèle Blanc-Sec (Louise Bourgoin), jeune journaliste intrépide, est prête à tout pour arriver à ses fins, y compris débarquer en Égypte et se retrouver aux prises avec des momies en tout genre. Au même moment à Paris, c’est la panique. Un œuf de ptérodactyle, vieux de 136 millions d’années, a mystérieusement éclos sur une étagère du Jardin des Plantes, et l’oiseau sème la terreur dans le ciel de la capitale. Pas de quoi déstabiliser Adèle Blanc-Sec, dont les aventures révèlent bien d’autres surprises extraordinaires…

Pour écrire le scénario, Luc Besson s’est inspiré des premiers tomes Adèle et la Bête (1976), Le Démon de la Tour Eiffel (1976), Le Savant Fou (1977) et Momies en Folie (1978). Catherine Ringer[] signera avec Éric Serra la première chanson du générique de fin, “L’Adèle”. Louise Bourgoin et Thomas Dutronc chanteront en duo le deuxième titre du générique de fin.

Arthur et la Guerre des deux mondes est un film français de Luc Besson tourné aux États-Unis et produit par la société EuropaCorp actuellement en tournage prévu pour le 20 Octobre 2010 en France. Il s’agit de la suite d’Arthur et la Vengeance de Maltazard et troisième volet de la saga Arthur et les Minimoys.

Mal aimé des critiques, Luc Besson est un réalisateur qui compte sur la scène internationale, adulé  ou contesté, Luc Besson est à lui seul un chapitre du cinéma français, un réalisateur qui sait s’imposer dans cet art qu’il maîtrise à perfection, un homme qui partage son plaisir à tourner et dont la carrière est riche et unique.

« J’aime les personnages qui ont le courage d’oser ce dont ils rêvent » Luc Besson

Adam Elliot – Mary & Max

Originaire d’Australie, Adam Elliot est né le 2 janvier 1972. Quand il était enfant, sa passion était de dessiner en compagnie de ses deux perruches Sonny et Cher, au grand désarroi de son père, ancien clown acrobate reconverti dans l’élevage de crevettes. Son style artistique le différencia des autres élèves dans son école pour garçons, vers ses 12 ans. Ce qui le distingua des autres enfants, c’était son tremblement physiologique d’origine maternelle. Pourtant, il arrive à vivre avec ses défauts, en ignorant les moqueries à son propos, considérant que son problème n’est pas une maladie.

A Melbourne, il découvrit vers dix ans l’art dramatique et joua dans une pièce de théâtre, racontant une aventure du mythique détective Sherlock Holmes, incarnant le docteur Watson. Puis, il mit ses talents d’illustrateur au service d’une école de design et d’arts, le Victorian College of the Arts. Spécialiste de l’animation, il fut couronné de plusieurs récompenses avec sa trilogie de courts-métrages animés d’étude, possédant un ton mélancolique et poétique, (Oncle, Cousin et Frère), adulée par le public, et il gagna le Prix du meilleur court-métrage d’animation avec son Harvey Krumpet (2003) en 2004.


Mary & Max, la révélation cinématographique

Victorieux d’un succès auprès de ses essais animés récompensés, Adam Elliot décida de se plonger dans le long-métrage. Encouragé par un certain Nick Park, fameux créateur de Wallace & Gromit, il se dirigea vers l’animation en pâte à modeler, en 2005, pour mettre en scène sa toute première œuvre cinématographique : Mary & Max. Passé dans plusieurs festivals de film dans le monde entier, mais passé inaperçu en 2009 au sein du grand public, le film est accueilli par une critique conquise, exprimée par quatre récompenses en son honneur, notamment le Cristal du Meilleur Long-Métrage d’Animation au Festival International d’Annecy (ex-aequo avec Coraline).

Basé sur une histoire vraie, ce film conte la rencontre improbable et totalement incongrue par écrit d’une petite fille australienne, adorable comme tout mais dont la vie la méprise continuellement, et son correspondant, un homme juif vivant à New-York et mal dans sa peau.

Tout d’abord, soulignons la forme grotesque et poétique de l’animation. Les personnages, ayant tous des aspects délirants assez amusants, évoluent dans des décors de toute beauté, remplis de simplicité si lyrique, se permettant de critiquer subtilement des classes de la société. Ainsi, l’animation faite à la main fait encore son effet, plaisante à souhait, toujours magnifique à contempler l’aspect artisanal de cet art (la présence des empreintes digitales sur la peau des personnages) et rappelant toujours la belle époque des Wallace et Gromit et autres Pingu.

Plus que l’animation, c’est le scénario qui amplifie la beauté de cette œuvre. Ordinaire et commune à tous les romans épistolaires, l’histoire parvient pourtant à captiver grâce à ses deux personnages principaux. Ce sont de parfaits anti-héros, en outre deux genres de personnes tout à fait existants, à la seule différence qu’ils dévoilent des points de vue sur le monde surprenants car vraiment humanistes. Mary est une enfant profitant pleinement de la vie, en fabriquant des personnages avec de simples morceaux de caillou et en s’intéressant à des objets la cultivant plus ou moins. Max est un homme qui dégage de vrais sentiments et de vraies idées humanitaires (il ramasse tous les mégots que les gens laissent par terre, sans se soucier de dangers polluants). Le spectateur se sent concerné et intéressé par les évènements du quotidien décrits par les deux protagonistes, les rendant captivantes avec un ton léger et amusant. Porté par des personnes communs à notre réalité tour à tour attachants, profonds ou déstabilisants, leur existence se voit détruite par de malheureux embûches de la vie, avec la mort ou la maladie de certains proches. Mais, apprenant chacun un peu du savoir-faire de l’autre, Mary et Max, révélant en lui une maladie émotionnelle, arrivent à profiter de leur destin sans se soucier des moqueries ou problèmes dont ils deviennent victimes. En outre, les deux « héros » sont en fait un double portrait de leur créateur, Adam Elliot, vivant parfaitement sans tenir compte de son tremblement physiologique maternelle.

Véritable tourbillon d’émotions, porté par un casting vocal remarquable et sous une musique sobre, belle et délicate, Mary et Max, faisant un magnifique contraste entre les deux univers des personnages principaux par le champ de couleur (coloré pour la première et triste pour le dernier), est un bijou filmique présentant un portrait profond et sensible sur les personnes mises à l’écart de la société par différentes manières et qui arrivent à s’y intégrer, là où d’autres portraits les favorisaient dans le sens où la classes sociales sont dénoncés en les chassant (Edward aux mains d’argent de Tim Burton, Elephant Man de David Lynch…). Adam Eliott, prouvant ses talents de conteur humaniste et poétique au monde entier, a voulu rentrer dans la cour des grands cinéastes et l’a réussi avec brio !

Alan Parker, un réalisateur majeur, fervent défenseur des droits civiques et des libertés

“J’exprime dans mes films mes propres frustrations de cinéaste” [Alan Parker]

Federico Fellini, le magicien

Réalisateur de cinéma et scénariste, Federico Fellini nait en Italie, à Rimini le 20 janvier 1920 et décède à Rome le 31 octobre 1993 à 73 ans. Il était marié à l’actrice Giuiletta Masina.

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