Tous les articles de Christine Gobinet

Debbie Harry

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Aussi blonde que suggère le nom de son groupe, qu’on a longtemps confondu avec son véritable patronyme d’ailleurs, Deborah Harry est indissociable de Blondie. Elle en est avant tout la voix et le visage, l’hypnotique icône, l’atout majeur. Si bien qu’on en oublierait presque les quatre garçons qui la suivent dans l’ombre. L’heure est donc venue de rétablir la vérité sur ce mythique groupe new wave des eighties, passé maître dans la fusion du disco, pop, rap et  reggae et de sa charismatique Debbie. On les avait laissé sur les mythiques « Call Me », « Heart of Glass » ou « Atomic », eh bien ceux-ci reviennent, la soixantaine triomphante, sous les spotlights avec un nouvel opus intitulé Panic of Girls !

Gwen Stefani

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Un nouvel album pour No Doubt ? Et dire qu’il aura suffit d’un bref « En studio pour une paire de semaines, pour faire du rock et enregistrer le nouveau ND (ndlr : comprenez « No Doubt ») »  lâché le 17 mars dernier sur le compte Twitter du groupe pour confirmer la rumeur qui ne faisait qu’enfler ces dernières semaines ! Contre toute attente, cette année verra très certainement la sortie de leur sixième album studio maintes fois reportée, si si c’est Gwen qui nous le dit ! Gwen qui ? Gwen Stefani, leur « a-t-on encore besoin de la présenter » pétillante et charismatique chanteuse… Oh et puis pourquoi pas, histoire de se rafraîchir la mémoire ?

Pat Benatar

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Certains se souviennent d’elle par des flashs de clips teintés eighties, d’autres mettent enfin un nom sur de tubes ravageurs qu’ils auront eu le plaisir d’interpréter via un célébrissime jeu vidéo musical multi-consoles qu’on ne présente plus… Pat Benatar résume à bien des égards l’exubérance d’un (hard) rock féminin: sexy et énergiques, ses chansons se sont imposées au fil du temps et des récompenses parmi les standards du genre. Le test? Demandez au premier quidam l’un des titres de la chanteuse et s’il sèche après maintes hésitations sur “Heartbreaker”, “Hit Me With Your Best Shot” ou “Love Is A Battlefield”, passez votre chemin : celui-ci ne sera pas de bons conseils dans votre quête rock. Histoire de lui rafraîchir la mémoire, vous pourrez toujours lui recommander cette chronique.

Kate Bush

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Quand, en ce mois de janvier 1978, la jeune Kate Bush fait irruption sur la scène musicale avec son premier single « Wuthering Heigths », son entrée est remarquable et plus que remarquée. Car il en faut de l’audace pour oser chanter une ballade classico-folk-rock en pleine gloire du disco et du new wave / punk rock, pour son pendant moins mainstream ! En ajoutant à cela que le thème de la chanson fait directement référence au célèbre et tragique roman d’Emily Brontë (ndlr : Les Hauts de Hurlevents) paru près de 131 ans auparavant, on frise l’indécence. Géniale illuminée ou mystique hermétique, la diva britannique est avant tout une femme d’ambition et d’émotion, à l’univers immensément riche et d’une particularité rare.

Cyndi Lauper

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Impossible de penser à Cyndi Lauper sans se souvenir de ses coiffures extravagantes et ses tenues improbables… “Ah l’âge d’or des années 80 avec ses corsages à épaulettes surdimensionnées et choucroutes capillaires”, vous allez me dire? Eh bien j’ajouterai, pour ma part, une décennie au formidable bouillonnement musical où le rock se mâtine de pop synthé, tout en frayant avec le punk, la dance et le ska. Avec dans le rôle de la grande sœur un brin fêlée, Cyndi et sa rebellitude accompagnant les souvenirs enfantins de (futurs) trentrenaires comme moi, qui ont tous rêvé un jour d’être un Goonies. C’est bien cette époque, entre rire et nostalgie, qui nous vient à l’esprit aux premières notes de”Girls Just Want To Have Fun” ou “Time After Time” !

Sheryl Crow

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L’aviez-vous remarqué : plus on s’approche des fêtes de fin d’année et plus les chansons célébrant cet instant magique, redoublent d’intensité? Et si on ne peut passer à côté des traditionnels “Petit Papa Noël” et autres “Jingle Bells”, d’autres surprises viennent parfois pointer le bout de leur nez. C’est le cas notamment de la chanteuse Sheryl Crow et de son chaleureux Home For Christmas, opus hivernal où la magie de Noël est magnifiée à travers des chants classiques et de sa composition.

Spartacus : Blood and Sand

Ex-légionnaire romain qui aurait mal tourné ou auxiliaire thrace enrôlé de force et vendu, les avis divergent quant aux origines de Spartacus. Plus qu’un mythe, celui-ci reste dans l’histoire l’instigateur de la troisième guerre servile ayant fait rage en Italie du Sud entre -73 et -71.

Après la littérature, le cinéma (on se souviendra de Kirk Douglas dans le célèbre Spartacus de Kubrick) et le théâtre, il ne restait plus qu’à la télévision de rejoindre le mouvement en relatant elle aussi la naissance d’un mythe, celui d’un héros gladiateur sans peur à la tête d’une impressionnante révolte d’esclaves. C’est chose faite avec la série péplum américaine créée par Steven S. DeKnight et Sam Raimi, Spartacus : Blood and Sand, diffusée depuis janvier 2010 sur la chaîne américaine Starz et depuis octobre dernier dans l’Hexagone sur Orange Ciné Choc.

L’intrigue se pose en Thrace, annexion romaine en proie aux invasions gètes, avec un chef de clan dont on ne connaît pas encore le nom,  parti livrer bataille aux côtés du légat Claudius Glaber. Suite à l’attaque de ses terres, sensées être défendues par son “protecteur”, le thrace se sent trahi et organise avec l’aide d’autres chefs, une mutinerie pour renverser celui-ci. Revenu juste à temps pour sauver sa femme, Sura, sans pour autant réussir à épargner la vie des autres villageois, le couple trouve refuge dans la fuite. Une évasion de courte durée puisqu’ils seront rattrapés le lendemain par Glaber qui décide de punir les insurgés : pour l’homme, la peine capitale et l’esclavage pour sa femme. Transféré dans la ville italienne de Capoue avec d’autres déserteurs, le thrace est destiné à “se mesurer” aux gladiateurs lors de jeux organisés par le sénateur Albinus, beau-père de Glaber.

Après avoir vu tomber ses compagnons d’infortune, l’homme rentre dans l’arène et terrasse contre toute attente les quatre gladiateurs qui lui avaient été réservé. Face aux acclamations de la foule, Albinus décide de commuer l’éxécution en esclavage tandis que le laniste (propriétaire de gladiateurs) Batiatus choisit d’acheter celui qu’il a décidé d’appeler Spartacus pour le former  au futur métier de gladiateur.

Au ludus (camp d’entraînement), l’arrivée de Spartacus est mal accueillie par les “stars” Barca, le carthaginois, le gaulois Crixus, champion de Capoue ainsi que par Lucretia, la femme de Batiatus. D’autant que l’entraînement est drastique sous les coups de fouets du doctore, en charge de leur apprentissage et ce n’est que dans l’espoir de retrouver sa femme que Spartacus troque son indiscipline pour la soumission, en passant avec brio son examen final.  Après être marqué au fer rouge comme appartenant à Batiatus et avoir prononcé le serment du “gladiatorum sacramentum”, celui-ci devient un véritable gladiateur, sans se douter de la destinée qu’il embrasse…

Avec Spartacus : Blood and Sand, la Rome Antique a désormais son soap ! Ames sensibles, passez votre chemin en raison de nombreuses scènes explicites de sexe et de violence. Car ici rien n’est épargné  :  des combats orchestrés en mise à mort aux fêtes orgiaques, de la misère la plus profonde à l’opulence effrontément ostentatoire, la civilisation romaine et tout ce qu’elle a de plus sanglant, provocant et inégalitaire est délibérément mis en lumière. On pardonnera volontiers quelques anachronismes ou incohérences historiques (ndlr : le pouce levé/baissé pour la vie ou mort des gladiateurs n’a par exemple jamais existé) qu’on laissera le soin d’être corrigées par des séries comme Rome. Qu’importe, avec moult incrustations graphiques et images de synthèse, les légendaires gladiateurs se mesurent désormais aux spartiates de 300 et trouvent toute leur place dans l’arène télévisuelle.  Sans compter deux guests figurant au casting : l’acteur britannique John Hannah dont le visage ne vous est sûrement pas inconnu et Lucy Lawless, ex-Xena la Guerrière, campent en effet le couple des Batiatus !

Joni Mitchell

Peu orthodoxes, ses accords libres et ouverts auraient eu de quoi faire s’arracher les cheveux de nombreux guitaristes classiques… Et pourtant, Joni Mitchell est reconnue par ses pairs comme l’une, si ce n’est la plus grande des chanteuses et compositrices de sa génération. Balayée, la scène folk américaine, dès son arrivée à la fin des sixties : sa voix souple et aérienne, sa poésie rare et la délicatesse de son jeu apportent à ce courant une profondeur encore jamais égalée. Tout aussi unique, son songwriting s’est frotté à tous les styles : du rock à l’avant-garde, en passant par le jazz et la world music, pour aborder l’universel comme des thèmes très personnels… Nombreux sont encore les musiciens, établis ou en devenir, à se réclamer de son influence !

Fille du Nord

Ce sont dans des circonstances quelque peu tragiques que la musique s’imposera à Joni. Fille de Bill et Myrtle Anderson (ndlr : respectivement officier dans la Royal Canadian Air Force et enseignante), Roberta Joan Anderson, de son vrai nom, naît le 7 novembre 1943 à Fort Macleod, dans la partie anglophone du Canada. A l’âge de 9 ans, celle-ci est hospitalisée après avoir contracté la polio et c’est pendant sa longue convalescence que la fillette va utiliser le chant pour passer son temps et celui des autres. Cette thérapie musicale se poursuivra pendant son adolescence en ajoutant au piano, l’apprentissage du ukulélé et de la guitare en autodidacte.

Commençant à se produire sur de petites scènes de Saskatoon à la même époque, Roberta Joan poursuivra des études artistiques à l’Alberta College of Art and Design de Calgary. Quand, en 1964, la jeune femme part tenter sa chance sur la scène folk de Toronto, elle découvre qu’elle est enceinte de son ex, le folkeux Brad MacMath, qui préférera déserter à l’annonce de la nouvelle. Peu de temps après la naissance de Kelly Dale Anderson en février 1965, la jeune mère se marie avec l’auteur-compositeur Chuck Mitchell, dont elle prendra le nom de famille. Faute de moyens et de situation, celle-ci se voit pourtant contrainte d’abandonner sa fille à l’assistance publique : ce lourd secret hantera des années durant ses compositions.

Au cours de l’été de la même année, mari et femme s’installent à Détroit, côté USA. Quelques scènes locales et des passages éclairs à la télé plus tard, le couple se sépare début 1967 et celle que l’on appelle désormais Joni déménage à New York pour poursuivre en solo sa carrière. Si son nom commence à circuler dans le milieu musical, le grand public ne connaît alors Mitchell que par les chansons qu’elle a composées pour des stars telles que la vedette country George Hamilton ou les chanteuses folk Buffy Sainte-Marie et Judy Collins. Repérée un soir par le musicien David Crosby, membre des Byrds et futur Crosby, Still, Nash and Young, la chanteuse enregistre chez Reprise Records un album tout en acoustique intitulé Joni Mitchell / Song to a Seagull. Nous sommes en 1968 et ce premier opus aussi simple qu’efficace en étonnera plus d’un.

California Dreamin’

C’est le début des tournées promotionnelles pour Joni qui se prête volontiers au jeu. Sorti en 1969, Clouds sera l’occasion de se réapproprier les chansons qui lui avaient été « volées » : “Chelsea Morning”, “Both Sides Now” et “Tin Angel” sont désormais créditées à son nom pour la composition et l’interprétation… Un premier Grammy Award lui sera décerné en tant que « Meilleure Performance Folk ». La décennie seventies sera quant à elle ouverte par Ladies of the Canyon (1970) qui s’éloigne du folk originel pour s’ouvrir à la pop et au rock. Plus d’effets, des chœurs et des percussions et pour la première fois des chansons écrites au piano qui deviendront l’autre marque de fabrique « Mitchell ». Succession de hits (“Woodstock”, “The Circle Game” et “Big Yellow Taxi”) pour ce premier disque d’or et déjà la soudaine célébrité effraye l’artiste qui décide aussitôt de prendre une année sabbatique pour s’adonner à la peinture, écrire et composer en voyageant et vivre différentes expériences.

La trêve aura été de courte durée : Blue sort l’année suivante et est un succès critique et commercial quasi immédiat. Si le titre phare « Carey » jouit d’une production savamment étudiée, il n’en contraste que plus fortement avec le restant de l’album plus dépouillé car ce sont avant tout la voix de Joni et ses émotions qui sont ici mis en valeur. Considéré comme le paroxysme des premières œuvres, celui-ci dresse un portrait pessimiste de la société en livrant en même temps des explosions exubérantes de romantisme. Mitchell poursuit cette dualité sur scène et ce n’est qu’en toute logique que For the Roses (1972) et son célèbre single « You Turn Me On, I’m a Radio » s’envolent vers les sommets des charts.

Avec sa fusion de jazz et de rock, Court and Spark (1974) inaugure le début de la période expérimentale de la chanteuse qui ravit toujours autant la critique que ses fans et accède à la célébrité la plus complète. 4 nominations aux Grammy mais une seule récompense pour le « Meilleur Arrangement Instrumental Accompagnant des Choristes ». Accueil mitigé pour The Hissing of Summer Lawns (1975) avant « l’unique » Hejira (1976), à ce jour le plus expérimental de ses albums, le polémique Don Juan’s Reckless Daugther (1977) et Mingus (1979) né de sa collaboration avec le grand jazzman, mort avant la sortie de l’album, lequel sera le premier à ne pas passer la barre des 500 000 exemplaires.

Aux débuts des années 1980, Joni se marie avec le bassiste Larry Klein et quitte Asylum pour Geffen Records. Wild Things Run Fast (1982) signe son retour au songwriting et l’artiste utilise même des extraits de chansons connues, comme le célèbre hit des Righteous Brothers pour “Chinese Cafe/unchained Melody” et le tube d’Elvis Presley “You’re So Square (I don’t Care)” pour renouer avec le succès. S’ensuivent une tournée mondiale l’année suivante et le « mauvais » Dog Eat Dog (1985) marqué par la pop synthé du producteur Thomas Dolby, qui trouvera son salut dans la sortie de Chalk Mark in a Rain Storm (1987), fruit d’une collaboration avec des artistes tels que Billy Idol ou Peter Gabriel. Rares seront désormais les apparitions publiques de Mitchell, qui fera cependant une exception pour participer au concert-événement « The Wall » de Roger Waters, donné à Berlin en 1990.

Il faudra attendre Night Ride Home (1991) et Turbulent Indigo (1994) pour retrouver ce qui avait fait de la chanteuse une icône. Perçu comme le plus accessible de ses derniers albums, le second est ainsi un retour aux sources acoustiques et poétiques, salué par l’attribution de deux Grammys dont le « Meilleur Album Pop ». Constatant le regain d’intérêt à son égard, la jeune divorcée décide de sortir en 1996 un best-of en deux volets : ses plus grands titres (Hits), comme les moins connus (Misses). La sortie de Taming The Tiger en 1998 lui permet de reprendre le chemin de la scène en compagnie de Bob Dylan ou Van Morrison et également de réinterpréter ses nouveaux comme anciens titres sur une guitare-synthétiseur ! Il faut bien vivre avec son temps.

« Ce que tu as jusqu’à ce que tu l’aies perdu »

Au tournant des années 2000, l’autre changement qui s’opère chez Joni, c’est sa voix qui devient plus grave, à cause de certains problèmes de santé et de son tabagisme légendaire. Ses albums suivants Both Sides, Now (2000) et Travelogue (2002) lui donnent ainsi l’opportunité de réinterpréter standards du jazz et compositions personnelles sur un nouveau registre vocal gagnant en maturité. En froid avec l’industrie musicale dont elle méprise le système, Mitchell concédera réaliser seulement deux compilations, l’une sur sa collaboration avec Geffen : The Complete Geffen Recordings (2003) ainsi que trois thématiques : The Beggining of Survival (2004), Dreamland (2004) et Songs of a Prairie Girl (2005). Avant de se raviser sur la sortie d’un nouvel album studio : Shine (2007), en partie inspiré par la Guerre en Irak.

A l’entendre pester contre la société de consommation, la sexagénaire n’a rien perdu de sa verve assassine pour dresser un portrait au vitriol de ses congénères. Avant, les désastres écologiques (“Big Yellow Taxi”), les nobles causes vite oubliées (« Woodstock ») ou ces télévangélistes aux prédications surtaxées (« Tax free »), maintenant place aux accros à la téléphonie mobile (« Bad dreams are good ») et aux terrains de jeux pour enfants comme seules enclaves de liberté dans un pays ravagé par la guerre (« Shine »). Travers sociétaux comme tourments intimes ont toujours fait partie de l’écriture Mitchell : évoqué en filigrane dans des titres comme « Little Green » (1971), l’abandon de sa fille ne fait pas exception « (…) Mon enfant est un étranger/ Je l’ai porté/ Mais je n’ai pas pu l’élever » (in « Chinese Cafe » sorti en 1987). Un traumatisme exorcisé par les retrouvailles entre mère et fille en 1997.

On lui prête un tempérament volcanique, un tableau de chasse légendaire (Rolling Stone la raillera en dressant un arbre généalogique de ses liaisons amoureuses), un léger grain de folie, qu’importe Joni reste une artiste multi-cartes, polyinstrumentiste, grande chanteuse et musicienne adoubée au Rock’n’Roll Hall of Fame, peut-être un peu trop en avance sur son temps. Celle qui se pense « peintre d’abord, musicienne ensuite » (jonimitchell.com), conceptrice de l’artwork de chacun de ses albums, résume toute son essence en ces quelques mots : « Je suis une personne profonde née dans un monde superficiel » (www.telerama.fr). Si Mitchell n’avait pas chanté, aurait-elle touché toute une génération d’artistes aussi variée que Frank Zappa, Crosby Still Nash and Young, en passant par Sonic Youth, Tori Amos, Prince, Alanis Morissette, Janet Jackson, Madonna et Björk? Pour ne citer qu’eux, car on pourrait continuer encore longtemps la longue liste de tous ses admirateurs passés, présents et à venir!

(Les photos proviennent du site http://www.facebook.com/pages/JoniMitchellcom/311982632435)

Sources

Sites internet :
- http://jonimitchell.com/
- http://www.evene.fr
- http://fr.wikipedia.org
- http://en.wikipedia.org

Articles :
- Joni Mitchell album guide : http://www.rollingstone.com/music/artist/album/news/artists/8828/58378/58457
- Blue Review – Joni Mitchell : http://www.allmusic.com/album/blue-r13209
- Jody Denberg’s Conversation with Joni Mitchell : http://jonimitchell.com/library/view.cfm?id=1362
- Rencontre avec l’incorruptible chanteuse Mitchell : http://www.telerama.fr/musique/25740-incorruptible.php
- Bob Dylan is a ‘plagiarist’, claims Joni Mitchell : http://www.guardian.co.uk/music/2010/apr/23/bob-dylan-joni-mitchell

Melissa Auf der Maur

Quel est le point commun entre Hole et les Smashing Pumpkins? La légendaire mégalomanie de leurs leaders ? Une intimité jadis partagée pour Courtney (Love) et Billy (Corgan), un temps amants ? Pas seulement. Les fans avertis auront trouvé un autre dénominateur commun : Melissa Auf Der Maur. Ou comment cette bassiste a marqué l’histoire des deux groupes pour devenir l’une des musiciennes les plus prometteuses de sa génération. Son dernier album solo, Out of Our Minds sorti en mars dernier, en est l’évidence même. Prêts pour un voyage en dehors de votre esprit ? C’est parti !

Itinéraire d’une enfant gâtée

C’est du côté germanophone de la Suisse qu’il faut aller chercher les racines des Auf Der Maur (littéralement « sur le mur » en suisse allemand). Son nom, Melissa en est d’autant plus fière qu’il est en voie d’extinction. Née le 17 mars 1972 à Montréal, son père n’est autre que Nick Auf Der Maur, célèbre journaliste et politicien québécois tandis que sa mère, Linda Gaboriau, américaine d’origine, est à la fois traductrice littéraire, journaliste et dramaturge à ses heures et surtout la première femme DJ à s’illustrer au Québec ! Avec la double nationalité canadienne et américaine, Melissa évolue en toute logique dans une culture bilingue français-anglais.

Elève brillante, on la sait ancienne élève de la prestigieuse F.A.C.E school (ndlr : collège montréalais bilingue français/anglais orienté vers l’enseignement artistique) et férue de photographie (ndlr : celle-ci a d’ailleurs suivi une spécialisation en autoportrait à la Concordia University de Montréal). Melissa a également le nez fin en matière de musique. A la fin d’un des premiers concerts canadiens d’un groupe appelé Smashing Pumpkins, celle-ci vient s’excuser après qu’un de ses amis ait jeté une bouteille de bière à leur encontre. La jeune femme est bien loin de se douter que l’amitié qui va naître entre elle et Corgan va lancer sa carrière artistique.

Un trou et de formidables citrouilles

L’histoire de Auf der Maur se lit à travers cette expression sibylline. Un groupe, Melissa en a déjà un : Tinker et quand Billy leur propose d’assurer la première partie des Smashing en 1993 à Montréal, celle-ci saute sur l’occasion. L’année suivante, lorsque Hole cherche une nouvelle bassiste suite au décès de Kristen Pfaff, son prénom apparaît naturellement dans les conversations échangées entre les deux leaders. Un temps d’hésitation et la bassiste met son groupe entre parenthèses pour rejoindre l’aventure Hole avec qui elle enregistrera l’album Celebrity Skin (1996). Après cinq ans de bons et loyaux services et son contrat fini avec un groupe dont les activités semblent au point mort, celle-ci intègre fin 1999 le line-up des Smashing après le départ de D’Arcy Wrestky.

Expérience tout aussi fructueuse pour la jeune femme qui ne tarit pas d’éloges sur la technicité toute particulière qu’elle va apprendre avec ceux-ci. Ni la légendaire tyrannie de Corgan, ni même le perfectionnisme poussé à l’extrême des répétitions ne refroidissent la musicienne toujours prête à apprendre. Fan du groupe depuis ses débuts, celle-ci reconnaît ainsi à ce sujet : « […] C’est surtout mon éducation numéro un en musique. Beaucoup de mes capacités techniques ont été apprises avec les Smashing Pumpkins » (www.musicwaves.fr). L’apport de Melissa est pourtant limité : bouclé avant son arrivée, l’album Machina/The Machines of God vient à peine de sortir que déjà le groupe annonce sa séparation et entame sa tournée d’adieu fin 2000.

Deux groupes de légende se séparant presque simultanément : Auf der Maur porterait-elle la guigne ? Que nenni ! Car entre temps l’artiste a tissé le début d’une carrière indépendante : ses collaborations avec les artistes Ric Ocasek, Rufus Wainwright (ndlr : son ami d’enfance) mais aussi et surtout avec Indochine en chantant avec Nicola Sirkis « Le grand secret » contribueront à la populariser son nom auprès du public français, notamment. Détachée du giron de ses anciens groupes, Melissa continue sur la voie de l’émancipation en montant des groupes éphémères comme Hand of Doom, en hommage à Black Sabbath ou The Chelsea, qui seront autant l’occasion de se produire sur scène et en studio pour livrer des reprises comme des morceaux originaux.

Sobrement intitulé Auf Der Maur, le premier album tant attendu sort le 1er juin 2004 et parachève son indépendance artistique. La longiligne rousse se met au premier plan d’un recueil de chansons orientées rock alternatif qu’elle a co-produit avec Chris Goss et sur lesquelles elle entend démontrer ses qualités d’auteure-compositrice-interprète. Des titres écrits sur une décennie certes mais qui se payent de luxe de voir figurer des guests comme Josh Homme (Queens of the Stone Age) ou Jeordie White (Marilyn Manson) ainsi que ses anciens collègues Eric Erlandson (Hole) et James Iha (Smashing Pumpkins). Le paysage rock peut désormais compter sur Melissa et ses tubes accrocheurs « Followed the Waves », « Real a Lie », « Taste You » à l’éclectisme certain.

En dehors de nos esprits

Résultat plutôt encourageant pour cette artiste en soif de légitimité. Si la presse spécialisée salue l’effort, tout en reconnaissant les influences héritées de ses précédentes formations, celle-ci a bien compris que l’objectif de Melissa est maintenant de construire sa propre carrière. Du punk rock de Hole au heavy metal à tendance psychédélique des Smashing Pumpkins, l’artiste a su faire la synthèse des deux pour créer un univers personnel empreint de « féminité et de furie » (www.ew.com). Il faut dire qu’avec Love, Auf Der Maur est allée à bonne école, celle-ci admettant en toute honnêteté que […]« l’histoire des femmes en musique est très, très forte et importante avec Hole […] » (www.musicwaves.fr).

Deux groupes pour lesquels Melissa reste admirative et qu’elle réintégrerait bien volontiers si l’occasion se présentait. Sauf que voilà, quand ses anciens pygmalions décident en effet de refonder leurs groupes respectifs, la jolie rousse ne fait pas partie des plans (ni les autres membres historiques des deux formations d’ailleurs, si ça peut la consoler). Transition certes radicale mais qui lui permettra de tourner la page d’un chapitre appartenant désormais au passé. Débarrassée de ses fantômes, Auf Der Maur peut enfin se consacrer à sa carrière solo et donner libre cours à ses deux passions : la photographie et la musique.

On l’oublierait presque mais Melissa est une photographe douée dont les travaux ont été publiés dans des magazines de renom et qui a également fait l’objet d’une exposition, intitulée « Channels ». Sans doute cet aspect de l’art visuel s’est imposé de lui-même à l’heure de concevoir son deuxième opus : Out of Our Minds (ou OOMS en abrégé). Car à en juger par le contenu de cet album concept sorti le 30 mars dernier, la vue est autant mobilisée que l’écoute avec un CD, court-métrage et BD invitant à un véritable voyage sensoriel. MADM, car c’est dorénavant comme ceci qu’on doit l’appeler, entraîne ses fans dans une transe artistique où les frontières s’abaissent entre l’intellect et les sentiments.

« Le concept, le vrai message littéral est « voyager hors de ton esprit avec ton cœur » , comme tente de le définir l’artiste multi-conceptuelle. « Peut-être que c’est un voyage abstrait mais avec des mélodies qu’on peut comprendre » (www.musicwaves.fr). Succombez à cette invitation : ce n’est pas souvent qu’on vous propose pareille expérience !

(Les photos proviennent du site http://www.myspace.com/xmadmx)

Sources

Sites internet :
-    http://xmadmx.com
-    http://www.myspace.com/xmadmx
-    http://www.evene.fr
-    http://fr.wikipedia.org
-    http://en.wikipedia.org

Articles :
- Interview Melissa Auf Der Maur (1er Mars 2010) : http://www.musicwaves.fr/frmarticle.aspx?ID=295
- Music Review : Auf der Maur (2004) by Melissa Auf der Maur : http://www.ew.com/ew/article/0,,643190,00.html
- The former Hole & Smashing Pumkins bassist goes it alone… : http://www.bbc.co.uk/music/reviews/mqzf
- Questionnaire Melissa Auf Der Maur : http://exclaim.ca/articles/questionaire.aspx?csid1=142

Nina Hagen

Avec des groupes comme Scorpions, Rammstein ou Tokio Hotel, le rock allemand, dans son sens large du terme, compte quelques icônes internationales. Mais la plus grande artiste du genre reste sans aucun doute Nina Hagen, car la première à avoir bravé la tradition selon laquelle le rock ne se chantait qu’en anglais. Le drolatique et mythique tube « Du hast den farbfilm vergessen » (1974) ouvre la voie et quelques années plus tard c’est la consécration pour la walkyrie punk, autoproclamée « Mère du Punk », avec les albums Nina Hagen’s Band (1978) et Unbehagen (1979). NunSexMonkRock (1982) signe quant à lui le début d’une carrière solo en dents de scie, les déclarations chocs de la diva déjantée desservant son image publique. Retour à une apparente normalité à la fin des années 90 avec sa participation à de nombreux projets artistiques. Le dernier en date ? Son album Personal Jesus sorti le 16 juillet dernier, annonciateur d’un nouveau cheminement spirituel !

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