Archives du mois de novembre 2010

Green Manor

Green Manor

Je l’avoue, j’étais totalement passé à côté de la série Green Manor. Heureusement, Dupuis a eu la bonne idée d’éditer une intégrale de la série, occasion de découvrir des histoires à l’humour noir délicieusement british.

Arno au Casino de Paris – Putain, putain, c’est vachement bien !

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Il y a toujours cette brume étrange au Casino de Paris… Une condensation qu’on ne voit nulle part ailleurs. C’est particulièrement sensible quand la salle est dépourvue de sièges comme ce soir. Ce brouillard pourrait rappeler un petit matin sur les dunes. Est-ce l’intro aux sonorités orientales qui me donne cette impression ?

Joni Mitchell

Peu orthodoxes, ses accords libres et ouverts auraient eu de quoi faire s’arracher les cheveux de nombreux guitaristes classiques… Et pourtant, Joni Mitchell est reconnue par ses pairs comme l’une, si ce n’est la plus grande des chanteuses et compositrices de sa génération. Balayée, la scène folk américaine, dès son arrivée à la fin des sixties : sa voix souple et aérienne, sa poésie rare et la délicatesse de son jeu apportent à ce courant une profondeur encore jamais égalée. Tout aussi unique, son songwriting s’est frotté à tous les styles : du rock à l’avant-garde, en passant par le jazz et la world music, pour aborder l’universel comme des thèmes très personnels… Nombreux sont encore les musiciens, établis ou en devenir, à se réclamer de son influence !

Fille du Nord

Ce sont dans des circonstances quelque peu tragiques que la musique s’imposera à Joni. Fille de Bill et Myrtle Anderson (ndlr : respectivement officier dans la Royal Canadian Air Force et enseignante), Roberta Joan Anderson, de son vrai nom, naît le 7 novembre 1943 à Fort Macleod, dans la partie anglophone du Canada. A l’âge de 9 ans, celle-ci est hospitalisée après avoir contracté la polio et c’est pendant sa longue convalescence que la fillette va utiliser le chant pour passer son temps et celui des autres. Cette thérapie musicale se poursuivra pendant son adolescence en ajoutant au piano, l’apprentissage du ukulélé et de la guitare en autodidacte.

Commençant à se produire sur de petites scènes de Saskatoon à la même époque, Roberta Joan poursuivra des études artistiques à l’Alberta College of Art and Design de Calgary. Quand, en 1964, la jeune femme part tenter sa chance sur la scène folk de Toronto, elle découvre qu’elle est enceinte de son ex, le folkeux Brad MacMath, qui préférera déserter à l’annonce de la nouvelle. Peu de temps après la naissance de Kelly Dale Anderson en février 1965, la jeune mère se marie avec l’auteur-compositeur Chuck Mitchell, dont elle prendra le nom de famille. Faute de moyens et de situation, celle-ci se voit pourtant contrainte d’abandonner sa fille à l’assistance publique : ce lourd secret hantera des années durant ses compositions.

Au cours de l’été de la même année, mari et femme s’installent à Détroit, côté USA. Quelques scènes locales et des passages éclairs à la télé plus tard, le couple se sépare début 1967 et celle que l’on appelle désormais Joni déménage à New York pour poursuivre en solo sa carrière. Si son nom commence à circuler dans le milieu musical, le grand public ne connaît alors Mitchell que par les chansons qu’elle a composées pour des stars telles que la vedette country George Hamilton ou les chanteuses folk Buffy Sainte-Marie et Judy Collins. Repérée un soir par le musicien David Crosby, membre des Byrds et futur Crosby, Still, Nash and Young, la chanteuse enregistre chez Reprise Records un album tout en acoustique intitulé Joni Mitchell / Song to a Seagull. Nous sommes en 1968 et ce premier opus aussi simple qu’efficace en étonnera plus d’un.

California Dreamin’

C’est le début des tournées promotionnelles pour Joni qui se prête volontiers au jeu. Sorti en 1969, Clouds sera l’occasion de se réapproprier les chansons qui lui avaient été « volées » : “Chelsea Morning”, “Both Sides Now” et “Tin Angel” sont désormais créditées à son nom pour la composition et l’interprétation… Un premier Grammy Award lui sera décerné en tant que « Meilleure Performance Folk ». La décennie seventies sera quant à elle ouverte par Ladies of the Canyon (1970) qui s’éloigne du folk originel pour s’ouvrir à la pop et au rock. Plus d’effets, des chœurs et des percussions et pour la première fois des chansons écrites au piano qui deviendront l’autre marque de fabrique « Mitchell ». Succession de hits (“Woodstock”, “The Circle Game” et “Big Yellow Taxi”) pour ce premier disque d’or et déjà la soudaine célébrité effraye l’artiste qui décide aussitôt de prendre une année sabbatique pour s’adonner à la peinture, écrire et composer en voyageant et vivre différentes expériences.

La trêve aura été de courte durée : Blue sort l’année suivante et est un succès critique et commercial quasi immédiat. Si le titre phare « Carey » jouit d’une production savamment étudiée, il n’en contraste que plus fortement avec le restant de l’album plus dépouillé car ce sont avant tout la voix de Joni et ses émotions qui sont ici mis en valeur. Considéré comme le paroxysme des premières œuvres, celui-ci dresse un portrait pessimiste de la société en livrant en même temps des explosions exubérantes de romantisme. Mitchell poursuit cette dualité sur scène et ce n’est qu’en toute logique que For the Roses (1972) et son célèbre single « You Turn Me On, I’m a Radio » s’envolent vers les sommets des charts.

Avec sa fusion de jazz et de rock, Court and Spark (1974) inaugure le début de la période expérimentale de la chanteuse qui ravit toujours autant la critique que ses fans et accède à la célébrité la plus complète. 4 nominations aux Grammy mais une seule récompense pour le « Meilleur Arrangement Instrumental Accompagnant des Choristes ». Accueil mitigé pour The Hissing of Summer Lawns (1975) avant « l’unique » Hejira (1976), à ce jour le plus expérimental de ses albums, le polémique Don Juan’s Reckless Daugther (1977) et Mingus (1979) né de sa collaboration avec le grand jazzman, mort avant la sortie de l’album, lequel sera le premier à ne pas passer la barre des 500 000 exemplaires.

Aux débuts des années 1980, Joni se marie avec le bassiste Larry Klein et quitte Asylum pour Geffen Records. Wild Things Run Fast (1982) signe son retour au songwriting et l’artiste utilise même des extraits de chansons connues, comme le célèbre hit des Righteous Brothers pour “Chinese Cafe/unchained Melody” et le tube d’Elvis Presley “You’re So Square (I don’t Care)” pour renouer avec le succès. S’ensuivent une tournée mondiale l’année suivante et le « mauvais » Dog Eat Dog (1985) marqué par la pop synthé du producteur Thomas Dolby, qui trouvera son salut dans la sortie de Chalk Mark in a Rain Storm (1987), fruit d’une collaboration avec des artistes tels que Billy Idol ou Peter Gabriel. Rares seront désormais les apparitions publiques de Mitchell, qui fera cependant une exception pour participer au concert-événement « The Wall » de Roger Waters, donné à Berlin en 1990.

Il faudra attendre Night Ride Home (1991) et Turbulent Indigo (1994) pour retrouver ce qui avait fait de la chanteuse une icône. Perçu comme le plus accessible de ses derniers albums, le second est ainsi un retour aux sources acoustiques et poétiques, salué par l’attribution de deux Grammys dont le « Meilleur Album Pop ». Constatant le regain d’intérêt à son égard, la jeune divorcée décide de sortir en 1996 un best-of en deux volets : ses plus grands titres (Hits), comme les moins connus (Misses). La sortie de Taming The Tiger en 1998 lui permet de reprendre le chemin de la scène en compagnie de Bob Dylan ou Van Morrison et également de réinterpréter ses nouveaux comme anciens titres sur une guitare-synthétiseur ! Il faut bien vivre avec son temps.

« Ce que tu as jusqu’à ce que tu l’aies perdu »

Au tournant des années 2000, l’autre changement qui s’opère chez Joni, c’est sa voix qui devient plus grave, à cause de certains problèmes de santé et de son tabagisme légendaire. Ses albums suivants Both Sides, Now (2000) et Travelogue (2002) lui donnent ainsi l’opportunité de réinterpréter standards du jazz et compositions personnelles sur un nouveau registre vocal gagnant en maturité. En froid avec l’industrie musicale dont elle méprise le système, Mitchell concédera réaliser seulement deux compilations, l’une sur sa collaboration avec Geffen : The Complete Geffen Recordings (2003) ainsi que trois thématiques : The Beggining of Survival (2004), Dreamland (2004) et Songs of a Prairie Girl (2005). Avant de se raviser sur la sortie d’un nouvel album studio : Shine (2007), en partie inspiré par la Guerre en Irak.

A l’entendre pester contre la société de consommation, la sexagénaire n’a rien perdu de sa verve assassine pour dresser un portrait au vitriol de ses congénères. Avant, les désastres écologiques (“Big Yellow Taxi”), les nobles causes vite oubliées (« Woodstock ») ou ces télévangélistes aux prédications surtaxées (« Tax free »), maintenant place aux accros à la téléphonie mobile (« Bad dreams are good ») et aux terrains de jeux pour enfants comme seules enclaves de liberté dans un pays ravagé par la guerre (« Shine »). Travers sociétaux comme tourments intimes ont toujours fait partie de l’écriture Mitchell : évoqué en filigrane dans des titres comme « Little Green » (1971), l’abandon de sa fille ne fait pas exception « (…) Mon enfant est un étranger/ Je l’ai porté/ Mais je n’ai pas pu l’élever » (in « Chinese Cafe » sorti en 1987). Un traumatisme exorcisé par les retrouvailles entre mère et fille en 1997.

On lui prête un tempérament volcanique, un tableau de chasse légendaire (Rolling Stone la raillera en dressant un arbre généalogique de ses liaisons amoureuses), un léger grain de folie, qu’importe Joni reste une artiste multi-cartes, polyinstrumentiste, grande chanteuse et musicienne adoubée au Rock’n’Roll Hall of Fame, peut-être un peu trop en avance sur son temps. Celle qui se pense « peintre d’abord, musicienne ensuite » (jonimitchell.com), conceptrice de l’artwork de chacun de ses albums, résume toute son essence en ces quelques mots : « Je suis une personne profonde née dans un monde superficiel » (www.telerama.fr). Si Mitchell n’avait pas chanté, aurait-elle touché toute une génération d’artistes aussi variée que Frank Zappa, Crosby Still Nash and Young, en passant par Sonic Youth, Tori Amos, Prince, Alanis Morissette, Janet Jackson, Madonna et Björk? Pour ne citer qu’eux, car on pourrait continuer encore longtemps la longue liste de tous ses admirateurs passés, présents et à venir!

(Les photos proviennent du site http://www.facebook.com/pages/JoniMitchellcom/311982632435)

Sources

Sites internet :
- http://jonimitchell.com/
- http://www.evene.fr
- http://fr.wikipedia.org
- http://en.wikipedia.org

Articles :
- Joni Mitchell album guide : http://www.rollingstone.com/music/artist/album/news/artists/8828/58378/58457
- Blue Review – Joni Mitchell : http://www.allmusic.com/album/blue-r13209
- Jody Denberg’s Conversation with Joni Mitchell : http://jonimitchell.com/library/view.cfm?id=1362
- Rencontre avec l’incorruptible chanteuse Mitchell : http://www.telerama.fr/musique/25740-incorruptible.php
- Bob Dylan is a ‘plagiarist’, claims Joni Mitchell : http://www.guardian.co.uk/music/2010/apr/23/bob-dylan-joni-mitchell

Batailles

Quoi de plus thérapeutique que de guérir les maux par les mots ? Sur cette page s’alignent quelques vers ou simple prose, dotés de rimes et/ou de rythmes, pour exprimer des émotions qui parfois nous enserrent le cœur et l’esprit… Libre à vous de vous reconnaître ou non au travers de ces quelques phrases, qui reflètent aussi bien les joies, les peines, les espoirs et les rêves que l’on peut tous ressentir un jour.

De bleus en jaunes
Les blessures s’achèvent

Les douleurs s’amenuisent
Puis les nuits s’apaisent,

Les feuilles rougissent
Et la pluie se glace.

D’une lente grandeur
Tes mots se fendent,

Tes jours s’épuisent
Les mémoires fleurissent.

Le vent prend tout
Restent les arbres chauves,

Les branches se raidissent
Et les rancunes s’estompent.

Le vintage

Mode vintage - Crédit : Hélène Baudouin

Dans la vie, il y a des gens qui ont la classe, et d’autres … moins. Les gens à qui tout sourit, dont le quotidien n’est qu’amour et beauté (et gloire … elle est beaucoup trop facile, cette blague !) et les gens qui mettent le pied droit dans une déjection canine, le gauche dans une flaque, et les deux dans le plat. Ces deux catégories d’individus sont pour moi reconnaissables selon un test bien précis : une sortie friperies.

Qui est le fameux raspoutine de la chanson du même nom ?

Raspoutine

« Ra, Ra, Rasputin, lover of the Russian Queen, there was a cat that really was gone, ra ra Rasputin ». Qui n’a pas trémoussé son plus ou moins ravissant popotin sur cette chanson cultissime du groupe Boney M ? Parce que même si on n’était pas né à l’époque, c’est le genre de chanson qui traverse les âges, un peu comme I will survive ou l’Internationale !

Ana Caravelle – Basic Climb

Anahita Navab a 22 ans, elle étudie la psychologie à la célèbre université californienne UCLA. Elle est aussi multi-instrumentiste et a récemment sorti son premier album via Non Projects.

Ana joue de la musique depuis ses cinq ans. Le piano d’abord, puis vers treize ans de la guitare pour accompagner ses premiers textes. Ces instruments aussi classique qu’inépuisable ne la satisfont pas complètement et son envie de changement la pousse vers l’harmonium, le glockenspiel, la scie musicale et enfin la harpe qui devint pour elle une véritable obsession.
Une autre de ses obsessions est la musique, elle cite dans ses inspirations Björk, Amina, Sigur Rós, Beirut… Ana est aussi passionnée par la musique bulgare et fait d’ailleurs partie d’une chorale universitaire dédiée aux chants bulgare, qui s’est d’ailleurs produite en Bulgarie.
Elle a aussi fréquentée, toujours dans son université, l’UCLA Contemporary Jazz Large Ensemble et ne cache pas son admiration pour Dinah Washington et Billie Holliday.
Enfin il lui est difficile de ne pas citer (pas être parce que c’est ce que l’on attend d’elle) Joanna Newsom.

Alors oui, Ana et Joanna jouent de la harpe, une musique folk moderne et pourtant d’inspiration traditionnelle, et oui elle ont toutes deux une voix… particulière. Des comparaisons évidentes qui pourtant ne signifie pas que les deux harpistes sont comparables. Là où les inspirations de Joanna viennent d’un univers féérique arrangé dans le style appalachian-folk, Ana est bien plus terre-à-terre dans son écriture, et musicalement plus proche de la culture britannique.

Le premier album d’Ana, publié sous le nom Ana Caravelle, s’intitule Basic Climb, il est sorti fin septembre 2010. Avec seulement 6 titres mais quarante minutes, il permet d’entrer dans l’univers enivrant de l’artiste californienne.

L’album s’ouvre sur Where Have You Been?, question que l’on souhaiterait lui retourner car elle s’inscrit tellement bien dans le paysage musicale actuel que l’on pourrait avoir l’impression qu’elle a toujours été présente. Immédiatement sa musique et son chant fond preuve d’une grande vitalité, à chaque nouvelle “chanteuse à harpe” (car oui il y’en a d’autres) on s’attend plus ou moins à de la musique de chambre un peu molle (loin de moi l’idée de dénigrer ce genre dans lequel les plus grands compositeurs se sont illustré). La surprise n’en est que plus belle.

Le rythme inscrit par ce premier bijou musical est maintenu sur toute la durée de l’album.
Sa plus grande inspiration pour l’écriture de cet album, mis à part son côté pseudo-biographique, fut son domaine d’étude : la psychologie. C’est cette particularité qui la rend si moderne, son mode d’écriture empirique l’ancre totalement dans la réalité, là où sa harpe tente de l’entraîner dans un univers plus onirique. La production de ses titres en une musique fragmentée, non-linéaire, appuie cet aspect de sa composition.
Bien sûr, utiliser comme inspiration l’étude de la psyché peut avoir un côté sombre (écouter l’effrayant Shapeshifting), mais la sonorité de son instrument fétiche et ses harmonies sont heureusement là pour nous rassurer.

Même si le cheminement de l’album peut paraître chaotique lors de la première immersion, l’impression générale qui en ressort est plus proche du bien-être et d’apaisement ressenti lors de la sortie d’un jardin luxuriant… que l’on a un instant pensé devenir un labyrinthe.

Ana Caravelle – “Where Have You Been?” by NONPROJECTS

Son MySpace : myspace.com/anacaravelle

Elles aiment les bad boys

Bad Boys : Hulk, Marilyn Manson et Tommy Lee/Pamela Anderson

J’ai compris récemment que notre testostérone, bien dosée, est un des composants du ciment de pas mal des couples qui tiennent. Bien sûr, il y a des exceptions, mais à mon avis et contrairement à ce qu’on pourrait penser être tout mignon, tout gentil, et tout pas viril avec sa copine n’est pas forcément la meilleure stratégie à adopter pour la garder.

Les favorites royales

Les favorites royales c’est un peu l’envers de l’Histoire… la petite dans la grande… des femmes de l’ombre, des amies, des maîtresses, des amoureuses sincères, des confidentes qui ont influencé les plus grands rois jusque dans leur façon de gouverner et d’appréhender le royaume. Derrière chaque grand homme, il y a très souvent une femme influente et aimée. Le cœur à ses raisons que la raison ignore…

Agnès Sorel (1442-1450) , la première…

D’Agnès Sorel, il nous reste un portrait célèbre de Jean Fouquet, représentant, sous les traits d’une Vierge à l’Enfant, celle que ses contemporains considéraient comme l’une des plus belles femmes du royaume. La jeune femme y apparaît la poitrine à moitié dévêtue, selon la mode qu’elle avait elle-même contribué à lancer à la cour du roi Charles VII.
Si Agnès Sorel a laissé son nom dans l’histoire, ce n’est pas seulement à cause de sa beauté : c’est aussi parce qu’elle fut la première à porter officiellement le titre de favorite royale du roi de France, inaugurant ainsi une fonction qui allait voir se succéder bien des titulaires jusqu’à la fin du XVIIIe siècle!
Née vers 1442, fille d’un seigneur appartenant à la suite du comte de Clermont, la jeune Agnès reçoit une éducation soignée et devient dame de compagnie d’Isabelle de Lorraine, épouse du roi René. En 1443, elle rencontre à Toulouse le roi de France Charles VII qui, fasciné par sa beauté, en fait immédiatement sa maîtresse.
L’influence politique de la belle Agnès fut réelle, elle a ainsi pu favoriser ses protégés et participer aux affaires du royaume. La belle blonde au teint clair a ainsi suscité haines et jalousies. Une autopsie de ses restes réalisée récemment montre que la favorite de Charles VII, morte à vingt-huit ans d’un flux de ventre, a sans doute été empoisonnée… la vie de favorite royale était une fonction dangereuse. Louis XI, le fils de Charles VII, serait l’auteur de cet empoisonnement, ne supportant plus de voir sa mère, Marie d’Anjou, souffrir de la présence de la maîtresse de son mari.

Anecdote:
Depuis deux siècles, l’Hôtel Lallemant de Bourges, maintenant Musée des Arts Décoratifs, possède une mèche de cheveux bruns attribuée à Agnès Sorel, qui était blonde. L’étude effectuée en 2004/2005 sur les restes de la favorite du tombeau de Loches a permis d’authentifier la mèche de cheveux de Bourges. La couleur actuelle serait le résultat naturel du passage des siècles.

Pour en savoir plus:
- Philippe Robert, Agnès Sorel, Hachette, Paris, 1983
- Françoise Kermina, Agnès Sorel : la première favorite, Perrin, Paris, 2005

Madame de Montespan (1640-1707): La passionnée…

« A la plus surprenante beauté, elle joignait l’esprit le plus vif, le plus fin, le mieux cultivé, cet esprit héréditaire dans sa famille », écrira Madame de Sévigné, pourtant peu prodigue de compliments, de celle qui fut l’une des plus célèbres maîtresses du Roi Soleil. Françoise de Rochechouart de Montemart est en effet issue d’une des plus vieilles familles de la noblesse d’épée, et se fait remarquer très tôt par sa beauté et son esprit. Arrivée à la cour de France à la fin des années 1650 grâce à la protection de la reine-mère Anne d’Autriche, elle épouse en 1663 le marquis de Montespan, dont elle aura deux enfants.
C’est toutefois sa rencontre avec le jeune roi Louis XIV, en 1666, qui décide de son destin. La blonde beauté supplante rapidement dans le coeur du monarque la duchesse de la Vallière : dès 1667, elle est la maîtresse en titre du roi. Le marquis de Montespan a du mal à accepter son sort et vient faire scandale à la cour, il sera exilé jusqu’à la fin de ses jours sur ses terres de Champagne. Il ne fait pas bon être le mari d’une favorite royale…
La belle Athénaïs, le surnom précieux que s’est choisi la marquise, va commencer un règne fastueux exerçant sur le coeur du roi une grande influence qui lui permit d’obtenir de l’autorité dans les affaires du royaume. Ministres et courtisans réclamaient son avis et suivaient ses conseils. Elle fut au coeur de nombreux secrets d’État. Elle créa également autour d’elle une cour brillante et protégea des artistes tels que La Fontaine ou Molière.
La belle Athénaïs finira pourtant par tomber en disgrâce suite à l’affaire des Poisons: accusée d’avoir fréquenté l’empoisonneuse La Voisin et participé à des messes noires et autres sacrifices… Compromise à tort (on le sait aujourd’hui) la marquise est mise à l’écart par Louis XIV après 1680, non sans lui avoir donné sept enfants dont six furent légitimés. Leur éducation avait été confiée à Madame de Maintenon, future épouse du Roi Soleil et grande rivale de Madame de Montespan. Epuisée par cette vie, elle se retire et meurt à l’âge de 66 ans.

Anecdote:

Pour son maquillage, Mme de Montespan utilisait en abondance, comme une bonne partie des dames de la cour, du blanc de céruse, qui n’est autre que du carbonate de plomb, interdit en 1905 à cause de sa grande toxicité.

Pour en savoir plus:
- Jean-Christian Petitfils, Madame de Montespan, Fayard, 1988
- Jean Teulé, Le Montespan, Julliard, 2008, Grand Prix du roman historique

La marquise de Pompadour (1721-1764): La plus célèbre…

Jeanne-Antoinette Poisson, de naissance modeste, n’est pas arrivée par hasard dans le lit du roi Louis XV: son accession au rang de favorite royale est au contraire le résultat d’un stratagème minutieusement élaboré. Invitée à un bal masqué organisé par le roi en mars 1745, à l’occasion du mariage du dauphin, elle est présentée à Louis XV par les frères Parîs, ses protecteurs influents. Charmé, le roi l’installe rapidement à Versailles et fait aménager un escalier secret qui lui permet de rejoindre à tout moment les appartements de sa nouvelle maîtresse.
Une simple roturière devenue favorite du roi!!! Cela n’est guère du goût de la famille royale, ni de la plupart des courtisans eux-même issus de la noblesse, et Jeanne se retrouve rapidement en butte à des « poissonnades », chansons malveillantes qui rappellent que son père, François Poisson, était un escroc.
Cela n’empêche pas la belle Jeanne d’obtenir du roi, dès juillet 1745, le marquisat de Pompadour, ni d’exercer jusqu’à sa mort un rôle politique inédit pour une favorite. La marquise, il est vrai, a cessé assez vite, toute relation intime avec le roi pour devenir sa confidente, son amie dévouée, et aussi l’ordonnatrice de ses plaisirs, n’hésitant pas à fournir à Louis XV tout un cheptel de jeunes filles, logées dans la Maison du Parc aux Cerfs à Versailles. Elle conserve ainsi sur Louis XV une influence paradoxalement bien plus grande que si elle était demeurée sa maîtresse et règne sur les affaires du royaume pendant près de quinze ans. A la cour, Jeanne-Antoinette s’entoure d’artistes, d’écrivains et de philosophes : outre Diderot, Voltaire ou d’Alembert, la marquise convoque des peintres et des architectes pour donner un nouveau goût aux appartements du château. C’est ainsi que naît le style « Louis XV » ou « Pompadour ». Si Jeanne-Antoinette n’est plus la maîtresse du roi, elle a su rester l’amie fidèle et s’intéresse bientôt aux affaires de l’État : elle prend des décisions politiques, nomme et renvoie les ministres.  L’Impératrice d’Autriche Marie-Thérèse lui écrira personnellement, sollicitant l’appui de la France contre la Prusse. Jeanne-Antoinette poussera Louis XV à soutenir l’Autriche : il en résultera la guerre de sept ans de 1756 à 1763. Elle occupe ainsi la place virtuelle de premier ministre du roi et siège au Conseil.
Épuisée par des années d’intrigues à la cour, elle meurt le 15 avril 1764 au château de Versailles. Elle fut la seule favorite à mourir dans la demeure royale. Le roi organisa ses obsèques mais ne pu y assister. En regardant le convoi funéraire depuis son balcon, Louis XV déclara « Voilà les seuls devoirs que j’ai pu lui rendre…une amie de vingt ans ». Le souverain manifesta un profond chagrin à la mort de celle qu’il n’avait jamais cessé d’aimer.

Anecdotes:
La légende veut que la marquise de Pompadour ait eu une passion pour la soupe de truffes et de céleri arrosée de tasses de chocolat ambré « échauffant les esprits et les passions ».
Grande amatrice de champagne, dont elle aurait dit, selon la légende, qu’il est « le seul vin qui laisse la femme belle après boire », elle favorisa sa consommation à Versailles. Une légende veut que la première coupe de champagne fût moulée sur son sein.


Pour en savoir plus:

- Gallet, Danielle, Madame de Pompadour ou le pouvoir féminin, Fayard, 1985 ;
- Lever, Évelyne, Madame de Pompadour, Perrin, coll. « Tempus », 2003.

Toutes ces femmes, officielles non officielles, ont influé sur le coeur de grands rois et ont joué leurs rôles dans la grande Histoire qui nous est léguée aujourd’hui. Elles ne sont pas les seules, bien évidemment : Diane de Poitiers et Henri II, Gabrielle d’Estrées et Henri IV, la comtesse du Barry et Louis XV (etc.) sont autant d’autres exemples et il ne serait pas difficile de remonter jusqu’à nos jours… les favorites… ces femmes choisies pour leur beauté et bel esprit, qui ont à chaque fois réussi (pour celles qui le voulaient vraiment) à devenir plus que de simples maîtresses dévouées. Certaines se sont ainsi muées en de réelles femmes de pouvoir, régnant à la fois sur les coeurs et la cour!

Glee

Ce mois-ci, nous allons monter sur scène et chanter avec la série montante Glee.

Glee, c’est le pari un peu fou de Ian Brennan, Brad Falchuk et Ryan Murphy de créer une série musical sur le thème de la chorale du lycée.

Lorsque Will Schuester (Matthew Morrisson)  arrive comme professeur d’espagnol au lycée McKinley, il constate que le Glee Club n’est plus que l’ombre de lui-même. Membre de cette même chorale à l’époque de ses années glorieuses, Will décide de réanimer le Glee Club en prenant en charge sa direction. Organisant des auditions au sein du lycée, il crée une nouvelle chorale riche en personnalité entre loosers, footballeurs, pom-pom girls…

Avec l’enthousiasme de Will, le Glee Club va s’unir pour gagner les élections régionales et retrouver ses lettres de noblesse.

Glee n’est définitivement pas une série comme les autres. Dans un univers coloré et décalé, les personnages évoluent au rythme des chansons populaires américaines. Les personnages, tous plus loufoques les uns que les autres, cherchent à se construire au sein d’un univers rude qu’est le lycée. Entre Rachel (Lea Michele), la jeune surdouée vocale et hystérique qui n’a de cesse de rêver de Brodway ; Kurt (Chris Colfer), l’homosexuel extraverti ou Santana (Naya Rivera), la pom-pom girl sexy et peste ; les personnalités hautes en couleurs ne manquent pas.

Et bien sûr, il y a le coach des pom-pom girls, Sue Silvester (Jane Lynch) qui ne veut que la mort du Glee Club afin de récupérer tous les fonds financiers pour son propre club.

Et que serait Glee sans les histoires d’amour loufoques qui unissent nos personnages ? La femme de Will, Terri (Jessalyn Gilsig) est hilarante avec ses névroses sans parler du personnage de Emma Pillsbury (Jayma Mays), la conseillère d’éducation souffrant de TOC.

Vous l’avez cerné, Glee propose un univers et des personnages atypiques, loin des clichés des autres séries américaines.

Mais si le ton de Glee est l’humour, la série délivre aussi des messages plus subtils. Le principal est surement celui de la tolérance. En effet, le Glee Club accueille les « loosers » du lycée, ceux qui finissent dans les poubelles ou se prennent des jus de fruits dans la figure. Au sein du Glee Club, les populaires (comme les pom-pom girls) vont côtoyer les impopulaires et apprendre à les connaître. Les lignes ne deviennent plus si claires lorsque les uns et les autres apprennent à se connaître et se battent pour le succès de la chorale. Egalement, dans l’un des derniers épisodes, le thème de la foi est abordé au travers de chansons. C’est de façon très subtil que les scénaristes rappellent le droit à la croyance ou non.

Glee, c’est aussi cette idée incroyable d’intégrer des chansons dans une série. Si des séries ont déjà tenté l’épisode musical, personne n’avait encore osé le pari d’une série où chaque épisode serait rythmé de chorégraphies et de chansons.

Et il faut avouer que le travail accomplit est colossal entre les danses et le nombre de chansons chantés par épisode. Dans Glee, les chansons sont utilisées pour exprimer ses sentiments. Les personnages chantent parfois seuls ou devant leurs camarades pour s’excuser d’un comportement par exemple.

Glee, c’est une série un peu hors-norme dans le paysage télévisuel. S’il faut avouer que le concept déconcerte au départ, on tombe rapidement sous le charme de cette bande d’écloper de la vie passionné par ce bel art qu’est la musique. Et puis, ne dit-on pas que la musique adoucit les mœurs ?

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