Monthly Archives: octobre 2010

Caton ou Professeur de Michel Brèthes

Michel Brèthes est né à Bordeaux le 24 décembre 1944. Avant d’être édité, cet écrivain était professeur d’Education Physique et Sportive  en Charente puis en Gironde. Aujourd’hui à la retraite, ce passionné d’écriture écrit des contes, des portraits, des poèmes, de courts textes et des romans.

Passionné par l’être humain en général, il écrit beaucoup, et c’est sur les conseils de ses amis qu’il publie un de ses romans “Caton ou professeur” en 2008 aux éditions Persée.

“Caton ou Professeur” est une pure fiction qui raconte le Bordeaux des étudiants des années 60/70. Michel Brèthes au travers de ce roman dépeint ainsi une chronique sociale qui met en scène deux protagonistes, Caton, personnage principal, clochard, marginal érudit, et Paul, jeune étudiant. Avec humour et émotion, l’auteur nous emmène dans une relation humaniste entre deux hommes, deux générations différentes, que la culture rassemble.

Devant la faculté, Caton harangue les professeurs d’université et soutient les étudiants. Ce personnage, haut en couleurs, -et dont le prénom Caton a été choisi en référence à Caton, l’ancien, qui dans sa jeunesse fut adepte du stoïcisme-, rencontre Paul avec lequel une belle histoire d’amitié va les unir, et dans laquelle Caton va se livrer. Paul va ainsi déccouvrir la vie de cet homme sur les marches de la fac et ailleurs avec celle de ses compagnons de fortune.

L’auteur nous entraîne dans cette tranche de vie passionnante où le lecteur observe  une magnifique rencontre  entre deux êtres. Michel Brèthes en écrivant ce roman s’est identifié aux deux personnages principaux, dont Bordeaux et son milieu étudiant des années 1970 est le décor.

Si ce roman n’est pas autobiographique d’après son auteur, il y a pourtant beaucoup de ses qualités pour ceux qui l’ont connu en tant que professeur. En effet, Michel Brèthes, enseignant, a toujours eu le souci de mettre en valeur les aspects positifs de ses élèves et leur transmettre avec passion la richesse des rapports humains.

Avec une écriture agréable, poétique et généreuse où se mêlent la célébration de l’amitié, des situations cocasses et surtout le respect de l’homme, Michel Brèthes écrit là un roman unique et sensible à la fois dans lequel on se laisse porter grâce à l’enthousiasme de son auteur qui su composé une belle histoire. On s’attache à Caton, au personnage, à son histoire qui nous émeut et dont on ne peut se détacher.

Professeur d’EPS pendant plus de trente ans, Michel Brethes, grand lecteur de bd, romans et récits divers, a exercé son métier avec passion, ce métier qui lui a permis d’observer l’humain et inspiré ses histoires. Intéressé par la différence, par la vie, ses sources d’inspiration sont les relations entres les êtres humains, la femme et les relations entre  l’homme et la femme. Il a déjà plusieurs romans à son actif et a participé à divers salons en province.

Michel Brethes écrit par passion de l’écriture, mais aussi pour rattraper le temps passé auprès de ses élèves et ses enfants, écrire pour exister, pour être lu, pour laisser une trace. Cet écrivain, boulimique de mots, écrit avec plaisir, et talent, cet auteur se dit “inventeur d’histoires”… et il le fait très bien.

Un après-midi au SPA

SPA - Crédit : Hélène Baudouin

Selon la formule latine «Sanitas per acqua», le SPA signifie, la santé par l’eau, et pour cause, cet endroit dédié au bien-être, rassemble en son sein: hammams, saunas, piscines intérieures, Jacuzzi, espaces de massages et de gommages. Le principe est à peu près le même que celui de la Thalasso thérapie, complexe pour vacanciers en quête de repos, ainsi que des cures dans les villes thermales. On se souvient du sketch un Gars une Fille où Loulou s’ennuie à mourir! L’élément Eau est donc à l’honneur, il purifie la peau, détend les muscles, soigne les courbatures et les rhumatismes. Ainsi, le SPA propose les même services, mais il se trouve plus près de chez vous, en ville ou en périphérie. Il en existe de toutes sortes, des plus classiques, jusqu’à ceux qui proposent le fameux bain de boue, à base de boue marine, argileuse, et volcanique (autrement appelé vase). Après tout, Brigitte Bardot telle un reine d’Egypte, s’immergeait volontiers dans des bains de lait d’ânesse. Voilà qui est bien régénérant! Pourquoi ne pas essayer? Finalement, c’est un peu comme aller à la piscine, sans l’aspect trop sportif, on peut aller et venir du sauna, sec et plus élevé en température, de 70 à 100 degrés, au hammam, humide, mais dont la température reste supportable, 45 degrés. Comme à Djibouti quoi !

Souad Massi – Ô Houria

Après l’israélienne Yael Naîm, c’est l’algérienne Souad Massi qui profite de la « douce France » pour réussir un album mariant les rythmes de l’orient avec la musique rock et folk. Avant Ô Houria qui sortira dans les bacs le 8 novembre prochain, Souad Massi a abordé de nombreux genres musicaux y-compris le hard rock et a été l’égérie de la jeunesse algérienne dans les années 90. Depuis une dizaine d’années, elle est installée en France où elle a sorti trois albums studio.

Ce nouvel album « Ô Houria » co-réalisé par Michel Françoise et Francis Cabrel devrait connaître un bon succès en France grâce à de superbes mélodies plus folk et plus rock que dans les précédents. Souad Massi y mêle le chaâbi (musique populaire algérienne), la musique arabo-andalouse et chante en arabe algérien, en berbère et en français. On entend même Francis Cabrel chanter en arabe sur le très beau duo « Tout reste à faire ». Les guitares ont la partie belle mais également le « oud » (luth à manche court) virtuose de Mehdi Habbad. Les paroles sont poétiques et parfois engagées et devraient toucher aussi bien les français que les algériens.

Cet album ne contient que des merveilles et mérite votre écoute.

Souad Massi sera en concert le 9 novembre 2010 à la Cigale, puis dans toute la France.

Myspace : http://www.myspace.com/massisouad

Melissa Auf der Maur

Quel est le point commun entre Hole et les Smashing Pumpkins? La légendaire mégalomanie de leurs leaders ? Une intimité jadis partagée pour Courtney (Love) et Billy (Corgan), un temps amants ? Pas seulement. Les fans avertis auront trouvé un autre dénominateur commun : Melissa Auf Der Maur. Ou comment cette bassiste a marqué l’histoire des deux groupes pour devenir l’une des musiciennes les plus prometteuses de sa génération. Son dernier album solo, Out of Our Minds sorti en mars dernier, en est l’évidence même. Prêts pour un voyage en dehors de votre esprit ? C’est parti !

Itinéraire d’une enfant gâtée

C’est du côté germanophone de la Suisse qu’il faut aller chercher les racines des Auf Der Maur (littéralement « sur le mur » en suisse allemand). Son nom, Melissa en est d’autant plus fière qu’il est en voie d’extinction. Née le 17 mars 1972 à Montréal, son père n’est autre que Nick Auf Der Maur, célèbre journaliste et politicien québécois tandis que sa mère, Linda Gaboriau, américaine d’origine, est à la fois traductrice littéraire, journaliste et dramaturge à ses heures et surtout la première femme DJ à s’illustrer au Québec ! Avec la double nationalité canadienne et américaine, Melissa évolue en toute logique dans une culture bilingue français-anglais.

Elève brillante, on la sait ancienne élève de la prestigieuse F.A.C.E school (ndlr : collège montréalais bilingue français/anglais orienté vers l’enseignement artistique) et férue de photographie (ndlr : celle-ci a d’ailleurs suivi une spécialisation en autoportrait à la Concordia University de Montréal). Melissa a également le nez fin en matière de musique. A la fin d’un des premiers concerts canadiens d’un groupe appelé Smashing Pumpkins, celle-ci vient s’excuser après qu’un de ses amis ait jeté une bouteille de bière à leur encontre. La jeune femme est bien loin de se douter que l’amitié qui va naître entre elle et Corgan va lancer sa carrière artistique.

Un trou et de formidables citrouilles

L’histoire de Auf der Maur se lit à travers cette expression sibylline. Un groupe, Melissa en a déjà un : Tinker et quand Billy leur propose d’assurer la première partie des Smashing en 1993 à Montréal, celle-ci saute sur l’occasion. L’année suivante, lorsque Hole cherche une nouvelle bassiste suite au décès de Kristen Pfaff, son prénom apparaît naturellement dans les conversations échangées entre les deux leaders. Un temps d’hésitation et la bassiste met son groupe entre parenthèses pour rejoindre l’aventure Hole avec qui elle enregistrera l’album Celebrity Skin (1996). Après cinq ans de bons et loyaux services et son contrat fini avec un groupe dont les activités semblent au point mort, celle-ci intègre fin 1999 le line-up des Smashing après le départ de D’Arcy Wrestky.

Expérience tout aussi fructueuse pour la jeune femme qui ne tarit pas d’éloges sur la technicité toute particulière qu’elle va apprendre avec ceux-ci. Ni la légendaire tyrannie de Corgan, ni même le perfectionnisme poussé à l’extrême des répétitions ne refroidissent la musicienne toujours prête à apprendre. Fan du groupe depuis ses débuts, celle-ci reconnaît ainsi à ce sujet : « […] C’est surtout mon éducation numéro un en musique. Beaucoup de mes capacités techniques ont été apprises avec les Smashing Pumpkins » (www.musicwaves.fr). L’apport de Melissa est pourtant limité : bouclé avant son arrivée, l’album Machina/The Machines of God vient à peine de sortir que déjà le groupe annonce sa séparation et entame sa tournée d’adieu fin 2000.

Deux groupes de légende se séparant presque simultanément : Auf der Maur porterait-elle la guigne ? Que nenni ! Car entre temps l’artiste a tissé le début d’une carrière indépendante : ses collaborations avec les artistes Ric Ocasek, Rufus Wainwright (ndlr : son ami d’enfance) mais aussi et surtout avec Indochine en chantant avec Nicola Sirkis « Le grand secret » contribueront à la populariser son nom auprès du public français, notamment. Détachée du giron de ses anciens groupes, Melissa continue sur la voie de l’émancipation en montant des groupes éphémères comme Hand of Doom, en hommage à Black Sabbath ou The Chelsea, qui seront autant l’occasion de se produire sur scène et en studio pour livrer des reprises comme des morceaux originaux.

Sobrement intitulé Auf Der Maur, le premier album tant attendu sort le 1er juin 2004 et parachève son indépendance artistique. La longiligne rousse se met au premier plan d’un recueil de chansons orientées rock alternatif qu’elle a co-produit avec Chris Goss et sur lesquelles elle entend démontrer ses qualités d’auteure-compositrice-interprète. Des titres écrits sur une décennie certes mais qui se payent de luxe de voir figurer des guests comme Josh Homme (Queens of the Stone Age) ou Jeordie White (Marilyn Manson) ainsi que ses anciens collègues Eric Erlandson (Hole) et James Iha (Smashing Pumpkins). Le paysage rock peut désormais compter sur Melissa et ses tubes accrocheurs « Followed the Waves », « Real a Lie », « Taste You » à l’éclectisme certain.

En dehors de nos esprits

Résultat plutôt encourageant pour cette artiste en soif de légitimité. Si la presse spécialisée salue l’effort, tout en reconnaissant les influences héritées de ses précédentes formations, celle-ci a bien compris que l’objectif de Melissa est maintenant de construire sa propre carrière. Du punk rock de Hole au heavy metal à tendance psychédélique des Smashing Pumpkins, l’artiste a su faire la synthèse des deux pour créer un univers personnel empreint de « féminité et de furie » (www.ew.com). Il faut dire qu’avec Love, Auf Der Maur est allée à bonne école, celle-ci admettant en toute honnêteté que […]« l’histoire des femmes en musique est très, très forte et importante avec Hole […] » (www.musicwaves.fr).

Deux groupes pour lesquels Melissa reste admirative et qu’elle réintégrerait bien volontiers si l’occasion se présentait. Sauf que voilà, quand ses anciens pygmalions décident en effet de refonder leurs groupes respectifs, la jolie rousse ne fait pas partie des plans (ni les autres membres historiques des deux formations d’ailleurs, si ça peut la consoler). Transition certes radicale mais qui lui permettra de tourner la page d’un chapitre appartenant désormais au passé. Débarrassée de ses fantômes, Auf Der Maur peut enfin se consacrer à sa carrière solo et donner libre cours à ses deux passions : la photographie et la musique.

On l’oublierait presque mais Melissa est une photographe douée dont les travaux ont été publiés dans des magazines de renom et qui a également fait l’objet d’une exposition, intitulée « Channels ». Sans doute cet aspect de l’art visuel s’est imposé de lui-même à l’heure de concevoir son deuxième opus : Out of Our Minds (ou OOMS en abrégé). Car à en juger par le contenu de cet album concept sorti le 30 mars dernier, la vue est autant mobilisée que l’écoute avec un CD, court-métrage et BD invitant à un véritable voyage sensoriel. MADM, car c’est dorénavant comme ceci qu’on doit l’appeler, entraîne ses fans dans une transe artistique où les frontières s’abaissent entre l’intellect et les sentiments.

« Le concept, le vrai message littéral est « voyager hors de ton esprit avec ton cœur » , comme tente de le définir l’artiste multi-conceptuelle. « Peut-être que c’est un voyage abstrait mais avec des mélodies qu’on peut comprendre » (www.musicwaves.fr). Succombez à cette invitation : ce n’est pas souvent qu’on vous propose pareille expérience !

(Les photos proviennent du site http://www.myspace.com/xmadmx)

Sources

Sites internet :
-    http://xmadmx.com
-    http://www.myspace.com/xmadmx
-    http://www.evene.fr
-    http://fr.wikipedia.org
-    http://en.wikipedia.org

Articles :
- Interview Melissa Auf Der Maur (1er Mars 2010) : http://www.musicwaves.fr/frmarticle.aspx?ID=295
- Music Review : Auf der Maur (2004) by Melissa Auf der Maur : http://www.ew.com/ew/article/0,,643190,00.html
- The former Hole & Smashing Pumkins bassist goes it alone… : http://www.bbc.co.uk/music/reviews/mqzf
- Questionnaire Melissa Auf Der Maur : http://exclaim.ca/articles/questionaire.aspx?csid1=142

Quelle voisine êtes-vous ?

quelle_voisine_etes_vous

Les voisins sont des gens cools. Les miens par exemple font soit des soirées aux goûts musicaux assez étranges (« et on fait tourner les serviettes ! »), soit ils me font partager leurs ébats bruyants me rappelant que le célibat, c’est dur. Donc, voilà, les voisins, c’est cool, ils arrivent parfois à vous faire rire ou à vous faire déprimer sans que vous soyez pour autant obligée de les rencontrer. Ça vous arrive toutefois qu’au détour d’un « bonjour » lancé par inadvertance lorsque vous en croisez un ou une, de voir que ce genre d’individus, dont vous n’entendez que le son des enceintes ou le soubresaut de son matelas, a un visage, un vrai, avec des yeux, des dents (enfin, ça dépend de l’âge) et tout le toutim ! Donc, allez faire un tour du côté des sonnettes, on va voir quel type de voisine vous êtes !

Le permis de conduire

Le permis de conduire - Crédit : Hélène Baudouin

Il y a bien longtemps qu’on ne soumet plus nos adolescents à une épreuve du feu, un rite initiatique ou à quelqu’autre cérémonie de passage à l’âge adulte. (Sauf si on l’a inscrit dès son plus jeune âge aux scouts, mais c’est une autre question, que nous soulèverons dans des circonstances moins dramatiques.) On a inventé bien pire. Le passage du permis de conduire.

Nellie McKay – Home Sweet Mobile Home

Nous vous avons présenté il y a bientôt deux ans l’éclectique chanteuse Nellie McKay. A l’époque elle avait difficilement constitué une discographie de trois albums et avait du se battre avec ses maisons de disques pour chacun d’entre eux. Depuis Nellie McKay semble avoir trouvé une maison de disque avec qui elle peut travailler librement. Ainsi elle a sorti 2 albums en seulement douze mois. En octobre 2009 est sorti son premier album chez Verve Records (Normal as a Blueberry Pie), il s’agit aussi de son premier album entièrement en hommage à l’une de ses héroïne : Doris Day. Au vu de sa passion pour ce projet et de la qualité de l’album qui en a résulté, je suis certain qu’elle renouvellera l’expérience. Enfin, il y a tout juste une semaine est sorti le cinquième album de la pétillante et inclassable Nellie, toujours chez Verve Records, ce nouvel opus s’intitule Home Sweet Mobile Home et marque son retour à l’écriture.

Inclassable donc, pourtant deux “styles” marquent profondément la carrière de Nellie McKay, tous les autres étant des références, inspirations, et hommages plus ponctuels. Le premier style, celui qui a été le premier à la reconnaître et à l’admettre dans son cercle est le jazz, cette musique qui l’a marqué lorsqu’elle a commencé à apprendre le piano. L’autre style n’est pas réellement un style, plutôt une manière d’aborder la musique. Ce que l’on appelle musique populaire (à différencier de la pop) a pour but de s’adresser non pas à une certaine catégorie de personne, mais à une population plus vaste. Même si ce but n’est pas encore atteint, c’est bien l’objectif de Nellie de dépasser les genres, styles et frontières (bien que la barrière linguistique semble difficilement franchissable pour une artiste qui prend autant de soin dans le choix de ses mots et de ses tournures de phrase) pour faire passer différents messages.

Et des messages, elle en a plusieurs qui lui tiennent à cœur. Humaniste, féministe, protectrice des droits des animaux, engagée politiquement… quand elle prend la plume le cynisme et l’ironie font souvent parti des armes qu’elle utilise pour régler ses comptes.
Là où ses textes peuvent être sombre, sa musique est plus souvent lumineuse, joyeuse et dansante. Nellie McKay aime les contraste et cherche le juste milieu entre son envie de nous ouvrir les yeux et son désir de nous amuser, divertir, de nous faire passer un bon moment.

Son dernier album s’intitule donc Home Sweet Mobile Home, la bonne nouvelle en découvrant le titre de ce disque est qu’elle n’a rien perdu de son ironie. Vous y avez reconnu la locution évoquant la douceur du foyer. Pour ce qui est de “Mobile” vous avez pu en entendre parler suite à l’ouragan Katrina ou plus récemment avec la marée provoquée par la plate-forme pétrolière de BP. En effet cette ville d’Alabama a été touché par les deux catastrophes.
On pourrait même y voir un rapport avec des événements bien plus proche de chez nous…

Bruise on the Sky ouvre l’album sur un rythme pop, le morceau est musicalement confus, les instruments manque un peu d’air. Tout comme nous d’ailleurs puisqu’il c’est à la pollution qu’elle s’en prend.  Elle profite aussi de ce morceau pour faire un clin d’oeil à Charo (je vous épargne son vrai nom), l’actrice hispano-américaine est aussi une remarquable guitariste flamenco.
Sur Adios elle se retrouve seule avec son fameux ukulélé pour un morceau qui ne semble pas trouver sa place dans le disque (surtout après avoir entendu la version orchestrée intitulée Goodbye qui aurait du faire partie de la tracklist de l’album et pas seulement des bonus).

Elle enchaîne avec le très rythmique Caribbean Time, single dansant dont le sujet est l’oppression militaire et dictatorial, elle est décidément toujours en forme.
L’étrange Please qui commence comme une ballade et fini comme une bande son de dessin animé rappel dans son écriture l’excellent Sari que l’on écoutait sur son premier album Get Away From Me.
Beneath The Underdog fait référence à Charlie Mingus et à son autobiographie du même nom, ce musicien fut bien connu pour son apport au jazz et sa lutte contre le rascisme. Le morceau en lui même est une réflexion sur les relations entre les personnes, les cultures et elle n’oublie pas les animaux.

Le blues Dispossessed semble tout droit sorti de New Orleans, il rappelle que Nellie garde toujours un œil sur l’histoire de la musique américaine dont elle se nourrit et assume totalement l’héritage.
Le piano prend enfin une part importante sur le titre The Portal, une chanson d’amour envoûtante et pleine de regret. Elle change rapidement d’humeur avec le réjouissant ¡Bodega! Les Bodegas sont des lieux de vie et de rencontre important pour la communauté latine installé aux états-unis, on trouve beaucoup de ces épicerie de quartiers dans des villes comme Boston ou New-York.

Coosada Blues, de nouveau un blues donc, plus proche du début du rock cette fois. Sa voix languissante y mentionne le Sweet Mobile Home éponyme.
No equality est ironiquement un morceau disco, le titre a l’avantage de s’adapter à toutes les causes dans lesquelles elle s’engage.

Absolute Elsewhere suit le voie du rock mélancolique avant d’enchaîner sur un reggae dédié aux droits des animaux intitulé Unknown Reggae.
L’album se conclut sur Bluebird, un titre dans l’esprit des années 20 qui me fait réaliser qu’il n’existe pas réellement de terme féminin pour “crooner” pourtant Nellie a sa place auprès des plus grands crooners.

Un album aux styles nombreux, un peu stéréotypés mais pas caricaturaux, qui recherche et révèle un maximum d’influences musicales et culturelles qui font de Nellie McKay une chanteuse unique et universelle.

L’article précédent : Nellie McKay sur Save My Brain
Son site : nelliemckay.com

Les femmes, les hommes, et l’engagement

Chronique macho - L'engagement - Crédit : maRRion

A partir du moment où votre belle commence à fêter vos anniversaires de rencontre, vous avez un problème. Cela signifie que c’est important pour elle, qu’elle se plait dans votre relation, et qu’elle n’a pas de raison d’y mettre un terme. Autrement dit qu’elle envisage le long terme. Autrement dit que doucement et sans vous en rendre compte, vous vous enlisez dans les sables mouvants de l’engagement. L’engagement, un problème vraiment ? Pas sûr. Mais engagement rime avec mariage, ou du moins concubinage. Un mot qui fini en ‘age’ quoi, puisque liés par le fait qu’ils ne sont envisagés sérieusement qu’à l’âge adulte.

Yann Tiersen – Dust Lane

Yann Tiersen - Dust Lane

Le talentueux Yann Tiersen sortira le 12 octobre prochain un nouvel album. Intitulé Dust Lane, il s’agit de la sixième production en studio de l’artiste. Enregistré majoritairement dans sa Bretagne natale, mais également dans une petite île du Sud des Philippines, cet opus ne devrait pas manquer de nous offrir une fois de plus l’univers d’une richesse infinie de Tiersen. On peut d’ores et déjà écouter quelques morceaux (Ashes, Fuck Me, …) sur son Myspace, et cela laisse effectivement présager de très bonnes choses pour nos oreilles…

Rose Murphy

Rose Murphy (1913-1989), un nom qui ne vous parle certainement pas ou peu et pourtant elle a inspirée les plus grands, enfin les plus grandes. Des noms tels que Ella Fitzgerald ou Marilyn Monroe en font partie…

Rose Murphy est une chanteuse  jazz et pianiste américaine à la voix des plus inattendues. La chee-chee girl ou encore «The Squeek», comme on la surnommait,  avait la particularité d’avoir une voix haut perchée à l’image de celle d’un petit oiseau.

En plus de cette voix fantasque, presque sortie d’un cartoon, celle-ci utilisait des onomatopées et bruits en tout genre pour rythmer ses chansons. Elle n’hésitait pas à battre fort du pied, des mains, à éclater de rire en plein milieu d’une chanson… Cette façon d’interpréter renvoie une forme de gaieté, presque de candeur qui vous donne envie de sourire et vous met du baume  au cœur. Plus techniquement, cette façon de chanter et de «bruiter» préfigure le scat et la grande Ella s’inspirera beaucoup du talent de Rose.

Au piano, celle-ci se rapproche de Fatts Waller à l’exception qu’elle n’hésitait pas à l’ abandonner pour battre la mesure avec ses pieds ou ses mains parfois même avec une planche de bois. Elle créait ses propres percussions. L’utilisation de bruits en tout genre et d’effets de sons particuliers peut presque rappeler certaines musiques actuelles ou encore le fameux “Comic Strip” de Serge Gainsbourg. Rose se produisait essentiellement dans les hôlels de luxe où elle recueillait un grand succès. C’est surtout dans les années 40 que la carrière de Rose commença à prendre de l’ampleur avec sa version de «I can’t give you anything but love”. Dans les années 50, Rose joua au London Palladium où, forte de son succès, elle continua par une tournée en Europe jusque dans les années 60.

En 1945, Rose joua dans le film George White’s Scandals. Sur sa vie de femme on en sait peu, tout juste que la Betty Boop black eut un succès populaire retentissant et que partout où elle passait sa voix ne laissait personne indifférent! L’artiste aurait-elle éclipsé la femme? Quoi qu’il en soit cette femme artiste respirait la joie et en distribuait tout autant grâce à son talent et à son originalité. La voix de Rose et son travail ne doivent pas être oubliés bien qu’ombragés par d’autres grandes dames du jazz américain.

Ses enregistrements les plus notables sont : “I Can’t Give You Anything But Love”, “Busy Line”, “Pennies from Heaven”, ou encore “I Wanna Be Loved by You”, qui inspira l’interprétation de Marilyn Monroe dans le film Certains l’aiment chaud. Après sa mort en 1989, Rose eut l’attention de la presse quand une compagnie de téléphone anglaise utilisa son célèbre «Busy line» pour une publicité. Bien que peu connue, Rose Murphy, reste une référence importante dans le monde du jazz pour son avant-gardisme et originalité et pour les néophytes il est temps de vous mettre à la chee-chee girl sans tarder…et sans chichi!

A écouter:

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