Tous les articles de Daniel Glassmann

Les promesses de l’ombre

Ce nouveau film du réalisateur canadien David Cronenberg n’est pas un simple thriller mais une nouvelle réflexion sur la violence et la domination. Ici, pas d’esbroufe ou de surprise de dernière minute comme dans les scénarios « Made in Hollywood ». C’est un film noir et glacial avec des tiroirs que chaque spectateur ouvre tranquillement : il y a bien des coups tordus, des trahisons, des pièges mais le réalisateur donne des pistes au fur et à mesure d’un scénario rudement bien ficelé. Les méchants ressemblent à des gentils grands-pères, les gentils se comportent comme des brutes un peu comme dans « Impitoyable » de Clint Eastwood. La famille joue un grand rôle comme dans un drame Shakespearien. Il y a celle que voudrait fonder l’héroïne interprétée par Naomi Watts, ce qui l’entraîne à mettre sa vie et celle de ses proches en danger en enquêtant sur une jeune fille russe morte après avoir donné naissance à une petite fille dans l’hôpital où elle travaille. Il y a la famille de mafieux russes où le fils joué par Vincent Cassel cherche par n’importe quel moyen à exister face à son terrible père qu’il déçoit régulièrement et qui voit pas en lui son successeur chez les Vor V’zakone. Et au milieu de tout cela, il y a Vigo Mortensen qui passe d’un camp à l’autre comme un caméléon. Cronenberg qui lui avait donné le rôle principal dans « History of Violence », lui offre les scènes les plus efficaces comme celle du hammam qui ravira les fans féminines d’Aragorn.

A voir en VO car très facile à suivre grâce à l’accent russe.

Kid Creole and the Coconuts – Tropical Gangsters

Thomas August Darnell Browder, alias Kid Creole, est né en 1950 à Montréal. Artiste dandy et chanteur rock, accompagné des délicieuses Coconuts et du percussionniste portoricain Coati Mundi, il mériterait de passer plus souvent au cours de vos fêtes, d’être remixé ou encore d’être utilisé dans les bootlegs. Avec ses rythmes caribéens, et une foule de hits, voilà un album qui vous fera oublier tous vos soucis !

A écouter : “Annie, I’m Not Your Daddy” – “I’m a Wonderful Thing Baby” – “Stool Pigeon”

The Wombats – A Guide to Love, Loss & Desesperation

Voici un nouveau groupe de Liverpool qui bouge, qui saute et qui donne la pêche ! Le trio est en passe de devenir la nouvelle sensation anglaise et fait peu anodin, ils affichaient complets lors de leur concert, bien avant d’être signés par une maison de disques. Leur titre phare “Let’s Dance to the Joy Division” fait référence au groupe ci-dessus et cite leur titre le plus connu “Love will Tear Us Apart”. Comme quoi, avec un peu d’ironie, on peut rire de tout…

A écouter : “Let’s Dance to the Joy Division” – “Backfire ay the Disco” – “Patricia the Stripper”

Ange – le Cimetière des Arlequins

Le “cimetière des Arlequins” est l’un des premiers albums de ce groupe français toujours en activité spécialisé dans le rock progressif et médiéval. A cette époque, on trouvait les frères Descamps, Christian au chant et Francis aux claviers, Jean-Michel Brézovar à la guitare, Gérard Jelsch à la batterie et Daniel Haas à la basse. Leur superbe reprise de “Ces gens là” de Jacques Brel fut leur premier grand succès mais tout l’album est envoûtant.

A écouter : “Ces gens-là” – “Le cimetière des Arlequins” – “Aujourd’hui, c’est la fête de l’apprenti sorcier”

The Doors – Eponyme

En 1966, les Doors nous offrent leur premier album, et imposent leur style original aux influences multiples (jazz, flamenco, musique indienne, Brecht, Freud, etc). Le batteur John Densmore, le guitariste Robbie Krieger, l’organiste Ray Manzarek et le chanteur poète Jim Morrison fascinent et dérangent en invitant les gens à passer de l’autre coté grâce aux drogues ou avec la section oedipienne du magnifique “The End” que l’on retrouvera au début de la BO de “Apocalypse Now”.

A écouter : “Alabama song” – “Light my fire” – “The end”

Les Rita Mitsouko :”The No Comprendo”

Cet album de 1986 est original et indémodable. Deuxième opus de leur carrière, il permettra aux Rita Mitsouko de recevoir plusieurs récompenses, comme une Victoire de la musique en 1987 ou encore le grand prix de l’Académie Charles-Cros. Au sommet de leur art, Fred Chichin et Catherine Ringer explorent tous les courants musicaux, du punk à la New Wave en passant par le génial “C’est comme çà” qui donne envie de danser toute la nuit. A redécouvrir sans modération !

A écouter : “Andy” – “C’est comme ça” – “Les histoires d’A.”

Téléphone – Crache ton venin

La pochette osée de Mondino, des paroles parfois simplistes mais accrocheuses, le son bien rock et bien travaillé ont placé Téléphone au sommet du rock français. Dans cet album sorti en 1979, on retrouve la puissance dans la voix (pas toujours juste) et la guitare de Jean Louis Aubert, la basse de Corine Marienneau, la guitare de Louis Bertignac et la batterie de Richard Kolinka. L’opus de la consécration pour le groupe qui reste depuis l’une des formations les plus marquantes du rock français.

A écouter : “La Bombe Humaine” – “Crache ton venin” – “Fait divers “

Les Têtes Raides – Gratte poil

Un album pour découvrir certaines facettes des Têtes Raides : leur humour, leur engagement, leurs luttes, leur poésie, leur mélange de rock alternatif et de musette, la voie grave de Christian Olivier, etc… Courez les voir en concert pour découvrir les autres (cirque, théatre, peinture…).

A écouter : “L’iditenté” (avec Noir Désir) – “Je chante” – “Le cabaret des nues”

The Clash – London Calling

Le sommet du punk rock : un double album rempli de pépites avec une pochette (la seule fois où Paul Simonon a cassé sa basse) et le titre “London Calling” qui donnent le ton. Le regetté Joe Strummer nous crache ses paroles engagées accompagné de Paul Simonon (bassiste), Topper Headon (batterie) et Mick Jones (guitare, voix sur “Train in Vai”). Parmi un paquet de titres rock bien rythmés, les Clash s’essaient aussi à des styles différents (rockabilly, jazz, ska, reggae) comme dans la plupart de leurs albums (je vous conseille également de réécouter leur premier).

A écouter : “London Calling” – “Spanish bombs” – “Death or Glory “

Prefab Sprout – Steve McQueen

Un disque parfait concocté par Paddy McAloon qui nous conte des histoires d’amour désespérées avec des mélodies suaves mais souvent à la limite de la rupture comme dans les premiers Cure. Si vous aimez le récent “No cars” des canadiens de Arcarde Fire, ce disque est fait pour vous.

A écouter : “Faron Young” – “Appetite” – “When Love Breaks down”

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