Numéro 9

Monter un meuble ikea

Monter un meuble ikea

Valérie Damidot ayant remis la déco au goût -plus ou moins douteux- du jour, vous occupez maintenant vos samedi soirs chez Ikea à la recherche de nouvelles idées pour parfaire votre intérieur. Et en bonne aventurière, vous ne vous limitez pas au changement de votre verre à dent.

Jean-Charles de Castelbajac

Jean-Charles de Castelbajac occupe une place à part dans le monde de la mode. Tournant le dos aux canons habituels, ses créations prônent un look fun qui n’appartient qu’à lui. Portrait d’un créateur singulier.

Le personnage

Jean-Charles de Castelbajac a mis très tôt les pieds dans la mode. C’est pour Ko & Co, la maison de sa mère Jeanne-Blanche, qu’il a créé sa première collection, à l’âge de dix-sept ans. L’année d’après, Jean-Charles de Castelbajac crée sa première collection sous son nom. Ce défilé annonce la suite, avec notamment l’utilisation de matériaux inédits dans le domaine de la mode.

Les rencontres se font nombreuses et fructueuses, sur le plan de l’inspiration tout du moins. Ses relations avec des artistes (Andy Warhol, Jean-Michel Basquiat, Annette Messager…) donneront lieu à des collaborations ou des hommages, une des caractéristiques capitales des créations de la griffe. On peut aussi imaginer que la fréquentation au milieu des années de Vivienne Westwood et son mari d’alors, Malcom McLaren est pour quelque chose dans l’insolence de son travail. Une rencontre qui le conduisit à assister à un concert des Sex Pistols en 1976. Le début de l’influence rock ?

D’aucuns ont surnommé Castebajac le “Courrèges de années 1970″. Prémonitoire ? Les deux couturiers ont signé ne collection commune en 1993. Comme dans de nombreuses maisons bien établies, de grands noms sont passés chez Castelbajac, ou plus exactement chez Ko & Co. Parmi eux Chantal Thomass et Kenzo Takeda.

Son style

Le style Castelbajac affiche une philosophie assez différente de la majorité des grandes maisons. Là où Valentino ou Chanel, par exemple, recherchent le plus souvent l’élégance suprême, Castelbajac propose des créations plus insolentes, moins “portables” aussi. Une philosophie de la couture qui le rapproche plutôt de Rei Kawakubo (Comme des Garçons) ou Garreth Pugh. Cependant, Jean-Charles de Castelbajac a ses propres spécificités qui rendent son style reconnaissable entre tous. Un mélange de plusieurs univers.

Une influence évidente est celle du rock, que ce soit dans les noms utilisés ou certains graphismes. Ainsi, les initiales JC DC sont parfois détournées pour former un logo rappelant fortement celui du groupe AC DC. Sa collection Rockmantica, ou l’exposition Gallierock qui lui est consacrée trahissent également cette inspiration musicale. Plus qu’une simple source graphique, le rock influe aussi la manière générale de travailler de Castelbajac. C’est ainsi qu’au sein d’une collection, apparaît souvent un élément répétitif, sorte de gimmick visuel. Pour Rockmantica, il s’agit de la Toile de Jouy ; pour Once Upon a time, c’est le smiley.

Diamétralement opposé à cela est l’influence d’un univers enfantin, celui du jouet, omniprésent dans les formes et couleurs. Des teintes vives et tranchées, des coupes simples… Certains motifs semblent directement issus d’un magasin de jouets, Rubik’s cube ou Lego paraissant les inspirations de certaines pièces particulièrement typées. Au-delà de cet aspect, Castelbajac semble se nourrir du monde des contes merveilleux. Les couleurs évoluent alors vers les pastels pour plus de douceur et le blanc synonyme de pureté est à la base de tout.

Castelbajac et l’Art

Si les ponts entre l’art et la mode sont de plus en plus nombreux, Jean-Charles de Castelbajac y est certainement pour quelque chose. Tout a commencé avec les robes-objet. Celles-ci s’inscrivaient dans la lignée du pop art : l’objet, la société de consommation mise en exergue. Le sujet devient le quotidien, à l’époque l’American Dream et la publicité qui en découle, avec ses images au graphisme immédiatement reconnaissable. C’est ainsi qu’Andy Warhol, publicitaire à ses débuts, peint une boîte de Campbell’s Soup. Par la suite, Castelbajac lui rend hommage avec la robe boîte de soupe directement extrapolée de ce tableau.

Jean-Charles de Castelbajac creuse cette idée et la développe, au point de s’affranchir de l’oeuvre de départ. Naît ainsi une série de robes objets, reprenant la philosophie publicitaire de Warhol. L’influence du pop art est toujours là, pour des formes inhabituelles.

Le couturier va plus loin avec les robes-tableau. Sur ces dernières, il convient de s’interroger sur le statut de cette création. Oeuvre d’art ou objet de mode ? La toile est une robe toute simple, confiée par Castelbajac à un artiste pour qu’il s’exprime dessus à loisir. Bien entendu, chacun le fait selon sa sensibilité et philosophie, de manière que les robes tableaux affichent une belle diversité. Une des plus célèbres est celles de Ben. Selon ses propres termes, l’initiateur du mouvement Fluxus signe tout. Et avant de parapher les chaussettes, trousses, cartables ou autres prêts bancaires, Ben a inscrit en lettres blanches « Je suis toute nue en dessous » sur une robe noire. Vérité ? On peut en douter, chacune ayant à loisir de la porter comme bon lui semble. Le site de Castelbajac affiche d’ailleurs en surimpression cette robe et un « Oooops I lied » révélateur. Il n’empêche que l’inscription est là pour interpeler, amuser et faire réfléchir celui (ou celle) qui la lit. La philosophie de Ben qui tient en une phrase, comme sur chacune de ses productions.

Célébrités

Que serait un couturier sans ses muses ? Nous l’avons vu, l’art contemporain a une importance capitale dans la démarche de Jean-Charles de Castelbajac. En partie liée à son amitié avec des artistes. Ceci lui a valu d’habiller Andy Warhol, notamment. Voici quelques autres célébrités habillées par Castelbajac.

Une des commandes les plus extraordinaires eut sans doute lieu en 1997. Les Journées Mondiales de la Jeunesse se tenaient alors à Paris. Jean-Charles de Castelbajac eut pour mission de signer les habits du pape Jean-Paul II. Une création où le style Castelbajac est sublimé, avec un fond de blancheur faisant ressortir des croix chrétiennes de toutes les couleurs. Des couleurs qui répondent aux habits des ecclésiastiques, comportant un arc en ciel dans le dos.

Changement total de registre quelques années plus tard avec la jeune chanteuse Alizée. La protégée de Mylène Farmer cartonne alors avec son premier album, Gourmandises. Lors des prestations télévisées, Alizée défend la chanson titre de l’album en Castelbajac. Une petite robe assez simple dans sa coupe, mais colorée comme l’est du Castelbajac. La ceinture « Miam Miam » finit d’ajouter la touche de fantaisie et d’humour nécessaire tout en faisant écho au titre du single.

Bien entendu, Mareva Galanter, l’ex miss France et chère et tendre de notre couturier s’habille en Castelbajac. Et lorsque Mareva se lance dans la musique, avec son album Yukuyéyé, Jean-Charles est de la partie, notamment pour les tenues des clips. Il lui a même écrit un titre, Miss Hinano.

Après l’immense succès de Notre-Dame de Paris, Richard Cocciante espère rempiler avec une nouvelle comédie musicale, Le Petit Prince. Daniel Lavoie est de nouveau de l’aventure, dans le rôle de l’aviateur, habillé comme tous les autres personnages par Castelbajac. Des costumes d’une pureté extraordinaire, reflétant parfaitement l’ambiance onirique et merveilleuse de l’oeuvre de Saint Exupéry.

Dernière muse en date, l’insolente chanteuse belge Yelle. Le clip de Je veux te voir est totalement dans le style Castelbajac. Robe smiley issue de la collection Once Upon a time, couleurs vives et formes simples. La philosophie impertinente et rebelle de Yelle est en adéquation avec celle de JC DC. Pas de recherche de l’harmonie musicale, une volonté évidente de provoquer… Pas de doute, Yelle semble être une ambassadrice parfaite de la griffe Castelbajac.

Design

Une des particularités de Castelbajac est d’être très éclectique. A la manière d’un Courrèges, par exemple, Jean-Charles est un véritable touche à tout, un trait de caractère sans doute dû à son style particulier, qu’il cherche à transposer dans tous les domaines. Passionné de mécanique, il a signé plusieurs automobiles. La première fut la Rinspeed Mono Ego, en 1997. Rinspeed est un petit carrossier suisse (officiant également dans la personnalisation sur Porsche), parmi les plus fantaisistes et créatifs au monde. Un bon exemple est sa dernière création, la sQuba, voiture sous-marine inspirée par James Bond. Destinée à fêter les vingt ans de Rinspeed, la Mono Ego se veut l’interprétation moderne des monoplaces classiques des années 1950. La décoration enjolive des lignes assez molles tout en affirmant la signature Castelbajac par ses couleurs et son graphisme.

En 2000, Castelbajac a en quelque sorte transposé son concept de robe-tableau sur une voiture. La première collaboration du genre eut lieu en 1973. Il s’agissait alors d’une demande d’Hervé Poulain, commissaire-priseur et gentleman-driver à son ami Alexander Calder pour décorer sa BMW en vue des 24 heures du Mans. La série s’est ensuite poursuivie avec de grands noms : Andy Warhol, Frank Stella, Arman… Jean-Luc Maury-Laribière, coéquipier et ami d’Hervé Poulain a ensuite repris le flambeau choisissant de se tourner vers Castelbajac en 2000, toujours pour les 24 heures du Mans. Une décoration douce et colorée, avec une carrosserie blanche constellée de petits oiseaux multicolores.

Mais c’est en 2004 que Castelbajac a sans doute eu l’idée la plus intéressante. En collaboration avec Smart, le couturier a créé le prêt à porter automobile. Explication. Il s’agissait d’un kit vendu séparément, adaptable sur n’importe laquelle des versions de la petite citadine. Ce kit comportait un jeu d’autocollants pour recouvrir les panneaux de carrosserie, des housses de sièges (sur laquelle était inscrite la définition du mot “smart” issue du petit Larousse), un sac assorti à la carrosserie et un nounours, du même tissu que le sac. Plusieurs modèles étaient disponibles, camouflage militaire, mots croisés, décor indien… Une initiative intéressante, non renouvelée pour l’instant. Il faut dire que le kit était assez cher (1100€ pour la version camouflage limitée à 100exemplaires, 1700€ pour les autres). A noter qu’il était présenté en concession sur un cintre.

Le domaine du mobilier est certainement un des domaines où les designers trouvent le plus à s’exprimer. En toute logique, Castelbajac s’y est essayé, avec des pièces qui lui ressemblent : lignes simples et couleurs vives, à l’image de ce fauteuil.

* Cahier de vacances 2010 – Article initialement publié le 23 juin 2008

Edito n°9

Save My Brain numéro 9 - édito

L’heure des grandes vacances a enfin sonné !

Ah, quelle joie de retrouver des mots aussi plaisants que soleil, plage ou encore farniente après le stress des exams, le rush du travail ou encore l’insupportable mauvais temps. L’été s’annonce donc enfin comme un répit salvateur avant de retrouver un laborieux quotidien dès septembre…

Mais que les moins chanceux se rassurent, ceux qui seraient notamment condamnés à passer leur été sous la clim déréglée de leur bureau… Souvenez-vous que les vacanciers subissent aussi tout un tas de désagréments liés à la période estivale, ce qui vous confortera dans l’idée que finalement, vous êtes plutôt bien chez vous. Pour vous, pas de valises surchargées à trimbaler, ni d’embouteillages monstrueux à supporter. Ne parlons même pas des coups de soleil !

Et puis surtout, vous qui restez derrière votre écran, vous avez mieux qu’un séjour à la mer / campagne / montagne (rayer la mention inutile) pour vous aérer l’esprit. Car oui, vous au moins, vous avez devant les yeux le neuvième numéro de Save My Brain. Et ça, ça vaut toutes les vacances du monde !

Bonne lecture !

Les escarpins à talons inversés

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La mode c’est chouette. Mais c’est aussi plein de paradoxes. Elle se renouvelle tout le temps, il y a beaucoup d’innovations mais on me dit aussi que c’est un éternel recommencement. Alors qui croire ?

Les nouvelles tendances déco

Les nouvelles tendances déco

Depuis quelques temps, une nouvelle tendance semble faire fureur : j’ai nommé, la décoration d’intérieur (“déco” pour les intimes). Cet engouement pour la déco a suscité de nombreuses vocations (“Mais oui chéri, regarde, c’est facile à monter soi-même, cette étagère Ikea”) et moult magazines et coachs déco ont fleuri sur le marché.

Risa Wataya – Appel du Pied

Hasegawa est au collège. Elle se sent différente des autres élèves : elle est à l’écart de la vie de sa classe et ne fait rien pour y remédier. Elle se rapproche alors d’un autre rebut du collège : Ninagawa. Ninagawa se sent lui aussi, à l’écart des autres et ne vivant que pour une chose : Oli Chang, une jeune star japonaise.

L’ambiance est lourde et tellement réaliste dans ce monde de la jeunesse japonaise. Il est dur d’être collégien et de s’intégrer, et ça, Risa Wataya, la plus jeune lauréate du prix Akutagawa, le Goncourt japonais, le retranscrit admirablement bien. Le livre est bref, prenant, poignant, mais pas une fois, la tristesse ne se fait ressentir. On découvre également des zestes de la culture japonaise, différente, mais non moins intéressante, de la culture européenne.

Mr Roux – Ah si j’étais grand et beau…


Mr Roux est une sorte de Renaud. Crus, parfois violents, le réalisme de ces textes vous frappe de plein fouet. Ils sont trois sur scène, Mr Roux est accompagné par deux acolytes aux pseudonymes bien étranges, Jauni Bernardo à la guitare et Brandon Michel à la contrebasse. Trois amis, trois instruments qui ne forment qu’un et s’harmonisent à merveille. Sur des rythmes jazzy tantôt endiablés, tantôt plus calmes, Mr roux nous parle des méchants, des gentils qui gagnent à la fin (“Le bouffon de la cité”), des laissés pour compte (“Le clodo”, “Le vaurien”), de lui (“Ah si j’étais grand et beau”, “Petite pouff”, “Ma mère la pute”), et pour cela sa meilleure arme reste l’autodérision et le politiquement incorrect. Il traite de sujets intraitables et de tous les sujets sociétaux possibles à l’image de “Norredine” et le racisme dans le travail, “Les papiers sacrés” où il met en pièce toutes les religions, “Ta femme” où l’adultère devient un jeu, “La poche” où un alcoolique notoire en devient presque touchant ou encore l’une des plus émouvantes “Ma mère la pute” où l’on ressent tout l’amour de ce petit bonhomme pour sa maman au métier si peu commun, Un “Petit Rasta” qui se fait démonter de toute pièce (et ça fait du bien !) ou encore “L’homme ordinaire” au parole si juste et inquiétante au sujet de la banalisation de la violence et de l’indifférence à l’autre :

Moi, j’suis qu’un homme ordinaire

On est des milliards comme ça sur terre

A attendre une guerre ou une dictature

Pour révéler au monde notre pourriture

Moi, j’suis qu’un homme ordinaire

Rien qu’un salaud exemplaire

Mes lâchetés, mon indifférence

Font de moi un bourreau en puissance .”

Mr Roux sait nous émouvoir et nous transporter dans son univers avec des mots qui ne le sont pas toujours. Ces chansons pourraient être du Truffaut ou du Chaplin pour certaine. Mr Roux à écouter absolument, un univers à découvrir pour se sentir bien, mieux…

A écouter : “Un homme ordinaire”, “Les papiers sacrés”, “Le bouffon de la cité”

Alanis Morissette

“An older version of me/ Is she perverted like me?/Would she go down on you in a theater?” On se souvient tous des paroles vengeresses adressées par une Alanis trompée à son ex, dans une chanson qui a défrayé la chronique musicale, “You Oughta Know”, jusqu’ici pas habituée à laisser les filles s’exprimer si librement sur les petites gâteries faites à leurs partenaires en plein cinéma. Sorti en 1995, Jagged Little Pill et ses trente millions d’exemplaires vendus à l’international est le pavé dans la mare qui a révolutionné les règles d’un songwriting au féminin, et de ce qui fait sa force et ses faiblesses. Car, qui mieux qu’Alanis, peut parler de haine, amour et chagrin d’une manière aussi franche et poétique ? A l’évidence, peu de personnes peuvent se mettre autant à nu qu’elle dans des titres qu’on croit bien volontiers directement tirés de son journal intime.

Mais, à trop se livrer dans ces bouts de vie qu’elle nous donne à partager, le piège est que la chanteuse ne perçoive plus la frontière qui la sépare de son public. Cette confusion entre vie publique et vie privée n’est-elle d’ailleurs pas ce qui l’a influencée dans le choix du titre de son dernier album Flavors of Entanglement (en français, “Parfum d’Enchevêtrement”) ? Il semblerait que justement celui-ci s’émancipe un peu de l’autobiographie pure et dure pour prendre des accents universalistes voire spirituels. C’est en tant que “citoyenne de la planète” que l’Américano-Canadienne use et abuse de ses ressources littéraires pour nous dévoiler un septième album à la dominante électro et world entêtante que les critiques s’empressent déjà de considérer comme l’un des meilleurs de sa carrière. Après avoir ravi le public français réuni pour l’occasion de son concert au Zénith le 6 juin dernier, l’artiste repart à la conquête de ses fans après trois ans d’absence scénique. A la voir aussi inspirée, une question s’impose : quel est le moteur de Mademoiselle Morissette?

Now is the time

Bien plus que le fruit du hasard, la réussite d’Alanis tient à un travail et une détermination de longue haleine. Née le 1er juin 1974 à Ottawa, d’Alan Richard Morissette, principal de lycée franco-canadien et de Georgie Mary Ann Feuerstein, professeur d’origine hongroise, la jeune fille développe très tôt une inclinaison pour le domaine artistique. Pour l’anecdote, son prénom si original, Alanis le devrait à son père, qui souhaitant trouver un équivalent féminin à son prénom, l’aurait découvert dans un quotidien grec. Pas plus tard qu’à l’âge de 6 ans, celle-ci commence l’apprentissage du piano et écrit sa première chanson à seulement 10 ans. C’est en 1984 qu’elle enregistre une maquette de “Fate Stay With Me” et l’envoie à un musicien folk local, Lindsay Morgan, qui l’intronise derechef comme sa protégée. Ecoulé à quelques copies, le single est quand même diffusé sur les ondes de la capitale.
Après s’être présentée à des auditions pour l’émission Star Search (l’équivalent de la Nouvelle Star), et avoir été recalée au premier tour, la chanteuse en herbe persévère et décroche un contrat avec le label MCA en 1988, qui lui permettra de sortir ses deux premiers albums : Alanis et Now Is The Time, respectivement en 1991 et 1992. Largement inspiré par la dance pop ambiante, le premier est un véritable succès, propulsant des titres comme “Too Hot”, “Walk Away” et “Feel Your Love” au sommet des charts canadiens. A seulement 18 ans, Alanis rafle déjà trois Juno Awards, (équivalents de nos Victoires de la Musique) et, reconnaissance s’il en est, on la compare déjà aux chanteuses sur-brushées Tiffani et Debbie Gibson !

Sorti l’année suivante, Now Is The Time est quant à lui un flop retentissant. Surfant toujours sur la vogue musicale pop, la chanteuse signe encore la co-écriture des titres avec son producteur Leslie Howe, s’autorisant des paroles un peu plus élaborées. Bien mal lui a pris : les singles “An Emotion Away”, “No Changes” et “(Change Is ) Never a Waste of Time” n’arrivent pas à faire décoller les ventes de l’album qui peine à réaliser la moitié du score du premier… Outre ce revers cuisant, son contrat avec MCA ne portant que sur deux albums, Alanis se retrouve remerciée sans ménagement.

Une fois les études secondaires qu’elle suivait brillamment en parallèle terminées, la jeune fille quitte Ottawa pour Toronto avec l’espoir d’y faire des rencontres musicales fructueuses. Quelques mois suffiront pour lui prouver le contraire. Un voyage vers Nashville, capitale de la musique country, se révèlera tout aussi stérile. Plus que déterminée à trouver un collaborateur, Alanis pose finalement ses valises à Los Angeles. Celle-ci ne le sait pas encore, mais elle n’a jamais été aussi bien inspirée.

Petite Pilule Dentelée

Avec la choucroute capillaire et la pop pure glucose de ses premiers albums, on peut dire qu’Alanis revient de loin ! Pour peu qu’elle ait continué dans cette voie, celle-ci aurait pu mal tourner et devenir une autre Shania Twain ou Céline Dion, remplissant le créneau déjà bien rôdé des chanteuses “à voix” canadiennes. Heureusement pour nous, l’artiste en herbe se découvre une sensibilité beaucoup plus rock et commence à collaborer avec un nombre croissant de musiciens. C’est justement lors de ces riches rencontres que celle-ci fait la connaissance du compositeur et producteur, Glen Ballard, qui va, selon ses propres mots, la révéler à elle-même.

Entre eux deux, c’est le coup de foudre artistique et en moins d’une demi-heure de conversation, les deux comparses commencent à se mettre au travail dans le studio de Ballard situé à San Fernando Valley, Californie. De cette première session expérimentale, la chanson “The Bottom Line” sera écrite à quatre mains, devenant par la suite la base du hit “All I Really Want”. A mesure des entrevues, Alanis développe une confiance grandissante envers Ballard, allant jusqu’à dire qu’il fut le premier collaborateur à l’avoir encouragée à exprimer ses sentiments. Preuve de cette symbiose sans fausse note, le titre “Perfect” est improvisé en vingt minutes et sera inclus tel quel dans Jagged Little Pill (en abrégé, JLP).

Or dans la “cité des anges”, la jeune artiste ne se fait pas que des amis. Une nuit, celle-ci est même attaquée par un voleur à main armée qui la dépouille sans toucher cependant au brouillon de l’album en préparation. A peine remise de cette expérience malheureuse, Alanis en tire tout de même une leçon pleine de philosophie : les coups du sort, il faut les accepter, à l’image de cette petite pilule dentelée difficile à avaler (traduction littérale de Jagged Little Pill). Profondément marquée, la jeune chanteuse surmonte son anxiété en couchant sur papier toute sa rage, ses angoisses et ses espoirs qui formeront les paroles de son premier album international.

Enregistrées au cours de 1994, les maquettes de JLP témoignent d’une spontanéité toute naturelle. Alanis écrit toutes les paroles, joue de l’harmonica et indique la trame musicale tandis que Ballard l’accompagne à grand renfort de guitares, claviers et percus. Enregistrées en seulement une ou deux prises, certaines des démos ne seront même pas réarrangées par la suite : “All I Really Want”, “Hand in My Pocket”, “You Learn”, “Head Over Feet”, “Ironic” et “Not the Doctor”, bizarrement que les futurs hits de JLP ! Alors que le duo s’installe en studio pour penser à la réorchestration des morceaux restants, les deux Chili Peppers, Flea et Dave Navarro suggèrent leur participation sur “Oughta Know”. Aussitôt dit, aussitôt fait, ils joueront respectivement basse et guitare tandis que le futur Foo Fighter, Taylor Hawkins, se chargera de la batterie.

Lancé internationalement le 13 juin 1995 sous le label de Madonna, Maverick Records, Jagged Little Pill révolutionne les bases du folk-rock en imposant au public des chansons très personnelles. Et il faut dire que dans ce registre, les artistes féminines rock ne sont pas légion. Après une timide entrée dans le Billboard, les choses s’inversent finalement quand un influent DJ américain inclut “You Oughta Know” dans la programmation de sa station. Rapidement relayé par les médias américains, avec MTV en tête, le premier single tourne en boucle et entame une irrésistible ascension.

Il faudra peu de temps pour que le monde entier succombe aux paroles envoûtantes de la jeune canadienne. Suivant le même chemin que le rageur “You Oughta Know”, les singles “Hand in My Pocket”, “All I Really Want”, “Ironic”, “You Learn” et “Head Over Feet” remportent l’adhésion collective. A vrai dire, il est facile de tomber sous le charme d’Alanis qui sait se montrer tour à tour amoureuse, rancunière, philosophe mais toujours passionnée et authentique. La consécration finale ne tardera pas à tomber : après avoir passé la barre des 30 millions d’exemplaires vendus en 2005, dont 15 millions sur le seul territoire américain, Jagged Little Pill se positionne comme le meilleur premier album de toute l’histoire de la musique (même si, c’est au bout du compte le troisième album dans la carrière de la chanteuse !).

Talking Cure

Après le carton de JLP, qui a raflé au total six Grammy Awards pour les seules années 1995 et 1996, certifié deux fois “disque de diamant” au Canada et “disque de platine” dans de nombreux autres pays, la chanteuse entame à 22 ans une longue tournée mondiale d’un an et demi. A disque d’exception, tournée marathon. Alanis chante sur les quatre continents les titres qui ont fait ses plus grands succès, comme les emblématiques “You Oughta Know” et bien sûr “Ironic”. C’est d’ailleurs durant cette période que la jeune fille commence à perdre ses illusions sur l’industrie musicale, plus particulièrement sur ses relations superficielles et la drogue qui y circule. Dans sa quête d’équilibre, celle-ci commence à se mettre au yoga et décide de faire un voyage en Inde.

Sage initiative : les six semaines passées dans le pays de Ghandi transcenderont Alanis. C’est toute ressourcée que celle-ci reviendra sur le devant de la scène en mars 1998, avec la signature du magnifique “Uninvited” pour la B.O du film La Cité des Anges. Une voix épurée, 3 notes de piano simples montant vers un point d’orgue final… On est loin des vindictes haineuses de Jagged Little Pill ! Est-il nécessaire de préciser que la canadienne aime prendre son auditoire à contre-pied de là où il l’attendait ?

Car surprendre, c’est ce qu’Alanis sait le mieux faire. A ceux qui se languissent de l’album qui succèdera à JLP, l’artiste les prend résolument au dépourvu en leur livrant Supposed Former Infatuation Junkie, le 6 octobre 1998. C’est en tant que “Soi-Disant Ancienne Droguée des Coups de Foudre” que la chanteuse se raconte dans un nouvel opus plein de cynisme et d’espoir sur l’humanité. “Thank You” lui donne l’occasion de se mettre à nu émotionnellement et physiquement parlant, “Joining You” prévient les tentatives de suicides tandis que “That I Would Be Good” manifeste la crainte du jugement et de l’insécurité… Ombres et lumières se succèdent sur ce véritable tour de force, allant même jusqu’à défier sur certaines chansons les formules traditionnelles de rythme et de refrain (“Front Row”, “The Couch”, “I Was Hoping”). La complexité et l’éclectisme de SFIJ sont salués par beaucoup des fans comme le meilleur et le plus personnel des travaux d’une Miss Morissette calme et sereine, là où elle était encore la veille rageuse et révoltée. Supposed Former Infatuation Junkie sera nommé à trois reprises “disque de platine”, là où JLP l’avait été seize fois consécutives.

Sorti le 9 novembre 1999, Alanis Unplugged est le premier album live de la chanteuse canadienne. Comme son titre l’indique, celui-ci a été enregistré lors d’un concert programmé pour l’émission MTV Unplugged et propose un medley de ses deux derniers albums. Seules nouveautés, les morceaux “No Pressure Over Cappucino” apparemment écrit en hommage à son frère jumeau Wade, “Princes Familiar”, “There R the Thoughts”, ainsi que la reprise du “King of Pain” du groupe Police. Y figure également pour la première fois la version acoustique de “Uninvited”. Moins bien écoulé que JLP et SFIJ, Alanis Unplugged reste une référence pour les futurs travaux de l’artiste.

Plus de deux ans après la sortie de son Unplugged, Alanis refait surface le 26 février 2002 avec Under Rug Swept, un album qu’elle a entièrement écrit et produit toute seule. Et il faut dire qu’elle s’en sort plutôt pas mal sans Ballard ! Certainement inspirée par son séjour dans une réserve navajo et par le “milieu du début de la fin d’une relation amoureuse”, l’artiste sent dans sa nouvelle œuvre le besoin d’ “unifier les genres, les êtres humains et les esprits”. A ses dires plus structuré que ses précédentes réalisations, Under Rug Swept détaille tout ce qui a pu avoir été “balayé sous le tapis” au fil des ans. En dehors de lister les qualités qu’elle veut à présent trouver chez son prochain partenaire (“21 Things I Want in a Lover”), Alanis redéfinit sa place de grande amoureuse (“Narcissus”, “Surrendering”), rapproche les deux sexes (“A Man”, “Utopia”), tout en chroniquant l’inéluctable désamour (“That Particular Time”, “You Owe Me Nothing in Return”). On retiendra surtout les deux singles qui seront extraits de URS : “Hands Clean” où la chanteuse révèle à demi-mot sa relation avec un ponte de l’industrie musicale alors qu’elle était encore mineure et “Precious Illusions” ou l’inévitable confrontation entre monde imaginaire et réalité.

Toujours en 2002, plus précisément le 10 décembre, Alanis prend encore ses fans de court en sortant un package CD/ DVD intitulé Feast on Scraps. Nouveau tournant radical dans la carrière de l’artiste qui choisit de diffuser les morceaux qui n’ont pas trouvé leur place dans Under Rug Swept. Tandis que des inédits tels que “Fear of Bliss”, “Bent for You”, “Sister Blister”, “Unprodigal Daughter” prennent des accents définitivement plus rock voire métal, d’autres comme “Sorry to Myself”, “Offer”, “Simple Together” ou “Purgatorying” s’offrent comme de belles ballades plus tranquilles. Une version acoustique de “Hands Clean” trouve même sa place dans cette double compilation.

Alanis disparaît de nouveau avant de revenir sur le devant de la scène avec So-Called Chaos le 18 mai 2004. Présenté comme l’album du come-back, SCC surprend par sa tonalité résolument positive. A 30 ans, la jeune femme a trouvé l’amour en la personne de l’acteur Ryan Reynolds (avec qui elle se fiancera d’ailleurs par la suite) et entend bien le faire savoir à tout le monde ! Issu de ce florilège de chansons romantiques, “Everything” est le seul titre parmi les deux autres qui suivront (“Out Is Throught”, “Eight Easy Steps”) à se maintenir pendant quelques temps dans les charts mondiaux sans pour autant faire trop de vagues. Accueil mitigé pour ce nouvel opus, considéré au mieux comme son album le plus accessible, au pire comme l’un des plus insipides. A croire que c’est quand elle est le plus tourmentée que l’artiste donne le meilleur de son travail !

Après ses 10 ans de carrière internationale, 2005 est l’année propice pour établir un premier bilan. Amorcé en juin avec la sortie commémorative de Jagged Little Pill en version acoustique, cette intention se poursuit avec la réalisation du premier best-of de la chanteuse, sobrement intitulé Alanis Morissette : The Collection. Piochés dans chacun de ses albums, à l’exception faite de ses œuvres de jeunesse Alanis et Now Is the Time, les morceaux présentés embrassent donc logiquement la décennie d’activité de l’artiste. Figurent aussi les titres inédits que celle-ci a écrit pour des bandes originales de film, du “Still” de Dogma, en passant par “Let’s Do It (Let’s Fall in Love)” (De-Lovely), sans oublier l’irremplaçable “Uninvited” de la Cité des Anges, ici non plus en acoustique mais en version radio. A noter également, la bluffante ré-interprétation du “Crazy” de Seal… S’il était encore besoin de le rappeler, The Collection atteste de l’incroyable éclectisme de cette grande demoiselle du rock, qui récidivera l’année suivante avec la signature du titre “Wunderkind” pour la B.O du premier épisode des Chroniques de Narnia !

Citoyenne de la planète

Intéressée par tout ce qui l’entoure, Alanis a une curiosité et un pouvoir d’adaptation hors du commun. Avant de connaître cette carrière musicale prometteuse, l’adolescente présentait déjà à 12 ans une émission de jeunesse pour la TV canadienne (You Can’t Do That On Television) tout en faisant ses premiers pas sur les planches avec la troupe de la Orpheus Musical Theatre Society. Ce goût pour la Comédie, l’actrice le transportera avec ses bagages en arrivant aux Etats-Unis. Participation à la bluette Just One of the Girls, petit rôle mais pas des moindres, celui de Dieu dans le film fantastico-comique Dogma de Kevin Smith, puis dans Jay & Bob contre-attaquent, l’artiste ne se borne à aucun genre. Même pas celui des séries, avec des apparitions remarquées dans Sex & the City et Nip/Tuck, où celle-ci fait un clin d’œil à ses expériences homosexuelles passées.

Quand Alanis intervient publiquement, c’est aussi pour défendre des idées. Humanitaires, par le biais de pièces tels que The Exonarated dénonçant la peine de mort, ou féministes par le très célèbre Monologues du Vagin, l’artiste est de toutes les causes. Avec un concert donné lors du séjour canadien du Dalaï-Lama en avril 2004, la cause tibétaine est également sienne. Pour la défense du mariage gay, celle-ci n’hésite pas à remodeler les paroles de “Ironic” qui deviennent “It’s meeting the man of my dreams and meeting his beautiful husband” (“C’est comme rencontrer l’homme de ma vie et rencontrer son beau mari”, au lieu de “belle femme”). Cette rage de vivre, la chanteuse n’a pas peur de la revendiquer : “La rage est vitale, c’est une belle énergie qui a mauvaise presse. L’essence de la colère peut être vraiment quelque chose de beau”.

Preuve que le meilleur médium est encore celui de l’humour, Alanis réapparaît le 1er avril 2007 dans le créneau musical en parodiant “My Humps” des Black Eyed Peas. Beaucoup plus dramatique et pas hip hop pour un sou, sa version est une ballade plaintive au piano qui interroge sur le nouveau sens accordé aux paroles initiales tout en malmenant une partie des canons féminins en vogue dans le Rn’B. Véritable succès sur la toile, ce qui passe pour être un poisson d’avril est tellement bien abouti que l’on commence à sérieusement penser que la demoiselle est en studio pour préparer un nouvel album. Les rumeurs vont être confirmés avec la sortie de Flavors of Entanglement le 2 juin 2008.

“J’écris souvent rétrospectivement mais cette fois-ci tout a été écrit en temps réel”, confiait dernièrement la chanteuse. La force de son septième album tient sûrement de cela. Pour Flavors of Entanglement, celle-ci s’est offert la participation de Guy Sigsworth, producteur apprécié de Björk. Et le résultat est plutôt pas mal : sur une dominante électro-world, la voix d’Alanis prend une nouvelle dimension pour illustrer à grande échelle les conflits personnels et politiques que tout à chacun peut ressentir (elle-même s’est finalement séparée de son fiancée Ryan Reynolds). La cause environnementale en filigrane sur “Citizen of the Planet”, la rupture de communication sur “Underneath”, le single phare du nouvel opus, la fin d’une relation et de tout ce que l’on regrette chez l’autre dans “Torch”, FOE est un véritable voyage émotionnel où tous nos sens sont mis en éveil. Difficile de dire quoi, de l’écriture ou de la musique, prend le pas sur l’autre. Peut-être aucune des deux et d’ailleurs, c’est peut-être ça qui fait la force d’Alanis Morissette.

“L’écriture initiale me revient, la partager ensuite avec les autres est mon cadeau pour qu’ils puissent s’approprier ces chansons et ces écrits. Pour en tirer du réconfort, de l’inspiration ou de l’approbation. C’est mon service”. En ouvrant son journal intime au grand public, Alanis a trouvé la meilleure des thérapies pour combattre d’éventuels refoulements et frustrations. C’est toujours un grand plaisir que de partager avec elle ces instantanés de vie empreints de doute, de joie, de peine mais avec toujours l’espoir pointant à l’horizon. Dépassés la rage adolescente et les questionnements de jeune adulte, la chanteuse est peut-être toujours quelque peu “incomplète” mais sait fermement où se diriger, en faisant de la phrase : “Je veux marcher au devant de la vie plutôt qu’être tirée derrière elle”, sa devise absolue.

Avant de pouvoir prochainement la retrouver sur grand écran dans le film Radio Free Albemuth tiré du roman de Philip K.Dick, n’hésitez pas à vous replonger dans la disco/vidéographie d’Alanis !

Discographie

1991: Alanis

1992: Now Is the Time

1995: Jagged Little Pill

1998: Supposed Former Infatuation Junkie

2002: Under Rug Swept

2004: So-Called Chaos

2008: Flavors of Entanglement

Vidéographie

1997: Jagged Little Pill Live DVD Edition

2002: – Alanis Morissette : Live in the Navajo Nation DVD Edition

- Under Rug Swept DVD Audio

- Feast on Scraps CD/DVD Edition

2005: The Collection CD/DVD Edition

(Les photos proviennent des sites http://www.arjanwrites.com et http://pagesperso-orange.fr/stephane.elias )

SOURCES :

Sites Internet

* http://www.alanis.com/

* http://www.alanis-morissette.com/

* http://www.myspace.com/alanismorissette

* http://pagesperso-orange.fr/stephane.elias/

* http://www.askmen.com

* http://www.rollingstone.com

* http://www.pitchforkmedia.com

* http://fr.wikipedia.org

* http://en.wikipedia.org

Articles en ligne

* http://www.arjanwrites.com/arjanwrites/2007/12/exclusive-alani.html

* http://www.20minutes.fr/article/191996/…

Articles papier

* Alanis Morissette, la voix folk du Canada, Direct Soir n°363, 06/06/2008

Death in Vegas – Scorpio Rising


Scorpio Rising. Avec un titre et une jaquette pareils, on pourrait s’attendre à ce que Richard Fearless et Tim Holmes rendent un vibrant hommage à l’univers ésotérique. La première écoute nous en persuade presque : “If I don’t go crazy, I’ll loose my mind” martèle Liam Gallagher en guise de ritournelle énigmatique sur “Scorpio Rising”, clin d’œil au titre de l’album. Rien qu’à entendre les premières notes de l’électro-rock “Leather” et l’on devine la tension électrique qui va baigner l’ensemble des morceaux à venir. On en touche le paroxysme avec les excellents “Hands Around My Throat”, “Natja” et “Help Yourself” et leur débauche de basse, cithare et voix hypnotiques. Il semblerait qu’avec cette succession de titres péchus et mélancoliques, le duo aime à brouiller les pistes… D’ailleurs ces deux britanniques ne sont pas sectaires : pourquoi les guitares country, les atmosphères psychédéliques, les violons, le rock, l’électro et les accents soul ne se marieraient-ils pas ensembles ? Si vous êtes encore sceptiques, vous risquez de revoir sérieusement votre jugement avec cette magistrale leçon d’interprétation post rock.

A écouter : “Hands Around My Throat”, “So You Say You Lost Your Baby”, “Help Yourself”

Deux jours à tuer

Antoine a tout pour être heureux. Une femme charmante, deux enfants adorables, un travail de publicitaire en or, et de nombreux amis. Pourtant, du jour au lendemain, il “fout tout en l’air”, massacrant tout ce qu’il a construit pour une raison bien mystérieuse.

Si certaines scènes semblent trop théâtrales et manquent donc de naturel, d’autres sont au contraire des plus mémorables, comme le dîner entre amis où Antoine semble prendre un malin plaisir à épingler chacun. Un sentiment un peu mitigé peut sembler s’installer chez le spectateur au cours du film, mais l’émotion qui le submerge à la fin permet à une bonne impression générale de reprendre le dessus.

On sort troublé, ému et on comprend mieux la volonté de se sentir vivant du personnage principal, plutôt bien incarné par un Albert Dupontel crédible dans les scènes où il se lâche. Ce n’est peut-être pas un chef-d’oeuvre, mais plutôt un film qu’on saura néanmoins apprécier.

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