La série du mois

Suburgatory

afe53_68098606

George, un père célibataire new-yorkais découvre un jour une boite de préservatifs dans la chambre de sa fille, Tessa. Horrifié, il décide de s’exiler de la ville, trop tentatrice pour la banlieue, havre de paix.

Hart Of Dixie

97ba3_Hart-Of-Dixie-Promo-Saison-1

Zoe Hart (Rachel Bilson) est une éminente interne en chirurgien à New-York qui a déjà programmé son avenir. Après avoir été diplômée major de promo, elle souhaite devenir cardio-chirurgien à l’image de son père. Mais le poste qu’elle convoitait tant ne lui revient pas.

The New Girl

new-girl-fox-deschanel

Ce mois-ci, nous décollons direction la grosse pomme pour vivre dans une colocation pas tout à fait comme les autres.

Ringer

Ringer

Amis de ma génération, bonjour ! Ce mois-ci c’est le plaisir de la nostalgie, l’envie de renouer avec ses premières émotions télévisuelles et de retrouver la fan-attitude de vos 15 ans ; tout ceci offert par Ringer.

Game of Thrones

La dernière née de la chaine américaine HBO, spécialiste des séries, réjouira sans aucun doute les fans d’héroic fantasy. Au printemps dernier, elle a frappé fort en proposant une toute nouvelle série, directement inspirée de l’œuvre de George R.R. Martin, Le Trône de Fer. Le pilot de la saison 1 a enthousiasmé les fans de la saga et, du même coup, fait de Game of Thrones un véritable phénomène.

A la base pas une grande fan de fantasy, qui plus est lorsqu’il s’agit d’une adaptation et d’une production américaine, je me suis néanmoins laissée tenter par Game of Thrones, parce que j’en avais entendu du bien, et que j’avais besoin de me consoler de la fin des Tudors ! C’est donc pleine de préjugés que, le mois dernier, j’ai lancé l’épisode pilot de cette nouvelle production du géant HBO.

Première impression : le générique est parfait ! Pour les non-initiés (comme moi à l’époque), il plonge d’emblée le spectateur dans l’univers de George R.R. Martin en présentant brièvement le monde de Westeros : Port-Réal, Winterfell, le Mur, Essos, de l’autre côté du détroit, où sévit le redoutable Khal Drogo, chef des Dothrakis. Puis l’épisode commence. Trois cavaliers sortent de ce que l’on suppose être le Mur pour s’enfoncer dans une forêt hostile. La scène qui s’ensuit est à glacer le sang et introduit à la perfection la menace planant sur les habitants des Sept Royaumes : Winter is Coming. L’hiver vient, et avec lui les effroyables Marcheurs Blancs …

A Winterfell, Lord Eddard Stark, gouverneur du Nord, s’apprête, en compagnie de sa femme, Cat, et de ses enfants, à recevoir la visite du Roi des Sept Royaumes, Robert Barathéon, venu quérir son aide et faire de lui la nouvelle Main du Roi suite à la mort de l’ancienne. La Reine est là elle aussi, Cersei Barathéon, accompagnée de ses enfants, dont son fils ainé, Joffrey, et de ses frères, Jaime et Tyrion Lannister, dit le Gnome. Près d’une heure est nécessaire à l’introduction de la myriade de personnages participant à l’intrigue de cette première saison. Chez les Stark, il y a aussi le fils bâtard d’Eddard, Jon Snow, gardien du Mur, sans oublier Viserys et Daenerys, les derniers survivants de la maison Targaryen, héritiers légitimes du Trône de Fer.

Le Trône de Fer, parlons-en ! Objet de toutes les convoitises ! Qui en est le digne héritier ? La logique voudrait qu’il revienne à Viserys Targaryen, fils du dernier Roi des Sept Couronnes. Mais Robert Barathéon s’en est emparé par la force et Viserys et sa sœur ont dû s’exiler. Seulement voilà, le jeune homme n’est pas le seul à vouloir monter sur le Trône. Les riches Lannister le convoitent également et œuvrent dans l’ombre afin de se l’approprier …

Vous l’aurez compris, Game of Thrones est une époustouflante fresque médiévale. Sur fond de fantastique, la série constitue une grande aventure politique, pleine de machinations, de coups-bas et de trahisons perpétrés dans le but d’accéder au pouvoir. Chacun sert ses propres intérêts, à part peut être Ned Stark, seul homme loyal dans cette mer remplie de requins. La série monte en puissance tout au long de la première saison, des têtes tombent, pour finir en apothéose dans le dernier épisode et promettre une suite à la hauteur des attentes les plus folles !

Côté visuel, elle est tout aussi élaborée. Elle bénéficie (grâce à un budget plutôt conséquent !) d’une mise en scène parfaitement soignée. Les décors naturels (irlandais et maltais) sont à couper le souffle, les costumes magnifiques et les intérieurs fidèles à l’atmosphère médiévale des livres. Petit avertissement pour les âmes sensibles : certaines scènes de sexe (assez présentes il faut le dire !) pourront choquer les plus prudes, et d’autres, de violence, seront parfois difficiles à regarder. Mais c’est aussi ce qui fait le charme de cette série ! Complexe, directe et torturée, l’intrigue est épurée de toute sensiblerie et se prête ainsi à merveille à l’univers proposé par l’auteur.

Le casting, quant à lui, se paye le luxe de voir Sean Bean (Benjamin Gates, Le Seigneur des Anneaux, Percy Jackson) endosser le rôle de Lord Stark, et Peter Dinklage (Joyeuses Funérailles, Le Monde de Narnia) celui de Tyrion Lannister. Les autres sont d’illustres inconnus (ou presque) mais incarnent leur rôle à la perfection et contribuent à faire de Game of Thrones un véritable succès, qui ne manquera pas de conquérir les fans d’héroic fantasy, mais aussi les autres, tant son intrigue et sa production sont de qualité. Vivement la saison 2 !

Bande annonce :

Parenthood

La famille est un sujet inépuisable comme thématique de séries. Il y a plusieurs mois, je vous avais présenté la famille Walker et ses aventures. Ce mois-ci, je vous propose de rencontrer une nouvelle famille, toute aussi attachante, les Braverman.

Zeek (Craig T. Nelson) et Camille (Bonnie Bedelia) Braverman ont eu 4 enfants Adam (Peter Krause), Sarah (Lauren Graham), Julia (Erika Christensen) et Crosby (Dax Shepard). Les enfants eux-mêmes sont désormais devenus parents et tentent l’exercice difficile de l’éducation.
La série débute sur le retour de Sarah dans le foyer parental avec ses deux adolescents Amber et Drew. Plongée dans une période compliquée et fauchée, elle décide de retourner aux sources afin de reprendre sa vie et celles de ses enfants en main.

En toute honnêteté, les avis divergent fortement concernant Parenthood. Pour certain, elle est d’un ennui mortel, usant de ficelles classiques du drama familial. Pour d’autres, elle relève du génie pour son authenticité.

Parenthood réalise un joli tour de présenter le quotidien de famille sur trois générations. Nous y suivons les grands-parents, couple qui revendique son droit à l’intimité ; nous découvrons également comment leurs enfants, désormais adultes, gèrent le quotidien familial entre enfants, couple, priorités et obligations. Les familles de Parenthood n’ont rien d’extraordinaire à la différence des celles de Brothers&Sisters ou Modern Family. La série se présente immédiatement comme volontairement classique dans les modèles familiaux afin de mettre en avant les relations qui unissent les membres de cette famille plutôt que les grandes scènes. A la différence des grands dramas américains, on ne pleure pas à chaque minute sur fond de musique larmoyante. Dans Parenthood, on fait face à la vie dans sa brutalité et dans l’indifférence de son quotidien.

La première saison de Parenthood a demandé de la persévérance de la part de sériphiles. Il est fort à parier que seuls les accros, peut-être en manque de séries, on eut le courage de continuer.
Effectivement, les premiers épisodes proposent une série de clichés agaçant entre le père patriarche ayant fait l’Indochine, le fils aîné (Adam) en charge de toute la tribu, Sarah la fille paumée mais intelligente, Julia la working-girl qui n’a pas de temps pour sa fille et Crosby, le bébé immature de la famille. Autant dire que les premiers éléments ne donnent pas envie de continuer. Pourtant, après des débuts laborieux, les personnes et les intrigues se mettent peu à peu en place. La série commence doucement à prendre son envol avec le cas de Max, l’enfant d’Adam et Kristina (Monica Potter) pour enfin dévoiler des intrigues de plus en plus intéressantes.

Ensuite Parenthood présente une temporalité peu commune aux séries télévisées. Le rythme, assez lent, offre quelques passages d’ennui. Néanmoins, la lenteur est ici une façon de présenter la vie dans ses petits riens. Les scénaristes de Parenthood ont choisi de montrer la vie dans son aspect abrupte, sans scènes incroyables, collant d’autant plus à la réalité.
Ce rythme se révèle un choix scénaristique finalement très fin et judicieux. Les relations des membres de cette famille se tissent au rythme de cette lenteur, dans les regards, les sourires, les clins d’œil, les petits mots ou les disputes. Les relations sont toutes en nuance, parsemées de rancœur, d’amour et de respect.

On appréciera dans Parenthood le côté non-surfait des personnages. Les clichés du départ ont vite été abandonnés pour faire place à des personnages sincères et normaux. On aimera la relation d’Haddie avec ses parents (Adam et Kristina) criante de vérité et de simplicité. On appréciera également l’évolution du personnage d’Amber, adolescente rebelle, qui doucement, sort de la crise d’adolescence pour se trouver peu à peu.
Dans Parenthood, on grandit tranquillement et à son rythme au fil des rencontres et des petits riens de la vie. Les scénaristes s’attachent ardemment à la véracité des situations et des profils. Nul besoin de présenter des situations rocambolesques quand la vie est déjà remplie de petites choses.

La qualité de Parenthood réside également dans l’excellent jeu des acteurs. Il faut admettre que Parenthood s’est offert un casting de choix. Retrouver la diction ultra rapide de Lauren Graham (Gilmore Girl) est un plaisir. L’actrice assure et ne dépareille pas en mère bohème et incertaine. A contrario, de nombreux fans de Peter Krause (Six Feet Under, Dirty Sexy Money) se sont désolés du rôle ‘plan-plan’ d’Adam.
Cependant, il faut reconnaître que les deux acteurs offrent une belle dynamique qui semble profiter à tous les comédiens. Une mention spéciale au casting jeunesse. Les actrices interprétant Amber et Haddie mettent beaucoup de conviction à jouer cette période compliquée et transitoire qu’est l’adolescence. Max Burkholder (Max Braverman) est quant à lui simplement bluffant dans son interprétation.

NBC a ainsi joué un tour de maître en diffusant Parenthood (Jason Katims, Friday Night Lights) pour remplir sa case drama familial. L’ambiance de la série, le jeu des acteurs, la sincérité des situations et des dialogues ont offert à la série une troisième saison. Loin des séries aux ficelles déjà usées, Parenthood offre un peu de simplicité dans un monde surfait. Elle vous propose de pénétrer dans le quotidien standard d’une famille, en proie aux problèmes communs à toutes les familles. Toquer à la porte, c’est ouvert !

Misfits

Les Britanniques ont encore frappé fort avec une nouvelle série qui fait un carton Misfits.

Nathan, Simon, Alisha, Kelly et Curtis ont été condamnés pour divers délits mineurs à des travaux d’intérêt général. Sous la tutelle de Tony, l’éducateur, les cinq jeunes au langage châtié sont priés de se mettre au service de la communauté.
Mais voilà que durant le TIG, un violent orage s’abat sur la ville. Nos cinq compères vont être frappés par la foudre et se découvrir munis de pouvoirs surnaturels. Vont alors s’enchaîner une suite de péripéties sombres et rocambolesques qui forceront le groupe à rester uni, malgré lui.

Misfits que l’on peut traduire par « Marginaux » fait partie de ces séries hors-normes dont les Britanniques détiennent le secret.

A la lecture du synopsis, il faut bien l’admettre, ça sent le réchauffé. Des ados, des pouvoirs… Du déjà-vu. Et pourtant… Dès le départ, le ton est donné avec ces apprentis délinquants qui ne s’expriment qu’en insultes et cris. Les pseudos héros de Misfits, bien que pourvu de pouvoirs, sont bien loin d’une envie de sauver le monde. La série raconte plutôt l’histoire de gamins paumés qui ont envie de s’amuser et gèrent comme ils peuvent ces étranges pouvoirs. Loin des projets altruistes que tente de leur donner le TIG, ces ados sont présentés comme égoïstes, égocentriques, cyniques, méchants, violents, moqueurs, vulgaires… et à la fois hilarants. Mention spéciale au personnage de Nathan avec son humour en dessous de la ceinture et moqueur.

Misfits, c’est surtout l’art de raconter l’adolescence dans toute sa brutalité entre sexes, drogues et alcool.

Misfits, c’est aussi l’art de crédibiliser l’impensable. Des ados obligés de tuer pour se protéger sans que personne ne soupçonne quoique ce soit. Ils enchaînent les erreurs, les bêtises, les situations loufoques et s’en sortent toujours, sans conséquences.

Misfits a ce quelque chose qui accroche. On s’attache vite à ces gamins irresponsables qui cumulent les boulettes (et les meurtres). Ils sont normaux et à la fois atypiques. Ils s’en foutent pas mal de ces pouvoirs, s’en passerait bien et à la fois, vivent avec. Comme le souligne Nathan « On a des supers pouvoirs et on les utilise pas pour le mal, on craint ! ».

La série a cette qualité qui sied si bien aux Britanniques : un humour décapant et le politiquement incorrect. Il est aussi à noter l’esthétique de la série. Les couleurs bleutés, sombres, offrent une atmosphère inquiète contrastée par l’humour des personnages. Les gros plans sont rares, on filme le gore des assassinats sans se soucier de la bienséance. Il faut savoir apprécier le second degré pour encaisser certains passages assez angoissants (pour les plus sensibles).

A l’heure actuelle, Misfits ne compte qu’une treizaine d’épisodes à son actif et déjà un public acquis. Deux saisons, une troisième en route et une attente interminable. Sûr et certain que la série, déjà culte chez les amateurs de séries, sera bientôt placée au rang de ces grandes sœurs britanniques à l’image de Skins.

American Wives

“American Wives” est le nom français de la série américaine “Army Wives” qui, comme son titre l’indique dans l’adaptation ou la version originale, traite des femmes, de l’armée et par extension des familles qui se retrouvent embarquées dans cette vie si particulière. Pour une fois, ce ne sont pas les hommes sur le terrain qui sont mis en scène, comme on a pu le voir dans l’unique saison d’ “Over There”. Le premier épisode de la série a été diffusée aux Etats-Unis le 3 juin 2007 sur la chaine Lifetime. Elle a ensuite été exportée au Canada où elle a rencontré un franc succès lors de sa programmation sur la chaîne Historia. La série est toujours en cours de production à l’heure où je vous parle.

Les scénaristes s’efforcent de dépeindre au mieux le quotidien des conjoints de Militaires. On peut suivre la vie de quatre épouses et d’un mari restés sur la base de Fort Marshall pendant que leurs conjoints respectifs se retrouvent en mission, bien souvent à l’autre bout du monde.

La série se focalise sur la vie de personnages hauts en couleurs. Roxy est mère de deux enfants, mariée au sergent Trevor LeBlanc. Celle-ci devra faire face aux durs choix qu’imposent une blessure au genou pour un soldat, ainsi qu’à une relation compliquée et tumultueuse avec sa mère Martha, alcoolique notoire.

Pamela renonça à sa carrière dans la police lorsqu’elle rencontra le sergent Chase Moran, soldat dans la Delta Force. Elle se voit contrainte de gérer chaque mission de son mari sans la moindre nouvelle, ni même savoir où il est envoyé pendant des mois et des mois, ni même ce qui lui arrive.

Comme Pamela, Denise dut renoncer à sa vie d’infirmière lorsqu’elle tomba amoureuse du lieutenant colonel Frank Sherwood à la fin de ses études.

Claudia, femme du général Michael Holden, nous montre le côté bureaucratique d’une base militaire. Elle est très impliquée dans le milieu associatif, que ce soit pour l’aide aux conjoints restés au pays ou le soutien aux familles.

Roland, c’est l’homme de la bande. Il est médecin. Sa femme, le lieutenant colonel Joan Burton, part régulièrement en mission, tout comme le mari de Denise. Il est le point de vue masculin de la série. Il met un point d’honneur à gérer au mieux sa vie de famille ainsi que l’éducation de sa fille, malgré le manque affectif provoqué par les absences fréquentes de son épouse.

On peut aisément s’identifier aux différents personnages. Il y a la blonde sexy (Roxy), la rousse au fort caractère (Pamela), la brune BCBG (Denise), la femme derrière l’homme de commandement (Claudia), le roc fragile du groupe (Roland). Tous ont leurs propre histoire personnelle. Chacun vit à sa façon l’armée. Ils sont tous très attachants.

On se prend aussi d’affection pour ceux qui partent sur le terrain. Par exemple, pendant une cérémonie, Chase reçoit un appel de la Delta Force, se lève et part sans avoir le temps d’embrasser Pamela. Celle-ci se retourne, sentant un vide à côté d’elle et voit son mari 20 mètres plus loin, la regardant une dernière fois. Pour tout au revoir, c’est un signe de la main qu’ils se feront, tout en ayant conscience qu’aucun des deux ne sait quand ils se reverront l’un l’autre. De même, la saison 3 se termine en un bouquet final mémorable : le téléspectateur doit faire face coup sur coup à un suicide et un attentat meurtrier en moins de 5 minutes, avec pour fond sonore une magnifique reprise de “Fields of gold”. Note perso: je n’ai pas résisté à verser quelque larmes sur ce final de la saison 3.

Certes il faut apprécier les films et séries de guerres avec des soldats, des armes et un jargon par moment incompréhensible pour les non-initiés (ne vous inquiétez pas car les dialogues sont construits de façon à ce que vous ne soyez pas à la ramasse). Mais croyez-moi, on devient très vite dépendant de ces épisodes dominicaux : chaque dimanche une alarme retentit pour me réveiller et allumer la télé sur TMC à 10h15 !

Voici en quelques mots mon coup de coeur télévisé du moment ! En attendant une nouvelle communion télévisuelle avec vous ce dimanche.

Big Love

Comme toujours HBO règne en maîtresse des séries originales. Ce mois-ci, je vous emmène dans l’Utah pour rencontrer Bill Henrickson, homme d’affaire accomplit et mari de trois femmes.

Big Love traite d’un sujet tabou dans nos sociétés contemporaines : la polygamie.

Bill Henrickson a grandi dans le camp de Juniper Creek, une communauté mormone qui vit en complète autarcie du monde avant d’être jeter dehors. Il a alors monter une affaire lucrative de grandes surfaces tout en continuant de vivre selon « The Principal ». Bill possède alors trois maisons, trois femmes et une tribu d’enfants.
La première femme de Bill, Barbara, est l’épouse officielle. C’est elle qui représente en société, avec leurs deux enfants. La seconde épouse, Nikki Grant est la fille du puissance Roman Grant, le chef de Juniper Creek. Très respectueuse des traditions, elle vit pour sa foi et son mari. Enfin, la dernière femme, Margene Heffman, la plus jeune est complètement étrangère à la polygamie et a suivi Bill dans cette aventure par amour pour lui.

La série s’axe sur plusieurs points qui s’entremêlent. En effet, les familles Henrickson doivent apprendre à se cacher, la polygamie étant interdite. Il s’agit aussi pour Bill de gérer les émotions de ses trois femmes et veiller à ce que la logistique se passe bien. Mais c’est aussi travailler pour subvenir au besoin de cette grande famille. Et enfin, Bill doit faire face à des conflits familiaux et aussi au pouvoir de Grant qui n’a de cesse de réclamer de l’argent. Entre affaires de gros sous, histoires d’amour, de familles, de religion et de traditions, autant dire que Big Love est une série complète.

Big Love est un peu ovnis dans le monde des séries. On est habitué à ce que HBO nous offre des concepts novateurs (Six feet under, True Blood, Soprano), et Big Love n’échappe pas à la règle. Mieux encore, elle attaque un sujet tabou encore très actuel aux USA. Aussi, les scénaristes s’attachent à rendre humain les personnages. Surtout le héros principal, Bill, qui donne du fil à retordre aux téléspectateurs. En effet, Bill Henrickson est un personnage passionnant, à la fois détestable et aimable. C’est un homme fier, arrogant mais aussi en proie au doute. Derrière les intentions de protéger sa famille, il en ressort un homme blessé d’avoir été un lonely boy (nom donné aux jeunes garçons qui sont répudiés des communautés mormones) et un désir de revanche. Et puis, on se pose des questions sur cette affaire de « Princpal ». Sous couvert d’une religion, le voilà affublé de trois femmes, qui doivent procréer afin de perpétuer la lignée.

Big Love offrira aux féministes des premières heures des cheveux à tortiller. Les épouses de Bill ne sont pas soumises, elles ont du caractère et pourtant, la famille obéit à un système patriarcale évident. On ne peut s’empêcher, en jeunes femmes modernes, de grincer des dents face aux traitements de femmes, surtout au sein de la communauté de Juniper Creek. Les scénaristes de Big Love s’attachent à montrer deux angles de la polygamie en la personne de Bill et de Roman Grant. D’un côté, la polygamie est montrée comme choisie et assumée. D’un autre, celle-ci apparaît comme subie, violente et manipulatrice.

Big Love propose bien plus qu’un regard sur la polygamie. Elle parle aussi de la tolérance face aux minorités et à la religion tout en soulevant le débat. Elle ne prétend pas apporter la bonne réponse ni ce qu’il faut penser bien qu’elle soit légèrement biaisée.

Elle aborde aussi le monde dans sa complexité. Rien n’est noir ou blanc, et les choix auxquels Bill est confronté le pousse à ne plus être un homme droit. D’autant plus que celui-ci n’hésite pas à contourner le droit chemin pour parvenir à ses fins notamment dans la gestion de son entreprise ou lorsqu’il envisage de se présenter comme sénateur de l’Utah.

Bien sûr, Big Love aborde aussi la thématique de la famille avec ses trois formes atypiques qui, finalement, sont des morceaux de femme/famille idéale. La gardienne des valeurs familiales, la femme émancipée ou la fraîcheur des premières années de mariage. Tour à tour, les femmes de Bill vont prendre leur envol à leur façon, une manière de dire qu’elles peuvent aussi exister en dehors du foyer familiale atypique. Les scénaristes se sont attachés à faire évoluer ces femmes chacune de façon différente pour rejoindre un même point : être une femme indépendante qui a choisit sa vie.

Big Love est une série non standardisée. Comme de nombreuses séries diffusées sur HBO, elle dure presque une heure et le rythme est assez lent et lourd (à l’image de Six Feet Under). Lorsque l’on regarde Big Love, une fascination s’opère. De nombreuses fois, l’envie de décrocher pourra se faire sentir mais un sentiment étrange vous reliera à cette famille hors du commun. Parfois, certaines situations pourront vous révoltez, d’autres vous faire sourire… Mais une chose est certaine, vous ne sortirez pas indemne du visionnage des cinq saisons de Big Love.

Better with you

En ce temps encore hivernal, un peu de légèreté et de comique ne font jamais de mal grâce à Better with you.

Better with you relate l’histoire de deux sœurs bien différentes sous l’angle de leur relation amoureuse. D’un côté, Maddie, l’ainée, est en couple depuis 9 ans avec Ben. Leur relation est l’exemple type d’un couple à l’exception près qu’ils refusent de se marier. De l’autre côté, Mia, cœur d’artichaut, présente son énième nouveau petit ami, Casey, à sa soeur. Le couple est aux antipodes de leur aînés, et annoncent qu’ils se fiancent après seulement deux mois de relation et qu’il attendent un bébé. Et tout ceci avec la bénédiction parentale…

Cette histoire va mettre le doute dans le tranquille couple de Maddie et Ben : auraient-ils dû se marier ?

Au premier abord, Better with you apparaît comme une sitcom sympathique à l’image de Friends ou How I met your mother. En effet, la série prône le comique de situation mêlant quiproquos et situations rocambolesques.  Sans prétention, elle offre un divertissement agréable et d’assez bonne qualité.

Au-delà des scènes cocasses mettant en scène les conflits entre les deux sœurs, Better with you se propose également une vision du couple sur trois générations aussi intéressante que drôle.

En effet, chaque épisode démarre avec un thème sur la vie de couple qui se trouve reporté sur les trois couples. Les parents de Maddie et Mia, Maddie et Ben et enfin Mia et Casey. Le principe étant de montrer comment un souci ou un événement est traité dans le couple au différent stade de la relation. Aussi, il est amusant de constater les efforts réalisés au début d’une relation quant aux tâches ménagères jusqu’aux bassesses de la vie de couple après plus de 20 ans de mariage.

A noté que Better with you marque le retour de figures télévisuel avec Jennifer Finnigan (Amour, Gloire et Beauté, Close to home) et Joanna Garcia (Privilège, Reba, Gossip Girl).

Détail également amusant, chaque épisode commence avec “Better with …” à l’image de Friends qui commençait toujours par “Celui…”.

En conclusion, Better with you n’est encore qu’au stade embryonnaire dans le monde des séries. Il n’y a actuellement qu’à peine une petite dizaine d’épisodes disponibles. Il faudra attendre certainement le mois de juin pour connaître le sort définitif de cette série déjà prometteuse.

A propos de Save My Brain - Mentions légales - Contactez-nous