Numéro 3

Le photomaton

Le photomaton

Imaginons -au hasard- que votre carte d’identité vient d’expirer. Celle que vous supportez depuis dix ans déjà et où on peut vous admirer avec lunettes de vue grossières et appareil dentaire bien en vue. Ou pourquoi pas en version punk, hippie, gothique, etc. (rayez les mentions inutiles). Bref, puisque vous avez enfin l’occasion de tourner la page sur cette période ingrate de votre vie, vous vous décidez joyeusement à refaire votre photo -une dont vous n’aurez bien sûr pas honte-.

Se divertir avec sa copine (enfin essayer)

Se divertir avec sa copine (enfin essayer)

Divertissement, terme étrange dont le sens varie en fonction du sexe. Pour certains, il rime avec loisir, relaxation, détente, ludique. Pour certaines, il signifie planification, préparation, obligation, apparence, culture.

Miss Li

Si son nom ne vous dit rien, sa voix, en revanche, ne vous sera peut-être pas inconnue. On a pu en effet l’entendre il y a quelques temps à la télévision, dans une publicité pour un opérateur téléphonique. Elle y interprètait une reprise de la célèbre comédie musicale “Singing in the Rain” et ceci avec un charme tout à fait déconcertant.

Mais ne nous arrêtons point à une simple réclame cathodique. Il faut dire que si Miss Li n’a pas encore pu faire parler d’elle en France autrement, elle n’est néanmoins pas une inconnue dans son pays, la Suède.


© Linn Stalberg

La musique de Miss Li, de son vrai nom Linda Carlsson, est une singulière combinaison de tous les genres musicaux auxquels elle a touché : de l’opéra au jazz, du rock à l’electro, sans oublier de la comédie musicale, de la pop et même un peu de heavy-metal ! Et devant cette diversité, hors de question de faire une musique qui sonneraient aux oreilles comme un des genres précedemment cité.

Pour Miss Li, il n’y a pas de règles, elle veut juste chanter pour le plaisir. “Et le jour où ce ne sera plus amusant de faire de la musique, j’arrêterai”, dit-elle. Et à l’écouter chanter, on ne peut douter de ses paroles. Il émane de sa voix une telle fraîcheur, un tel dynamisme, un swing comme on l’entend rarement ; le tout porté par une artiste qui ne semble pas manquer de caractère ; c’est un véritable bonheur auditif !

Et ça marche ! En Suède, Miss Li figure parmi les révélations les plus prometteuses. Et au vu de sa productivité, elle est bien partie pour jouer dans la cour des grands. Avec un premier album “Late Night heartbroken Blues” en novembre 2006, puis un second “God put a rainbow in the sky” en mai 2007, elle a pu jouer dans plusieurs grands festivals et clubs suédois. Son myspace connaît une véritable affluence et une de ses chansons est apparue dans deux célèbres séries télés. Enfin son dernier opus, “Songs of a rag doll”, est disponible depuis mi-octobre.


© Linn Stalberg

Pour découvrir cette talentueuse artiste nordique, voici quelques pistes d’écoute :

Sur “Late Night heartbroken Blues” :

“Late night heartbroken blues”, “I’m so poor, won’t you lend me some money” et surtout “Oh boy”.

Sur “God put a rainbow in the sky” :

“Let her go”, “I’m sorry, he’s mine” et “All I need is you”.

Sur “Songs of a rag doll” :

“Gotta leave my troubles behind”.

Ce qu’il vous reste à faire ? Filer sur myspace pour un aperçu du talent de la demoiselle !

Son myspace : http://www.myspace.com/experiencemissli

Pour écouter “Good Morning” (deuxième chanson du player) : http://www.myspace.com/mackebergkvist

Son site officiel : http://www.missli.se/

* Cahier de vacances 2010 – Article initialement publié le 29 octobre 2007

Quand Aaron Hobson revisite le panoramique

Aaron Hobson se définit en peu de mots comme un père, un mari, un photographe et un montagnard. Il y a un peu plus d’un an, il commence à photographier pendant sa pause déjeuner. Vivant près du Canada, dans les montagnes reculées du nord de l’Etat de New York, il considère alors la photographie comme un hobby lui permettant de pallier les hivers trop longs. Portrait d’un artiste dont l’originalité des oeuvres fait déjà parler d’elle.

Aaron Hobson
© Aaron Hobson

Au cours de ces quarante-cinq minutes quotidiennes de travail, Aaron Hobson développe Cinemascapes, un projet introspectif qui se décline en deux séries de photographies : “dark” et “even darker”. Cinemascapes est composé de clichés de paysages en panoramique.

Son approche de l’esthétique de l’image est comparable à celle d’un peintre : la photographie est sa matière première, sa toile, Photoshop sa peinture et sa souris son pinceau.

Cependant ne nous méprenons pas. Pour Cinemascapes, Aaron Hobson n’utilise pas d’outils informatiques de retouches. Il fixe les scènes qu’il compose grâce à son Olympus e-300 et un objectif Zuikos 14-45 mm (pour ceux qui aiment la technique). Quant au résultat en panoramique, il l’obtient en assemblant quatre photos au format vertical.

Ses travaux sont tour à tour choquants, bouleversants ou émouvants. Les scènes semblent être prises sur le vif et la multitude de détails qu’il y dissimule laisse au spectateur la libre interprétation de l’instant saisi.

Aaron Hobson
© Aaron Hobson

Aaron Hobson
© Aaron Hobson

Voici ce qu’Aaron nous a répondu lorsque nous lui avons demandé d’où lui venait son inspiration :

“Mon travail est une création hybride entre la fiction et l’autobiographie, ainsi je suis influencé par de nombreux éléments extérieurs. La télévision, l’école, mes ex-amours, ma famille, mes humeurs, tout joue un rôle dans mes photographies”.

Dans chacune des scènes qu’il photographie, Aaron Hobson dissimule donc subtilement des morceaux de sa vie au coeur de la fiction. C’est là que réside toute la complexité de l’oeuvre de l’artiste : ses images saisissent l’esprit. Il est alors impossible de ne pas se questionner sur la nature de la scène visualisée.

Aaron Hobson
© Aaron Hobson

Aaron Hobson
© Aaron Hobson

Son papa, Mark Hobson, est lui aussi photographe. Il nous explique l’influence que cela a eu sur son travail :

“Il est une des principales raisons de mes clichés en format panoramique. Alors que j’avais 13 ou 14 ans, il a réalisé un livre pour un hôpital de Pittsburg en Pennsylvanie. L’objectif était de photographier vingt-quatre heures des urgences. Une image dont je me souviens particulièrement est celle d’une chambre où un jeune homme de 16 ans qui conduisait ivre venait de décéder. Mon père a fixé ce moment avec un film panoramique. La possibilité de voir toute la chambre (les infirmières nettoyant le corps, le corps dans sa globalité, sur la droite les médecins inscrivant l’heure de la mort sur le certificat de décès) était hallucinante. Cette scène n’aurait pu être complète avec un film standard de 35 mm.”

Aaron Hobson n’a pas d’autres projets photographiques pour le moment. Par contre, il souhaite développer Cinemascapes et a de nombreuses idées à mettre en oeuvre.

Aaron Hobson
© Mark Hobson

Vous pouvez retrouver Aaron Hobson :

http://www.aaronhobson.com/

Vous pouvez retrouver Mark Hobson :

http://adirondacklight.net

Michael Moore – Bowling for Columbine

Sorti en 2002 et disponible en DVD depuis 2003, “Bowling for Columbine” est un des incontournables documentaires réalisés par l’américain Michael Moore. Qu’ils provoquent haine, surprise, rancœur ou réflexions plus profondes, les documentaires de ce réalisateur atypique ne laissent pas indifférent et incitent toujours à développer notre esprit critique (que cela soit au sujet du thème abordé ou contre le réalisateur lui-même). Connu pour son application (d’aucuns y voient de l’acharnement) à dénoncer les écarts de la société censée représenter la plus “grande démocratie” de la planète, Michael Moore est donc un réalisateur controversé dans le monde du cinéma et plus généralement dans les médias. Il faut à ce propos préciser qu’il vise, et touche, dans ses réalisations, les points sensibles de la société américaine (alcool, racisme, individualisme), en même temps qu’il s’attaque au système dans son ensemble (politique par exemple, dans “Fahrenheit 9/11″ sorti en 2004 ; ou de santé avec “Sicko” sorti en 2007.

Bowling for Columbine

J’veux Pas Que Tu T’en Ailles

Avant de parler de ce film, notons la bonne idée de sa bande annonce : elle présente l’intrigue, les personnages, mais aucune scène du film. Bref, on peut l’aborder sans vraiment savoir ce qu’on va y trouver, ce qui évite les préjugés inutiles.

Vos parents vous aiment-ils?

Ils sont nos modèles de croissance, de carrière, d’amour. Nous les avons aimés, pris pour des cons, nous leur avons demandé de l’argent, nous ne les avons jamais remboursés. Qui sont ces gens que je décris avec la précision d’un neurologue borgne ? Il s’agit de nos géniteurs bien aimés. Hélas, parfois (eh oui, il y a des jours comme ça), ce sentiment de vénération sans partage n’est pas réciproque, et vous vous retrouvez à bâtir vous-même votre personnalité, avec le risque de devenir serial killer nécrophile animalier, en prime. Cool, non ? Alors voyons ensemble si vos petits problèmes psychiatriques n’ont pas une origine lointaine…

Sourire dans la rue

Sourire dans la rue

Sourire (verbe) : prendre une expression rieuse par un léger mouvement de la bouche et des yeux.

Jean Anouilh – Antigone

Même histoire mais très éloignée de la version de Sophocle, Anouilh a réussi à montrer une Antigone moderne à travers cette pièce de théâtre. Mais surtout, il s’est opposé implicitement contre les évènements de l’époque, l’écriture et la première représentation ayant eu lieu durant l’occupation allemande en 1944. Ainsi, Antigone se lève contre les lois et les devoirs qui lui sont incombés par Créon son père. La simplicité d’écriture d’Anouilh, face à une tragédie grecque mariée avec des faits de l’actualité est un très beau mélange, passionnant et facile à lire, que je recommande chaudement ; On est loin de la complexité rédactionnelle qu’on pouvait trouver chez Sophocle, et on ne fait finalement de ce petit ouvrage qu’une bouchée.

Ange – le Cimetière des Arlequins

Le “cimetière des Arlequins” est l’un des premiers albums de ce groupe français toujours en activité spécialisé dans le rock progressif et médiéval. A cette époque, on trouvait les frères Descamps, Christian au chant et Francis aux claviers, Jean-Michel Brézovar à la guitare, Gérard Jelsch à la batterie et Daniel Haas à la basse. Leur superbe reprise de “Ces gens là” de Jacques Brel fut leur premier grand succès mais tout l’album est envoûtant.

A écouter : “Ces gens-là” – “Le cimetière des Arlequins” – “Aujourd’hui, c’est la fête de l’apprenti sorcier”

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