L’expo du mois

Edvard Munch – L’Oeil moderne

Edvard Munch l'oeil moderne bis

Il ne vous reste plus que quelques jours pour visiter l’exposition Edvard Munch au Centre Pompidou. Une grande rétrospective comme le musée parisien en a le secret, capable de nous surprendre dans la dernière salle.

Goudemalion, aux Arts Décoratifs

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Jean-Paul Goude est sans doute le créateur d’images le plus influent du vingtième siècle. Le musée des Arts Décoratifs lui dédie une rétrospective.

Hussein Chalayan au musée de la mode

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Le dernier créateur choisi par le Musée des Arts Déco est Hussein Chalayan. Si l’exposition se montre remarquable, elle présente avant tout le mérite de mettre en avant les trouvailles extraordinaires du styliste d’origine chypriote, impossibles à saisir avec une simple galerie photo.

France Fiction – Billes-Club Concordance Accident à la Galerie du Jeu de Paume

A la galerie du Jeu de Paume, le collectif France Fiction donne un regain d’honneur au jeu de billes, trop injustement infantilisé. Pourquoi cet amusement n’aurait-il pas le droit de briguer le rang aristocrate auxquels certains sports aspirent ?

Certains sports se la pètent. Le golf, le cricket, le polo… sont autant d’activités qui se pratiquent entre gens de bonne compagnie, au sein de clubs chichiteux à l’admission privée et à l’adhésion dispendieuse. Tout le contraire d’une partie de billes au fond d’une cour de récré. Le collectif France Fiction renverse cet état de fait.

La théâtralisation est le centre de l’installation du Billes-Club. En soi, les règles des jeux de billes sont aussi ancestrales que celles des sports de club. La différence vient du décorum qui l’entoure. Alors France Fiction met en scène des tapis de laine, des costumes pompeux, des armoiries à la gloire de la chiquenaude et tant d’autres fanfreluches héritées des sports nobles.

France Fiction fait passer la bille d’un innocent amusement enfantin à une activité grave, en tout cas sérieuse au point de revendiquer un cercle fermé. C’est par ce décalage que le Billes-Club fait mouche. Cette allégorie de l’aristocratie en fait ressortir toute la vanité : les jeux ne sont qu’un prétexte pour se retrouver entre gens de bonne compagnie, ne pas se mêler à la plèbe. Ils constituent en même temps une sorte d’avertissement de la suprématie d’une classe. Gentlemen, on joue désormais au golf dans les bidonvilles de Bombay…

L’installation court jusqu’au 25 septembre, entrée en combinaison avec les expositions de Claude Cahun et Santu Mofokeng.

Madame Grès au Musée Bourdelle

L’histoire de la maison Grès se dévoile dans un lieu inhabituel et magnifique : le musée Bourdelle.

Pour la première fois, le musée Galliera expose hors de ses murs avec une rétrospective consacrée à Alix Grès. Un thème des plus intéressants, qui répond à l’expo des Arts Déco sur Madeleine Vionnet il y a quelques mois. Mais oublions la triste aile nord du Louvre où Save My Brain a l’habitude de traîner ses guêtres pour vous faire découvrir les expos de mode. C’est cette fois au musée Bourdelle, à deux pas de la Gare Montparnasse, que cela se passe.

Dans l’esprit, cette exposition sur Madame Grès rappelle les « envahissements » du château de Versailles par des artistes contemporains. Ici, les robes, photos et croquis investissent le musée Bourdelle, se glissent entre deux sculptures et s’éparpillent au gré des salles et anciens ateliers. Quel environnement plus naturel pour les œuvres de celle qui considérait la couture comme un art presque identique à la sculpture ?

Les créations d’inspiration antique d’Alix Grès dialoguent à merveille avec les sculptures monumentales d’Antoine Bourdelle. Du choix des pièces présentées à la scénographie en passant par les textes explicatifs, cette exposition se révèle un sans-faute absolu. Rares sont les rétrospectives d’une maison de couture aptes à passionner le grand public. Celle-ci en est la preuve.

Ne manquez pas notre galerie Flickr de l’exposition Madame Grès.

Redécouvrez l’histoire de la maison Grès.

Odilon Redon au Grand Palais

Rarement à l’honneur, Odilon Redon fait l’objet d’une rétrospective aux galeries du Grand Palais.

Peut-être vous rappelez-vous cette publicité pour la Volkswagen Golf il y a quelques années. On y voyait un galeriste un brin suffisant tenter de convaincre un acheteur potentiel. Des toiles gigantesques, uniformément noires ou presque. Puis dans la salle suivante, des peintures ultra colorées, le galeriste justifiant la rupture de style par le fait que l’artiste ait changé de voiture entre temps.

Ce spot revient immanquablement en tête à la vue de l’œuvre d’Odilon Redon. Noir au début, coloré à la fin. Tout a commencé avec des fusains et lithographies uniformément noires, sur des thèmes plutôt angoissants. On y voit des intérieurs de cachots, une araignée velue aux yeux tendres… Autant d’images qui avaient valu à Redon une place de choix il y a quelques années dans une expo au Louvre intitulée « La peinture comme crime ». Tout un programme.

Au Grand Palais, on découvre ou redécouvre avec plaisir et curiosité ces dessins si variés dans leur uniformité sombre. Les spécialistes se régaleront d’y voir les recueils d’illustrations originales des histoires d’Edgar Poe.

Puis arrivent les dernières œuvres (colorées) de Redon et c’est une sorte de déception. Non que la maîtrise soit absente. Mais on se dit que pour représenter un vase de fleurs, il y a bien plus de candidats que pour les sombres images des débuts. Alors même si on est curieux d’avoir fait la découverte d’un Redon en couleurs, on retournera tout de même du côté obscur de l’artiste.

François Morellet – Réinstallations au Centre Pompidou

Le Centre Pompidou fait en ce moment honneur au plasticien François Morellet. Une exposition un peu particulière où le visiteur peut agir sur les œuvres.

D’aucuns pensent que le musée est une installation poussiéreuse. C’est notamment le cas de Jean-Claude Convenant, qui amène son fils Jason en visite au musée pour le punir le mercredi après midi. Las, ce brave (?) père de famille en sort encore plus déboussolé que son garnement de fils.

Marcel Duchamp devait penser la même chose. Dès le milieu des années 1910, il crée un véritable électrochoc avec ses ready-made : ce n’est plus la nature de l’objet qui fait l’œuvre mais le choix de l’artiste et, surtout, son lieu d’exposition. Il est lassant de dire et de ressasser que Duchamp a tout inventé mais ce n’est pas faux. En 1947, il invite le spectateur à entrer en interaction avec l’œuvre (Prière de toucher) alors que son Anemic Cinema a jeté les bases de l’art optique et cinétique. Ayant défriché à tout va, Duchamp a ouvert la voie a tout une génération : les nouveaux réalistes qui ont compris que le lieu d’exposition pouvait faire l’œuvre, les minimalistes qui se sont engouffrés dans la brèche de l’op art, les tenants du happening qui ont été convaincus que l’art était avant tout un geste de l’artiste…

Parmi eux, François Morellet a choisi l’art optique, il est d’ailleurs un des fondateurs du GRAV (Groupe de Recherche d’Art Visuel). Et si je vous ai parlé de Prière de toucher et d’Anemic Cinema, ce n’est pas par hasard : le mélange des innovations de ces deux œuvres de Duchamp ont laissé libre cours à l’imagination de Morellet. Les installations présentées au centre Pompidou jouent avec l’optique (persistance rétinienne, surface d’eau qui se trouble…), souvent de manière commandée par le spectateur.

Quand on fait de l’abstraction, il faut bien choisir une marotte pour savoir comment abstraire. François Morellet a un goût très sûr pour les mathématiques. Jouant beaucoup avec les néons (comme Dan Flavin), il les organise de façon rigoureuse. Par exemple selon les décimales du nombre Pi (π rococo n°22, 1 = 10°). Ou encore suivant des angles bien précis, destinés à donner un certain effet visuel (l’Avalanche). Parfois, ce sont des branches de bois, qui poursuivent de manière un peu anarchique une forme soigneusement et géométriquement tracée d’un trait noir bien net (Géométrée n°5, Arcs de cercles complémentaires). Souvent, le spectateur se retrouve aux commandes, ici d’un interrupteur pour jouer avec une partie des néons de l’installation (2 trames 45°-135° de néons interférents), là d’un bac à eau dont la surface troublée déforme le reflet d’une grille de morpion (Reflets dans l’eau déformés par le spectateur).

Il serait exagéré de dire que les installations de François Morellet sont révolutionnaires. Elles apportent toutefois une proximité avec le visiteur bien amusante. Une expo comme un vrai divertissement, voilà qui pourrait plaire à Jason Convenant. Sale gosse !

Aéroport de Madrid – Richard Rogers

Une fois n’est pas coutume, nous allons délaisser pour notre visite du mois les musées pour… un aéroport. Le terminal 4 de Madrid Barajas, signé Richard Rogers est un exemple des plus spectaculaires des leitmotive de l’architecture de ce célèbre cabinet.

L’aéroport de Madrid n’est assurément pas le plus célèbre des bâtiments de Richard Rogers. Le Centre Georges Pompidou, à Paris, arrive bien entendu en tête des suffrages, suivi par le Dôme du Millenium à Londres. Achevé en 2005, cet édifice reprend les traits de caractère les plus spectaculaires, communs aux créations de Richard Rogers.

- Structure externalisée. Un aéroport, comme un musée ou une usine, nécessite de grands volumes flexibles. Lors de la conception du Centre Georges Pompidou, Richard Rogers a imaginé une sorte de cage à poules, qui définit les contours du bâtiment. Ces piliers externes dégagent les étages de tout élément de structures. Les galeries sont ainsi modulables à merci, grâce à des parois amovibles. L’architecte a poussé le concept encore plus loin avec le laboratoire de PA Technology à Princeton dans le New Jersey (Etats-Unis) : la structure est carrément suspendue à un échafaudage par l’intermédiaire de haubans, dégageant le rez-de-chaussée de tout élément de structure.

Dans le cas de l’aéroport de Madrid, Richard Rogers a adapté cette idée de structure externe aux besoins d’un aéroport. Celle-ci sert à la fois d’élément d’aménagement et de signe particulier du bâtiment. En effet, la forme du toit en vague donne tout son caractère à l’édifice. Mieux : les soixante-cinq piliers de la plus longue coursive du terminal (qui mesure un peu plus d’un kilomètre de long) forment un dégradé de couleurs allant du rouge sombre à l’indigo en passant par le jaune.

- Conduites visibles. Enfant, Richard Rogers aimait à démonter les objets qui lui tombaient sous la main, pour « voir comment ils étaient faits à l’intérieur ». Avec l’âge, l’architecte a conservé ce goût pour les entrailles mécaniques. Ainsi, nombre de ses bâtiments donnent à voir au visiteur les conduites d’eau et de ventilation. Dans le Centre Pompidou, celles-ci sont même symbolisés par des couleurs différentes, correspondant à leur usage.

L’aéroport de Madrid-Barajas ne fait pas exception à la règle : la plomberie y est volontairement mise en avant, tant pour dégager la structure des éléments techniques que pour un goût prononcé de leur exposition.

- Organisation tridimensionnelle des espaces. Sur des bâtiments aux dimensions aussi monumentales, la gestion des flux et des espaces est une problématique primordiale. Richard Rogers a donc eu pour souci de créer une interaction entre les différents étages des bâtiments. Tel est le cas du Forum du Centre Georges Pompidou ou du majestueux hall d’accueil du siège de la Lloyd’s à Londres.

Quasi systématiquement, les aéroports sont divisés entre étages de départ et d’arrivée. Celui de Madrid se distingue par ses « canyons », vastes patios vitrés perçant les coursives sur toute leur hauteur. Ainsi, l’ensemble des zones de l’aéroport est éclairé par la lumière du jour.

- Dans le détail. Outre ces grands principes de conception, l’aéroport de Madrid Barajas reprend nombre de « gimmicks stylistiques » vus sur d’autres édifices signés Richard Rogers. Il en est ainsi des panneaux d’affichages à diodes, identiques à ceux du Centre Pompidou, des escaliers de secours similaires à ceux du siège de la Lloyd’s ou encore du toit en bois, rappelant les œufs rappelant ceux du Palais de Justice de Bordeaux.

Ne manquez pas notre galerie Flickr de l’aéroport de Madrid

Mondrian/De Stijl au Centre Pomidou

Le Centre Georges Pompidou est un spécialiste des grandes rétrospectives. C’est désormais au tour du néerlandais Piet Mondrian, un des fondateurs du mouvement De Stijl. Particularité de l’exposition : celle-ci de s’arrête pas à l’artiste mais s’intéresse également à l’histoire du mouvement.

Tout le monde connaît les fameuses compositions de Mondrian, mêlant lignes noires et aplats de couleurs primaires. Que ce soit par les livres d’histoire de l’art ou la robe d’Yves Saint Laurent inspirée par l’artiste en 1965, le motif est archi connu, immédiatement associé à l’artiste. Pour tout un chacun, composition abstraite + couleurs primaires = Mondrian.

Ce serait bien réducteur ! Lors de la visite, le choix d’avoir présenté conjointement l’histoire de Mondrian et celle du mouvement De Stijl (et de la revue associée) apparaît des plus pertinentes. L’artiste n’a en effet pas inventé grand-chose tout seul. Il apparaît au vu des œuvres exposées que la lente constitution de ce style particulier n’est due qu’à l’émulation des membres du mouvement De Stijl. Mondrian ou ses compères ? Même combat. Il est souvent bien difficile de distinguer les œuvres de tel ou tel artiste, tant les pattes sont semblables.

Alors, décevante cette expo ? Pas vraiment. Déjà, cette découverte vaut la visite. Ensuite, comme toutes les expos du Centre Pompidou, elle se pose comme une référence sur le plan de la documentation présentée. Seul bémol, la déambulation au sein des allées, sans se montrer aussi catastrophique que celle de l’expo Dada il y a quelques années, pourrait être plus logique. On a un peu de mal à comprendre pourquoi le chemin nous fait commencer par De Stijl, puis Mondrian avant de revenir sur De Stijl.

Cette rétrospective est donc enrichissante. Dommage que le Centre Pompidou ait profité de cette double expo pour faire paraître un double catalogue. Deux fois cinquante euros, cela risque fort d’en faire réfléchir plus d’un !

L’exposition Mondrian/De Stijl court jusqu’au 21 mars 2011

Baba Bling au Musée du Quai Branly

Pour son exposition Baba Bling, le Musée du Quai Branly s’intéresse aux immigrés chinois de Singapour. Le terme Baba, utilisé à Singapour, désigne un homme chinois. Les Babas se sont intégrés à Singapour dès le XIVème siècle, ainsi qu’en Malaisie. Dans ce dernier pays, on utilise le terme Peranakan pour désigner cette communauté d’immigrants chinois installés en Asie du Sud-Est.

Baba ou Peranakan, peu importe l’appellation. Cette communauté a eu pour particularité de développer sa propre culture, en constante évolution au fil des ans. Si les us et coutumes asiatiques ont longtemps perduré, ceux-ci se sont peu à peu fondus, voire ont laissé la place à une influence occidentale liée à la présence Britannique dans la péninsule Malaise.

L’exposition Baba Bling couvre de manière assez éclectique la vie de cette communauté : cuisine, commerce, mœurs… Le tout est illustré par de nombreuses pièces de musée, typiques des intérieurs peranakan. Les maisons typiques y sont reconstituées salle par salle, pour mieux s’imprégner du mode de vie de cette communauté. Quant aux vêtements traditionnels, ils raviront à n’en pas douter les passionnés de costume.

Save My Brain vous fait gagner des places pour l’exposition Baba Bling grâce au magazine Trois Couleurs.

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