Robin Bacior est certainement la nouvelle sensation folk venue de Brooklyn. Du haut de ses 24 ans elle vient de sortir son premier EP Aimed For Night, preuve s’il en faut que la musique folk est en perpétuel renouvellement. Sa voix pleine de soul et son timbre encore jeune font un surprenant mélange qui se laisse écouter avec délice. Pour accompagner cette voix ensorcelante, Robin compose des ballades folk élégante, qui semble simple mais dont la richesse ne se laisse dévoiler qu’après plusieurs écoutes.
Pour mettre en image ce nouveau talent émergent il fallait un réalisateur tout aussi talentueux et inconnu que Robin. Ce réalisateur vient lui aussi de Brooklyn et il s’appelle Ellis Bahl.
Il est difficile de parler du groupe canadien Olenka and the Autumn Lovers sans se concentrer sur sa chanteuse Olenka Krakus, qui a fondé le groupe au début de l’année 2008. D’ailleurs le nom même du groupe est centré sur la chanteuse et sa saison préférée.
Basé à London (Ontario) le groupe est actuellement formé de Sara Froese (violon), Simon Larochette (trompette), Kelly Wallraff (violoncelle), Daniel Mancini (batterie), et bien sûr Olenka Krakus (guitare). De nombreux autres talentueux musiciens apportent leurs instruments à différentes occasions et au gré des rencontres.
C’est après avoir sorti deux EP en solo, qu’Olenka réuni ses Autumn Lovers en 2008, une année productive pour le jeune groupe qui verra la sortie de deux EP (Warsaw Girl et Papillonette) et un album intitulé après le groupe. Le mélange des genres, du klezmer à la country en passant par le rock et sans jamais négliger le folk, fera du groupe une véritable attraction lors des nombreux festivals auxquels ils participeront.
Il aura fallu attendre l’automne 2010 pour voir enfin la sortie du deuxième album du groupe : And Now We Sing.
On ne peut imaginer une meilleure chanson pour ouvrir ce And Now We Sing qu’Odessa.
Ce titre est parfait pour découvrir le groupe. Olenka ouvre seule au chant et à la guitare et sa voix fait déjà preuve d’une infinité de nuances et subtilités qui donne à ce groupe un intérêt supplémentaire. Rapidement le reste du groupe la rejoint avec une énergie et une vitalité formidable. Les sublimes chœurs viennent parfaire le tout. Une ouverture grandiose.
Clean est un peu plus rock, ce morceau est mémorable par l’impression qu’il donne d’un duel entre le chant d’Olenka et l’instrumentation de ses Autumn Lovers. De ce “battle” inattendu résulte un morceau puissant et efficace. East End est quant à lui un morceau plus influencé par la western country, la voix de la chanteuse s’adapte avec une facilité déconcertante au style imposé et l’orchestration est simplement brillante.
De nouveau ces chœurs sublimes sur le bluegrass/blues Motel Blues, titre bien plus calme que les précédents. On peut en profiter pour apprécier cette voix toute en nuance qui attire l’attention et force à une écoute plus attentive.
Partant de la douce ballade folk, le morceau intitulée Go passe par un état de rock quasi épique avant de se terminer, comme si de rien n’était, dans sa douceur initiale.
Mary’s Song, avec son aspect enfantin fait la part belle aux cordes, le violon et le violoncelle s’amusent et se répondent sous l’œil bienveillant d’Olenka. Le sombre No Coins s’impose comme le titre le plus remarquable de l’album, à la fois poignant et excitant. Cherchant entre le folk et le rock, l’instrumentation offre un support idéal au chant rempli d’émotion que nous offre Olenka.
Une chanson plus intime vient ensuite, Lark, avec de nouveau des instruments un peu en retrait laissant s’épanouir une voix dont chaque intonation est nouvelle et fraîche. Mais on ne retient pas longtemps un groupe aussi vivace qui reprend toute sa place dans les deux titres suivant Sparrow et Shame.
Berlin me donne l’impression d’être une chanson de Maya Solovéy, c’est aussi la seule chanson avec juste une guitare acoustique. Mama’s Bag est un classique de folk/country à l’écriture soignée et très justement interprété. Louise Of Littleville et ses 6 minutes sont un véritable voyage musicale qui touche à l’excellence.
Pour terminer en beauté et en douceur, le planant Sweet Little Road à pour difficile mission de nous ramener à la réalité.
Heureusement, il y a toujours la possibilité d’appuyer sur la touche “repeat”.
Loin d’être un album fourre-tout, c’est justement l’éclectisme des titres qui font de ce And Now We Sing un excellent disque à l’écoute duquel on ne s’ennuie pas une seule seconde.
Odessa, extrait de And Now We Sing par Olenka and the Autumn Lovers :
The Portland Cello Project est une formation étonnante qui regroupe entre 8 et 16 violoncellistes (selon les jours et l’humeur). L’orchestre vient de Portland, vous l’aurez deviné et a la particularité de ne pas appartenir à la scène classique, mais à la scène indie. Ainsi, ils travaillent régulièrement avec de nombreux autres artistes indies comme Mirah, Thao où Laura Gibson.
En 2010 l’orchestre à sorti son troisième album, Thousand Words, il s’ouvre avec une composition intitulé Denmark.
Pour illustrer cette pièce l’orchestre à fait confiance à Daniel Fickle, ce dernier à créé une société de production appelé Two Penguins Productions reconnu pour de nombreux travaux publicitaires. Mais avant d’être un réalisateur, Daniel Fickle est un compositeur, c’est pourquoi il offre en priorité aux clips musicaux l’étendu de son talent et la magie de univers personnel.
Son film a été montré dans de nombreux festivals de films au cours des derniers mois.
Le retour du duo Azure Ray après presque sept ans d’absence soulève plusieurs questions. Pour certaines la première question sera, mais qui est donc Azure Ray ? Question légitime puisque la reconnaissance du groupe au début des années 2000 n’a fait que s’atténuer les années suivantes, jusqu’à devenir le souvenir nostalgique d’une époque disparue. Azure Ray est donc un duo féminin qui aura marqué le milieu de la dream-pop au début des années 2000. Formé par Orenda Fink et Maria Taylor, le groupe a connu le succès avec l’album Hold On Love sorti en 2003. Suite à cet album les deux artistes se sont concentrées sur leurs carrières solo respectives.
Autre question, mais pourquoi s’étaient-elles séparées ? Y aurait-il eu des querelles insurmontables?, le succès d’Hold On Love leur serait-il monté à la tête au point de faire de ses deux filles d’Alabama des divas ? Rien de tout cela, c’est visiblement un besoin de prendre des directions de travail différentes qui a mené Orenda et Maria sur des chemins eux aussi différents. Il semble malgré tout que le chemin qu’a suivi Orenda Fink par la suite lui a été indiqué par Todd Baechle, chanteur du groupe The Faint, qui deviendra en 2005 Todd Fink.
On pourra aussi se demander s’il s’agit bien là de leur retour ? Les deux chanteuses ont continué à travailler ensemble dans le groupe d’Andy LeMaster Now It’s Overhead, elles tournent ensemble depuis 2008 et elles ont sorti un EP Don’t Leave My Mind préparant l’arrivée de leur nouvel album.
Enfin, et surtout, ce nouvel album intitulé Drawing Down The Moon (sorti en septembre 2010) se place naturellement à la suite des trois premiers albums du groupe. Tout cela donne une image d’une “période entre deux albums” un peu plus longue que d’habitude plutôt que du grand retour annoncé depuis près d’un an par quelques critiques à la recherche d’un titre accrocheur.
Contrairement à leur collaboration précédente, Maria et Orenda ne se sont pas retrouvé pour innover, le recherche de ce son dream-pop aujourd’hui trop banal n’est plus le moteur de leur création et on les sent mélancolique de cette époque. Drawing Down The Moon est comme le regard nostalgique de ces deux chanteuses qui ont connu jeune une période de création sans limite, suivie par plusieurs années d’écriture plus traditionnelle (dans la pop pour Maria Taylor et la musique folk pour Orenda Fink qui ont chacune sorties plusieurs albums solo).
L’album est introduit par le titre Wake Up, Sleepyhead, morceau qui donne le ton contemplatif du disque. Le plus chaleureux Don’t Leave My Mind possède un effet hypnotisant qui ne suffit malheureusement pas à masquer un texte qui mériterait d’être retravaillé. Sur le titre In The Fog le fond rejoint la forme, le chant plaintif est perdu dans une atmosphère vaporeuse, saturé par nuage de musique électronique. Sur Larraine, simplement supporté par une guitare acoustique, les deux voix des chanteuses se fondent en une seule voix magnifique qui semble prête à s’évanouir à chaque instant.
On And On Again cherche à nous tirer une petite larme, et ne serait pas loin de réussir si les arrangements des cordes étaient restés sous tension jusqu’au bout du titre. Il est certain que ce morceau trouvera sa place dans une drama américaine. A la différence du titre précédent Make Your Heart est parfaitement arrangé, les cordes s’imposent naturellement dans ce qui est une “love song” très originale. Les ornements vocaux de Silver Sorrow sont un véritable enchantement et en font un des meilleurs titres de l’album. Signs In The Leaves est une ballade à la guitare qui se démarque essentiellement par la poésie de son texte.
Love And Permancence ne semble pas complètement achevé, les voix font une fois de plus leur effet, mais musicalement le titre semble vide. Au mieux ce morceau aurait pu faire une bonne face b, mais n’est pas légitime sur l’album. Le rythme entraînant de Shouldn’t Have Loved remet le disque sur les rails. Ce morceau contient tous les ingrédients qui font le disque, de la guitare en ouverture aux claviers, en passant par les cordes, les harmonies vocales et un texte mélancolique. Dancing Ghosts porte tellement bien son nom que le titre suffit à décrire cette admirable chanson. Le duo clôture l’album avec le poignant Walking In Circles.
Le duo est bel et bien de retour avec ce Drawing Down The Moon qui, malgré quelques défauts, est à la hauteur des albums précédents. Et même si j’ai envie qu’elles continuent leurs carrières en solo (enfin surtout Orenda) je suis sûr que ce quatrième album est le nouveau départ d’une aventure qui nous apportera de nouveaux bijoux musicaux.
L’année dernière l’artiste américaine Mirah a sorti (a)spera, son meilleur album en treize ans de carrière et aussi l’un des meilleurs albums de 2009. Malgré quelques excellentes critiques cet album n’a pas reçu l’accueil qu’il méritait. Cette vidéo illustrant l’un des titres présent sur (a)spera est l’occasion idéale de (re)découvrir un album où se mêlent sensibilité et instrumentation innovante, le tout mis au service d’une voix ensorcelante.
La vidéo de The Forest a été dirigé par Lauryn Siegel, créatrice inspirée par la pop-culture.
Anahita Navab a 22 ans, elle étudie la psychologie à la célèbre université californienne UCLA. Elle est aussi multi-instrumentiste et a récemment sorti son premier album via Non Projects.
Ana joue de la musique depuis ses cinq ans. Le piano d’abord, puis vers treize ans de la guitare pour accompagner ses premiers textes. Ces instruments aussi classique qu’inépuisable ne la satisfont pas complètement et son envie de changement la pousse vers l’harmonium, le glockenspiel, la scie musicale et enfin la harpe qui devint pour elle une véritable obsession.
Une autre de ses obsessions est la musique, elle cite dans ses inspirations Björk, Amina, Sigur Rós, Beirut… Ana est aussi passionnée par la musique bulgare et fait d’ailleurs partie d’une chorale universitaire dédiée aux chants bulgare, qui s’est d’ailleurs produite en Bulgarie.
Elle a aussi fréquentée, toujours dans son université, l’UCLA Contemporary Jazz Large Ensemble et ne cache pas son admiration pour Dinah Washington et Billie Holliday.
Enfin il lui est difficile de ne pas citer (pas être parce que c’est ce que l’on attend d’elle) Joanna Newsom.
Alors oui, Ana et Joanna jouent de la harpe, une musique folk moderne et pourtant d’inspiration traditionnelle, et oui elle ont toutes deux une voix… particulière. Des comparaisons évidentes qui pourtant ne signifie pas que les deux harpistes sont comparables. Là où les inspirations de Joanna viennent d’un univers féérique arrangé dans le style appalachian-folk, Ana est bien plus terre-à-terre dans son écriture, et musicalement plus proche de la culture britannique.
Le premier album d’Ana, publié sous le nom Ana Caravelle, s’intitule Basic Climb, il est sorti fin septembre 2010. Avec seulement 6 titres mais quarante minutes, il permet d’entrer dans l’univers enivrant de l’artiste californienne.
L’album s’ouvre sur Where Have You Been?, question que l’on souhaiterait lui retourner car elle s’inscrit tellement bien dans le paysage musicale actuel que l’on pourrait avoir l’impression qu’elle a toujours été présente. Immédiatement sa musique et son chant fond preuve d’une grande vitalité, à chaque nouvelle “chanteuse à harpe” (car oui il y’en a d’autres) on s’attend plus ou moins à de la musique de chambre un peu molle (loin de moi l’idée de dénigrer ce genre dans lequel les plus grands compositeurs se sont illustré). La surprise n’en est que plus belle.
Le rythme inscrit par ce premier bijou musical est maintenu sur toute la durée de l’album.
Sa plus grande inspiration pour l’écriture de cet album, mis à part son côté pseudo-biographique, fut son domaine d’étude : la psychologie. C’est cette particularité qui la rend si moderne, son mode d’écriture empirique l’ancre totalement dans la réalité, là où sa harpe tente de l’entraîner dans un univers plus onirique. La production de ses titres en une musique fragmentée, non-linéaire, appuie cet aspect de sa composition.
Bien sûr, utiliser comme inspiration l’étude de la psyché peut avoir un côté sombre (écouter l’effrayant Shapeshifting), mais la sonorité de son instrument fétiche et ses harmonies sont heureusement là pour nous rassurer.
Même si le cheminement de l’album peut paraître chaotique lors de la première immersion, l’impression générale qui en ressort est plus proche du bien-être et d’apaisement ressenti lors de la sortie d’un jardin luxuriant… que l’on a un instant pensé devenir un labyrinthe.
La vidéo de ce mois-ci nous vient de Colombie. Le groupe d’electro-pop La Beltek s’est formé en 2009 autour de la chanteuse Laura Román et du producteur Mauricio Colmenares. Le groupe de Bogotá prévoit de sortir son premier album d’ici la fin de l’année.
Dans le but de promouvoir leur musique, ils ont fait appel au photographe et réalisateur Leo Carreño afin de réaliser une vidéo pour leur single No Hables. Son talent de photographe est indéniable, par contre il n’avait pas encore su se démarquer vraiment en tant que réalisateur de clip vidéo, son originalité se heurtant trop souvent aux codes du genre.
Pourtant il a réussi avec la vidéo de No Hables un travail remarquable, hypnotisant et légèrement dérangeant. Un travail à sa hauteur.
Nous vous avons présenté il y a bientôt deux ans l’éclectique chanteuse Nellie McKay. A l’époque elle avait difficilement constitué une discographie de trois albums et avait du se battre avec ses maisons de disques pour chacun d’entre eux. Depuis Nellie McKay semble avoir trouvé une maison de disque avec qui elle peut travailler librement. Ainsi elle a sorti 2 albums en seulement douze mois. En octobre 2009 est sorti son premier album chez Verve Records (Normal as a Blueberry Pie), il s’agit aussi de son premier album entièrement en hommage à l’une de ses héroïne : Doris Day. Au vu de sa passion pour ce projet et de la qualité de l’album qui en a résulté, je suis certain qu’elle renouvellera l’expérience. Enfin, il y a tout juste une semaine est sorti le cinquième album de la pétillante et inclassable Nellie, toujours chez Verve Records, ce nouvel opus s’intitule Home Sweet Mobile Home et marque son retour à l’écriture.
Inclassable donc, pourtant deux “styles” marquent profondément la carrière de Nellie McKay, tous les autres étant des références, inspirations, et hommages plus ponctuels. Le premier style, celui qui a été le premier à la reconnaître et à l’admettre dans son cercle est le jazz, cette musique qui l’a marqué lorsqu’elle a commencé à apprendre le piano. L’autre style n’est pas réellement un style, plutôt une manière d’aborder la musique. Ce que l’on appelle musique populaire (à différencier de la pop) a pour but de s’adresser non pas à une certaine catégorie de personne, mais à une population plus vaste. Même si ce but n’est pas encore atteint, c’est bien l’objectif de Nellie de dépasser les genres, styles et frontières (bien que la barrière linguistique semble difficilement franchissable pour une artiste qui prend autant de soin dans le choix de ses mots et de ses tournures de phrase) pour faire passer différents messages.
Et des messages, elle en a plusieurs qui lui tiennent à cœur. Humaniste, féministe, protectrice des droits des animaux, engagée politiquement… quand elle prend la plume le cynisme et l’ironie font souvent parti des armes qu’elle utilise pour régler ses comptes.
Là où ses textes peuvent être sombre, sa musique est plus souvent lumineuse, joyeuse et dansante. Nellie McKay aime les contraste et cherche le juste milieu entre son envie de nous ouvrir les yeux et son désir de nous amuser, divertir, de nous faire passer un bon moment.
Son dernier album s’intitule donc Home Sweet Mobile Home, la bonne nouvelle en découvrant le titre de ce disque est qu’elle n’a rien perdu de son ironie. Vous y avez reconnu la locution évoquant la douceur du foyer. Pour ce qui est de “Mobile” vous avez pu en entendre parler suite à l’ouragan Katrina ou plus récemment avec la marée provoquée par la plate-forme pétrolière de BP. En effet cette ville d’Alabama a été touché par les deux catastrophes.
On pourrait même y voir un rapport avec des événements bien plus proche de chez nous…
Bruise on the Sky ouvre l’album sur un rythme pop, le morceau est musicalement confus, les instruments manque un peu d’air. Tout comme nous d’ailleurs puisqu’il c’est à la pollution qu’elle s’en prend. Elle profite aussi de ce morceau pour faire un clin d’oeil à Charo (je vous épargne son vrai nom), l’actrice hispano-américaine est aussi une remarquable guitariste flamenco.
Sur Adios elle se retrouve seule avec son fameux ukulélé pour un morceau qui ne semble pas trouver sa place dans le disque (surtout après avoir entendu la version orchestrée intitulée Goodbye qui aurait du faire partie de la tracklist de l’album et pas seulement des bonus).
Elle enchaîne avec le très rythmique Caribbean Time, single dansant dont le sujet est l’oppression militaire et dictatorial, elle est décidément toujours en forme.
L’étrange Please qui commence comme une ballade et fini comme une bande son de dessin animé rappel dans son écriture l’excellent Sari que l’on écoutait sur son premier album Get Away From Me. Beneath The Underdog fait référence à Charlie Mingus et à son autobiographie du même nom, ce musicien fut bien connu pour son apport au jazz et sa lutte contre le rascisme. Le morceau en lui même est une réflexion sur les relations entre les personnes, les cultures et elle n’oublie pas les animaux.
Le blues Dispossessed semble tout droit sorti de New Orleans, il rappelle que Nellie garde toujours un œil sur l’histoire de la musique américaine dont elle se nourrit et assume totalement l’héritage.
Le piano prend enfin une part importante sur le titre The Portal, une chanson d’amour envoûtante et pleine de regret. Elle change rapidement d’humeur avec le réjouissant ¡Bodega! Les Bodegas sont des lieux de vie et de rencontre important pour la communauté latine installé aux états-unis, on trouve beaucoup de ces épicerie de quartiers dans des villes comme Boston ou New-York.
Coosada Blues, de nouveau un blues donc, plus proche du début du rock cette fois. Sa voix languissante y mentionne le Sweet Mobile Home éponyme. No equality est ironiquement un morceau disco, le titre a l’avantage de s’adapter à toutes les causes dans lesquelles elle s’engage.
Absolute Elsewhere suit le voie du rock mélancolique avant d’enchaîner sur un reggae dédié aux droits des animaux intitulé Unknown Reggae.
L’album se conclut sur Bluebird, un titre dans l’esprit des années 20 qui me fait réaliser qu’il n’existe pas réellement de terme féminin pour “crooner” pourtant Nellie a sa place auprès des plus grands crooners.
Un album aux styles nombreux, un peu stéréotypés mais pas caricaturaux, qui recherche et révèle un maximum d’influences musicales et culturelles qui font de Nellie McKay une chanteuse unique et universelle.
Apparue début 2009 avec l’excellente demo Strangest Thing, Clare Maguire a alors commencée un processus assez long dont le but avoué est de faire du bruit en ne disant rien. On ne disposait alors de pratiquement aucune information sur la jeune anglaise, mais elle nous promettait déjà beaucoup. Ce n’est que plus d’un an plus tard que Clare commence à tenir ses promesses, un album annoncé pour début 2011, et après avoir dévoilé un version officielle de Strangest Thing, elle nous offre enfin le clip de son nouveau single Ain’t Nobody.
La vidéo a été réalisé par Sam Brown, régulièrement récompensé pour son travail innovant, il a réalisé une trentaine de clip vidéos touchant à tous les genres (de James Blunt à Foo Fighters, en passant par Jay Z) mais toujours en restant original et proche des artistes.
Le single Ain’t Nobody sera dispnible à partir du 18/10.
Les plus chanceuses la verront peut-être en concert en Angleterre dès le mois d’octobre en première partie de Hurts et Plan B.
Ce mois-ci vous êtes gâtées, la rubrique de l’album du mois ne sera pas consacrée à un seul disque, mais à deux. Deux albums qui vous sont proposés par deux chanteuses de grand talent et qui sont en plus amies. Deux albums sortis cet été, mais idéal pour faire la transition vers la rentrée et l’automne qui approche à grand pas.
Page Foster & Maya Solovéy
Page Foster – When and Where
Originaire de Minneapolis, Page Foster à grandit en chantant, que se soit en regardant les dessins-animés de Disney qui ont bercé son enfance, lors de compétition d’état de chant a capella ou encore dans des groupes formés avec ses amis. Le chant comme deuxième nature, il lui manquait encore une étape, et pas la moindre, pour réellement faire vivre sa passion. Elle traverse donc les 1600 km qui la sépare de New York et de son fameux Conservatoire de Musique de l’Université d’État de New-York (SUNY). C’est là qu’elle commence à écrire et jouer ses propres chansons. Elle sort diplômé du conservatoire en 2009. Elle choisi alors de s’installer à Brooklyn où elle réalise ses débuts dans des bars locaux et surtout travaille sur son premier album.
When and Where est sorti le premier juillet 2010, il est le fruit d’une année de travail et d’une vie de passion. Ce tout premier album d’une durée de 34 minutes est composé de 10 pistes, 6 chansons originales, un texte écrit par Maya Solovéy et 3 reprises.
Le disque s’ouvre sur For Some, Page prend la guitare et la gardera tout le long de l’album, une basse et un violoncelle (que l’on entendra à nouveau plus tard) viennent subtilement apporter du volume à la composition. Mais la surprise vient du banjo, qui ne fait pas qu’accompagner la chanteuse, ils forment ensemble un véritable duo.
La piste suivante est intitulée Suzanna, il s’agit d’une chanson écrite par Maya Solovéy, un texte magnifique chanté avec une grande émotion par Page. Avec Home, Alive et Let Me Go Page Foster démontre qu’elle aussi sait écrire de très beaux textes. Les accompagnements folk mettent en valeur sa voix douce et mélancolique, dont elle joue comme de sa guitare.
Elle enchaîne ensuite avec 3 reprises, d’abord Deep River Blues une chanson folk-blues traditionnelle, puis Be There un titre écrit par… les Spice Girls. L’interprétation est bien différente de la version originale. La troisième reprise est une chanson de Joanna Newsom : Clam, Crab, Cockle, Cowrie, la chanson perd la harpe et les deux derniers mots du titre mais ne perd rien de sa beauté. Chacune de ces reprises est interprétée avec une telle habilité qu’elles semblent appartenir entièrement à cette talentueuse chanteuse.
Les deux derniers titres de l’album sont à nouveau des chansons originales, la construction de Time Keeps Walking donne une véritable impression du temps passant en s’accélérant (l’harmonica et l’harmonium font leur petit effet), l’intensité de la voix de Page y est pour beaucoup. Watercolors conclut l’album par une berceuse où la voix de Page mêlée avec un violoncelle intimiste évoque le chant des sirènes mythologiques.
Cet album a été produit par Maya Solovéy, vous pouvez l’écouter et/ou l’acheter en vous rendant sur la page Bandcamp de Page Foster : pagefoster.bandcamp.com
Son site : pagesings.com
Maya Solovéy – I:II
Née à Philadelphie dans une famille aimant le voyage, Maya Solovéy s’est construit un passé multi-culturelle en parcourant une vingtaine de pays lors de ses 20 premières années. Quant elle eu envie d’apprendre l’espagnol, elle décida que le meilleur moyen d’arriver à ses fins était de partir vivre en Équateur, puis en Espagne. Elle fut ensuite attiré par le portugais, qu’elle apprit au Brésil dans des conditions de vie difficile.
Cet album est en réalité un double EP, à l’image de sa personnalité. La première moitié du disque est composée de morceaux écrits en anglais, des chansons folk orchestrées, la seconde moitié est quant à elle composée de morceaux écrits en espagnol et en portugais, des chansons aux rythmes bossa-nova pour accompagner ces langues latines. A peine plus long que l’album de Page Foster (11 pistes pour 39 minutes) il n’est composé que de chansons originales.
Il s’ouvre sur Dreamgirl une très belle chanson qui, bien qu’écrite en anglais, est inspirée par la relation entre Frida Kahlo et Diego Rivera. Le morceau Touch est sûrement celui qui se démarque le plus de l’album. Captivant, ce titre possède une dimension cinématographique capable de vous transporter en dehors du monde, en dehors de vous-même. The Most est une chanson plus simple, un ballade à la guitare acoustique teintée de nostalgie. Sur Tonight Maya prend le piano et est accompagnée d’un violoncelle, pour nous délivrer une chanson triste et intense. American Song conclue la première partie, elle est inspirée par la chanson One More American Song de Simone Felice, mais semble hantée par l’héritage des plus grands singer-songwriters du siècle dernier.
Le rythme change sur la seconde moitié, plus d’énergie dans la guitare, trombone, trompette et percussions font leurs apparition. L’esthétique des mots devient plus important, pourtant Maya n’oublie pas le sens. Sa voix chaude et accueillante est absolument parfaite pour cette musique ensoleillée. A Escultura et Eu Vi sont deux regards différents portés sur le futur. Como Yo Lloro Por Ti incite à danser, il est d’ailleurs difficile de résister à un rythme aussi entrainant. Na Distante au contraire est plus apaisé, le chant de Maya en reste passionné. Sur A Vida elle nous montre que seule avec sa guitare elle est tout aussi capable de rendre cette ambiance latine. Madreselva est tout comme Touch, un petit bijou de production.
Cet album a été produit par Maya Solovéy et “Bassy” Bob Brockmann (qui est à l’origine du mixage impeccable des deux albums objet de ce billet). Vous pouvez l’écouter et/ou l’acheter en vous rendant sur la page Bandcamp de Maya Solovéy : mayasolovey.bandcamp.com
Son site : mayasolovey.com
Les deux albums de l’été, et peut-être bien les deux albums de l’année !