Monthly Archives: juillet 2010

Fredo Viola – The Turn

Déconcertant. Voilà le premier mot qui vient à l’esprit quand on écoute cet album… “The Turn” est un projet atypique, fruit d’une collaboration exclusivement via le net entre Fredo Viola et ses musiciens…

Avec le minimum de moyens mais des idées à ne plus savoir qu’en faire, cet italo-américain né à Londres parvient à orchestrer une musique unique, oscillant entre une pop résolument moderne et une interprétation évoquant aisément des incantations mystiques. Ancien choriste, il maitrise sa voix comme un instrument, et parvient à lui donner cette tonalité presque magique, aérienne, d’un autre temps. Si la perfection existe, elle n’est ici pas loin !

Ce mélange atypique charme très vite par l’ambiance qui se dégage des morceaux ; si la première écoute déstabilise, les suivantes ne font pas place au doute. “The Turn” est un album sublime, indispensable. Rares sont les artistes qui parviennent à créer quelque chose d’aussi beau et abouti.

Découvrez l’un des meilleurs morceaux de l’album :

Impressionnant, non ?

“The Turn” est à découvrir dans les bacs le 16 mars, mais déjà disponible en version digitale.

Site officiel : http://www.fredoviola.com/
Myspace : http://www.myspace.com/fredoviola

* Cahier de vacances 2010 – Article initialement publié le 22 février 2009

Olivier Adam – Falaises

Olivier Adam - Falaises

Olivier Adam, né en 1974, est un jeune écrivain qui s’adresse autant aux adolescents qu’à leurs parents.

Le festival d’Avignon : un phénomène théâtral

Affiches du Festival d'Avignon - Crédit : Morgane Macé

Du 7 au 27 juillet, en Avignon, la plus importante manifestation internationale de spectacle vivant transforme la ville et son patrimoine en capitale du théâtre. Cette année, c’est la 64ème édition du festival. Mais comment a-t-on pu en arriver là ?

Le premier jour du reste de ta vie

Ce sont souvent les histoires les plus ordinaires qui nous touchent le plus. Des faits déconcertants de simplicité. Des personnages auxquels on s’identifie sans peine parce qu’ils pourraient raconter nos propres vies.

“Le premier jour du reste de ta vie” fait partie de ces films qui brillent par leur sincérité, leur réalisme, l’absence totale de superficialité. Ce n’est qu’une fresque familiale, mais quelle fresque… Emouvante, poignante, troublante aussi.

Robert et Marie-Jeanne ont trois enfants. Albert, Raphael et Fleur. Une famille des plus classiques. Chacun leur tour, à des années d’intervalle, ils vont vivre un jour déterminant pour leur propre existence, mais qui va surtout bouleverser celle de la famille tout entière, remettant en cause son unité, ses valeurs.

Sans surenchère, Rémi Bezançon offre un film passionnant, admirablement porté par un casting efficace. On ne saura rester de marbre devant la prestation de Jacques Gamblin, qui éclaire ce film du début à la fin par son élégance naturelle. On appréciera Zabou Breitman en mère de famille qui se cherche en tant que femme. On applaudira Déborah François en benjamine grunge et paumée. On admirera la douceur de Marc-André Gondrin, le cadet rêveur qui peine à trouver sa voie. Et Pio Marmaï, le grand frère, le premier à remettre en cause l’harmonie familiale…

“Le premier jour du reste de ta vie” est accompagné d’une bande originale soignée, composée par Sinclair, et parfaitement illustratrice des grandes étapes que vont “subir” ces cinq personnages. L’ensemble est un très beau moment de cinéma, comme on aimerait en vivre plus souvent. On quitte à regret cette famille qui pourrait être la nôtre, les larmes aux yeux…

* Cahier de vacances 2010 – Article initialement publié le 25 août 2008

Hooverphonic – The magnificient tree

Groupe belge formé en 1995, Hooverphonic a connu un énorme succès partout dans le monde, grâce à son single “Mad about you”. Sorti en 2000, “The magnificient tree” contient, en plus de ce tube, une multitude de chansons planantes grâce à Geike Arnaert. Un nom imprononçable pour une chanteuse qui envoûte dès les premiers accords. Avec cet album, on est plongés dans une atmosphère presque fantastique, mystérieuse, et on ne peut que se laisse porter par ce son si enchanteur.

A écouter : “Mad about You” – “Vinegar and salt” – “Every time we live together we die a bit more”

* Cahier de vacances 2010 – Article initialement publié le 24 septembre 2007

Chromosome Y : le top 5 !

Depuis sa création il y un an peu plus d’un an (Oh ! Joyeux anniversaire en retard !! :D), le Chromosome Y a suscité l’intérêt, parfois la critique, d’acerbe à particulièrement injustifiée (mais ce sont les risques du métier !) et un bon nombre de mâles donc ont déjà été passés à la moulinette tandis que d’autres, par je ne sais quel miracle !, ont reçu un traitement de faveur de ma part (parce que oui ! j’ai un cerveau, mais j’ai un cœur aussi !). Mais comme ceux que l’on retient sont surtout ceux qui nous tapent particulièrement sur les nerfs, retour sur les Chromosomes Y qui m’ont le plus énervée dernièrement … !

5. Robert Pattinson

Depuis qu’il incarne sur grand écran Edward Cullen, le vampire sexy de « Twilight », la saga de Stephanie Meyer, Robert Pattinson provoque l’émoi chez les adolescentes pré pubères qui tombent littéralement dans les pommes à chacune de ses apparitions, ou chaque fois qu’il ouvre la bouche, sourit ou se passe la main dans les cheveux : « Oh mon dieu, Oh mon dieu, Oh mon dieu il est trop beau !!!! » Mais ladies, être beau ne suffit pas ! Non non. Ce que l’on demande avant tout à un acteur, c’est d’être talentueux ! Et talentueux, l’est-il ? Rien n’est moins sûr… Lire la suite.

4. Richard Gasquet

Comment Richard Gasquet est-il passé de numéro un du tennis français à la une des magazines à scandale ? L’explication est simple : à Miami, le vent souffle parfois fort et le pauvre Richard, jouant de malchance à défaut de jouer sur les courts de tennis, n’a pas échappé à l’ouragan Pamela, qui lui a envoyé au visage sa poudre de perlimpinpin… Lire la suite.

3. Johnny Hallyday

C’est à un monument de la chanson française que j’ai décidé de m’attaquer ce mois-ci. Suicidaire, moi ? Non, non ! Provocatrice ? Peut être…Toujours est-il que, parce qu’on s’appelle Johnny Hallyday, je ne vois pas pourquoi l’on ne pourrait pas être critiqué ! J’ai l’impression qu’en France, de génération en génération, l’on ne jure QUE par Johnny Hallyday ! Mais  Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs, j’ai une révélation à vous faire : votre Johnny national est … un imposteur !… Lire la suite.

2. Christophe Maé

En France il y a des gens qui font de la musique, de la bonne musique. Si si ça existe encore. On les compte sur les doigts d’une main mais il y en a. Mais de nos jours, il y a surtout des gens suffisamment malins et bien entourés pour faire croire à tout le monde (enfin presque !) qu’ils font de la musique … alors qu’en fait ils se contentent de sauter partout sur un rythme entrainant en récitant des paroles dénuées d’intérêt. C’est le cas de Christophe Maé. Et ça, ça m’énerve !… Lire la suite.

1. Les Bleus

« Quaaaaaaaaaand il me preeeeeeeend dans ses braaaaaaaaaas, qu’il me paaaaaaaaaarle tout baaaaaaaaaaaas, je vois la vie en … » bleue ! Ben oui ! Désolée Édith, pas de rose pour moi en ce moment à mon grand désespoir, mais du bleu, du bleu partout, du bleu tout le temps, enfin DES Bleus ! Et franchement, voir la vie en Bleus, c’est pas romantique du tout, déjà ! , et en plus, ça a tendance à taper sur les nerfs, un peu ! (en plus ma couleur préférée c’est le violet alors…!)… Lire la suite.

Dolores O’Riordan

Mater Dolorosa

Dolores O’Riordan. Ce nom vous dit bien quelque chose? Un petit indice : leader d’un célèbre groupe de musique irlandais. Non pas les Corrs ! Une autre piste ? Ils ne sont pas tous frères et soeurs (et je m’en arrêterai là par respect aux admirateurs du groupe sus-cité, qui paraît-il, sont nombreux). Vous ne trouvez toujours pas ? Et si on vous donne le nom d’un, si ce n’est LEUR titre phare, qui a fait le tour du monde en 1994 par tous les moyens de télécommunications existants (Village Global quand tu nous tiens) ? Là, ça commence à vous faire gamberger… Allez, je lâche le nom de l’ovni : “Zombie”. Et bien, oui, Dolores O’Riordan est la chanteuse des Cranberries ! La chanteuse à la voix si caractéristique, forte et fragile, gracieuse, gracile et un brin garçon manqué, alternative, revendicatrice, passionnée et quelque fois controversée. L’ex-icône du groupe dont la dernière collaboration commune remonte à 2003 revient sous les projecteurs pour la promotion de son premier album solo : “Are You Listening” sorti courant mai en Europe. 4 ans de réflexion, des épreuves difficiles et un bébé plus tard, la plus irlandaise des Canadiennes (elle vit maintenant entre les deux pays) refait surface avec un bel album intimiste, porteur d’une nostalgie douce mais jamais complaisante. Des accents évocateurs d’une maturité acquise, d’un tempérament quelque peu bridé (quoique !), d’un regard plus neuf et plus serein sur l’avenir, avec la ferme intention de profiter de chaque instant, voilà le message qui ressort globalement de cette première mouture plutôt encourageante. Mais avant d’en arriver là, Dolores en a fait du chemin. Des débuts des Cranberries à l’avènement de sa carrière solo, d’une éducation catholique rigide aux prises de position radicales, l’univers personnel et musical de Dolores est loin d’avoir été un long fleuve tranquille. Rapide tour d’horizon sur ce qui fait la personnalité d’une des plus insaisissables têtes brûlées du rock.

Meneuse de “band”

Tout commence en 1989 à Limerick, Irlande, lorsque les frères Hogan, Mike et Noel, forment en compagnie du batteur Fergal Lawler et du chanteur Niall Quinn, le groupe “The Cranberry Saw Us”[Jeu de mots phonétique sur « cranberry sauce » (sauce aux canneberges)]. Justement depuis le début de la décennie, les Irlandais commencent à s’imposer dans la sphère très convoitée de la scène musicale internationale : les emblématiques U2, Sinead O’Connor, Enya, Chris De Burgh. Fiers de la réussite de leurs compatriotes sans pour autant avoir le moindre espoir de connaître leur destinée, le quartet nouvellement formé enchaîne les répétitions et les concerts, par pur amour de la musique. Leurs influences sont d’ailleurs assez diverses : U2 bien évidemment, mais aussi The Smiths, New Order, The Cure, Depeche Mode, REM… mais collent bien à leur époque. Moins d’un an plus tard cependant, Quinn décide de changer de groupe. Pour le remplacer, il leur suggère d’auditionner une copine de sa petite amie. Elle s’appelle Dolores O’Riordan, elle a 19 ans, a baigné depuis l’enfance dans les chants catholiques et la musique traditionnelle irlandaise, et chante depuis l’âge de trois ans. Ca tombe bien pour elle aussi, elle cherche également un groupe. Rendez-vous est pris pour qu’elle passe une audition en Mai 1990. Même s’ils ne s’attendaient pas à la voir débarquer en combinaison rose fluo, les “garçons” comme elle aimera les appeler tendrement par la suite, seront sous le charme de sa puissance vocale. “A la minute même où elle a commencé à chanter, nous nous sommes dit que nous tenions quelque chose. Nous étions soufflés”[In cranneberies.com], raconte Fergal. Intrigués, ceux-ci lui demandent d’écrire les paroles d’une des maquettes qu’ils viennent de finir de composer. Une semaine plus tard, Dolores revient à la répétition pour chanter “Linger”. Ce qui deviendra bientôt, à la demande de Dolores, les Cranberries, était né. Commencent alors une série de concerts où leur notoriété croissante les poussent à réaliser une première démo qui s’écoulera localement à plus de 300 exemplaires. Forts de leur succès, le groupe décide d’en envoyer également des copies à plusieurs maisons de disques dont Island Records, le label de U2. Lequel va être preneur. Après 6 mois de négociations, le groupe signe pour 6 albums. Le vrai travail peut alors commencer : après une tournée dans les clubs qui va les conduire aux quatre coins du Royaume-Uni, les ‘Berries sortent en Octobre 1991 leur première cassette 4 titres “Uncertain”, qui est un échec. Pas plus de chance pour le début de l’année 1992, où le groupe se prépare à enregistrer son premier album en proie aux tensions les plus vives avec Pearse Gilmore, leur manager d’alors. Le quartet décide alors de se séparer de lui et confie la place vacante à Geoff Travis accompagné du producteur Stephen Street qui, quant à lui, a déjà travaillé avec The Smiths.

Nouvelles bases, nouvelle donne : le premier album “Everyone Is Doing It, So Why Can’t We” est bouclé et le groupe peut de nouveau reprendre la route et continuer sa tournée promotionnelle. Grâce à leur collaboration avec Street, les Cranberries sortent leur premier single “Dreams” en Septembre 1992 (N.R : Si vous vous souvenez bien, c’était le jingle d’une des pubs pour l’Office du Tourisme d’Irlande, il y a quelques années). Mais malgré de bonnes critiques de la part des médias musicaux, le single arrive tout juste à se hisser dans les dernières places des charts anglais. Après la sortie tout aussi anodine de leur deuxième single “Linger”, “Everyone” rentre dans les bacs en Mars 1993. Pas plus d’intérêt de la part du public. Le groupe ne lâche pas l’affaire et part pendant l’été aux States faire la première partie des The The et de Suede. Là, la chance va tourner. Mieux accueillis que les groupes vedettes, MTV les remarque et commence à diffuser régulièrement leur clip “Linger”. Là où les Britanniques s’étaient révélés flegmatiques, les Américains eux, ne se font pas prier et se ruent sur le single qui se positionnera en huitième place des ventes aux Etats-Unis. Quant à l’album, il sera écoulé avant la fin de l’année au million d’exemplaires. Ironie du sort, au Royaume-Uni, le succès arrive au début de 1994, et l’album est enfin classé numéro un l’été de la même année ! Pas le temps de dire ouf ! que les Cranberries commencent à enregistrer leur deuxième album, dont les chansons avaient été écrites au cours de la promotion du premier. En Juillet, Dolores se marie avec celui qui deviendra le tour manager du groupe, Don Burton rencontré lors de la tournée des Duran Duran. Ce mariage médiatisé couplé à sa mise en avant dans les clips du groupe font d’elle l’icône des Cranberries.

Dans la foulée, le deuxième album “No Need to Argue” sort à l’automne, avec le single “Zombie” en tête. Ce sera leur plus gros tube et contribuera à faire de leur album leur plus grand succès. Un MTV Award catégorie meilleur clip de l’année et 16 millions de copies à travers le monde plus tard, les jeunes Irlandais se lancent dans une tournée internationale éreintante. Déjà, des rumeurs circulent sur la fatigue et l’amaigrissement excessif de Dolores et les paris vont bon train quant à son départ du groupe.

Démenties, elles persisteront malgré tout durant l’enregistrement et la sortie du troisième album “To the Faithful Departed” en Avril 1996, produit cette fois-ci par Bruce Fairbairn (Bon Jovi, Aerosmith…). Beaucoup plus rock que les deux premiers, “To the Faithful…” ne rencontre pas un écho favorable chez les critiques et est même classé parmi les “50 pires albums de tous les temps” par Q Magazine. Avec les singles “Salvation” et “Free To Decide”, l’album arrive tout de même à s’écouler à 6 millions de copies. De nouveau par monts et par vaux pour une tournée de 100 dates à travers le monde, la fatigue gagne un peu plus le groupe mais c’est encore Dolores qui s’effondre. Après un accident lors d’un concert en Australie, la tournée est reportée à des dates ultérieures. Mais même lorsque Dolores réapparaît quelques mois plus tard sur la scène des MTV Awards, plus faible et plus mince que jamais, ce ne sera que pour s’arrêter de nouveau sur les conseils de son médecin. L’annulation des tournées australienne et européenne ne font que continuer à alimenter la rumeur du départ de la chanteuse… Mis à mal par cette tournée marathon, les ‘Berries décident de prendre de longues vacances. Recentrés sur leurs vies familiales, les membres du groupe ne collaboreront ensemble en 1997 que pour la reprise de “Go Your Own Way” pour un hommage au très célèbre album “Rumours” des Fleetwood Mac. C’est d’ailleurs en Novembre de cette même année que Dolores donne naissance à son premier enfant, Taylor.

1998 est une année plus prolifique. Après avoir travaillé des démos pour leur nouvel album entre l’Irlande et le Canada, les Cranberries décident d’enregistrer leur nouvel album en France dans le Studio Miraval avec aux commandes Benedict Fenner. Apaisés et ressourcés, le groupe retourne en Irlande pour répéter ses chansons dans les conditions optimales. Dolores et Fergal reviennent sous les projecteurs en présentant en Novembre les MTV European Music Award à Milan et en Décembre le groupe joue “Dreams” ainsi que leur single à venir “Promises” au cours de la très prestigieuse cérémonie des Prix Nobel de la Paix. Pas mal pour se remettre dans les rails !

C’est en Février 1999 que va être lancé “Promises” comme single phare de l’album “Bury the Hatchet” dans les bacs deux mois plus tard. Très vite, l’album atteint la septième place du Top 50 anglais contre la treizième aux USA. Galvanisés par l’accueil des fans qui, semble-t-il, ont enterré la hache de guerre, les ‘Berries se lancent à nouveau dans une tournée mondiale qui s’achèvera en Juillet 2000. Celle-ci est de loin leur plus grand succès et l’album se vendra à plus de 3,5 millions d’exemplaires. La tournée leur permet en outre de revenir se produire en Irlande, pour la première en 4 ans, à Milstreet (Comté de Cork). Pour parfaire leur retour en force, un double album intitulé “Bury the Hatchet – The Complete Sessions” riche en bonus et pistes live issus du concert parisien vient marquer la fin de la tournée.

Après avoir eu en Janvier 2001 un autre bébé prénommée Molly, Dolores enchaîne les répétitions avec son groupe pour la sortie de leur cinquième et dernier album, “Wake Up and Smell the Coffee” prévu pour Octobre. Produit par Stephen Street, le collaborateur des deux premiers opus du groupe, l’album peine à atteindre la 46e et 61e place respectivement dans les charts américains et anglais et devient ainsi leur album le moins vendu. Exception faite en France où l’album continue dans la même lignée que ses prédécesseurs et se place en 2e position du Top 50. Issus de l’album, les singles “Analyse”, “Time Is Ticking Out” et “This Is The Day” ne rencontreront pas le succès escompté. S’ensuivra une tournée mondiale étalée de février à octobre 2002, les ventes de l’album s’élevant au final à 1,3 millions d’exemplaires.

En 2002 sort également une compilation des plus grands succès du groupe intitulé “Stars – The Best of 1992-2002″ ainsi qu’un DVD éponyme comportant des clips, des lives et un documentaire intitulé “99 Love Life & Rock’n'Roll”. La version CD atteindra la 20e place au Top 50 au Royaume-Uni et restera pendant 7 semaines dans le Top 10 des ventes de compilations en France. Dans “Stars” figurent 3 pistes n’ayant jamais été sur un single : “Daffodil Lament” de No Need to Argue, choisie pour y figurer après un vote des fans, “New York New York” dénonçant les attentats du 11 septembre et “Stars”, toutes deux inédites. Cette compilation leur vaut à Taiwan la récompense de “meilleur artiste étranger”, où tous leurs albums ont été un succès. Démarre de nouveau une tournée courant d’octobre à décembre 2002 et qui les fait se produire en Asie et en Europe. Après cette courte tournée, le groupe jouera de nouveau quelques dates mi 2003, soit en première partie des Rolling Stones, soit en solo, agrémentant leur répertoire de deux nouvelles chansons : “Astral Projection” et “In It Together”.

En Mars 2004, lors d’une conférence de presse, Dolores lance la phrase choc : les Cranberries décident de faire une pause musicale et se consacrer chacun à leur carrière individuelle. Il aura fallu dix ans pour que les rumeurs de matérialisent et que Dolores, dont la belle-mère est gravement malade, soit la première à prendre la décision. Décidant de se rapprocher d’elle, celle-ci prend la décision de déménager au Canada avec mari et enfants. Sans leur chanteuse charismatique, le groupe se retrouve un peu perdu : mis à part Noel et son Mono Band à venir, les projets restent assez flous pour Mike et Fergal. Car l’atout des Cranberries, c’est avant tout Dolores : si les compositions musicales sont sans fioritures, c’est pour en mieux faire ressortir la voix tour à tour dure et douce de cette soprano d’exception. Mystique et humaniste, mais aussi traditionnelle et décalée, la chanteuse a souvent eu des prises de position assez radicales qui ont défrayé la chronique médiatique. Topos sur une chanteuse hors pair au tempérament hors du commun !

Question de point de vue

Une chose que l’on puisse dire, c’est que Dolores ne mâche pas ses mots. Même si elle a voyagé aux quatre coins du globe, celle-ci reste attachée à ses racines et c’est avec une fierté presque patriotique qu’elle déclare “qu’il n’y a pas d’autre pays comme l’Irlande”.[in Interview Magazine (Mars 1995)] Née le 6 septembre 1971, dernière d’une famille de sept enfants, Dolores Mary Eileen O’Riordan reçoit une éducation catholique rigide où son côté rebelle ne va pas tarder à s’affirmer très vite. C’est vrai que dans la ferme familiale de Ballybricken, près de Limerick, les loisirs sont assez limités. Alors, dès ses cinq ans, la petite décide de reporter sa frustration sur la musique en s’initiant aux hymnes religieux et aux chants grégoriens, qu’elle chante les dimanches à la messe ainsi qu’au flûtiau, à l’orgue et au piano qu’elle pratiquera durant de nombreuses années. Mais c’est la guitare qu’elle va apprendre à jouer à l’âge de dix-sept ans qui va véritablement la marquer. Même si son côté garçon manqué était déjà perceptible avant de rejoindre les Cranberries, le fait de rejoindre un groupe de garçons ne va faire qu’attiser son côté “chef de bande” et rebelle. Aussi déclara-t-elle : “Je ne pourrais pas m’imaginer dans un autre groupe (que celui-ci). Je ne pourrai pas travailler avec des femmes ; je crois bien que je pourrais les tuer. Trop de femmes ensemble ne feraient que se taper sur les nerfs et, à ce que je sache, je connais pas de femme jouant d’un instrument. C’est grandiose de jouer avec des garçons parce qu’ils sont calmes et faciles à vivre”. Rien que ça ! Même si pour le premier album, en termes de paroles, les propos sont encore assez romantiques et naïfs (cf “Linger” et “Dreams”, qui alternent entre déception amoureuse et amour victorieux), “No Need To Argue” commence à aborder de manière très poignante les prises de position de l’auteur-compositrice. Bien sûr, on se souvient tous du tube “Zombie” et de son clip teinté d’or et d’argent sur fond de noir et blanc qui, dans la lignée du non moins célèbre “Bloody Sunday” des U2, est un hymne passionné contre les atrocités de la guerre civile en Irlande. Mais saviez-vous qu’entre d’autres chansons plus légères comme “Ode To My Family” et “I Can’t Be With You”, “Icicle Melts” fustige de manière imagée l’avortement ? Avec les choeurs et les orgues religieux du titre “No Need to Argue” lui répondant en écho, l’album donne de sérieuses indications sur les positions conservatrices de Dolores, qui se réclame toutefois catholique non pratiquante. Son engagement en tant que songwriter prend peu à peu de l’ampleur et éclate sur “To the Faithful Departed”, où le titre phare “Salvation” charge la drogue, où les premiers vers de “Bosnia” attaquent durement les démocraties occidentales immobiles face au massacre de la guerre y faisant rage et où “Fee Fi Fo” dénonce de manière pudique la maltraitance des enfants. Si la chanson est un média, les interviews qu’elle accorde aux journalistes sont également une manière de communiquer ses points de vues radicaux. Interviewé par Frank Roy pour le journal Rock & Folk, celle-ci a déclaré être en faveur de la peine de mort et prendre l’Alabama comme modèle, tandis qu’elle annonçait à Jean-Daniel Beauvallet pour les Inrockuptibles, comprendre la mutilation des voleurs et être dans certains cas en faveur de la peine de mort. Au delà de leur seul pouvoir d’évocation, les paroles sont les armes dont Dolores use et abuse pour crier haut et fort les injustices.

Même si “Wake Up And Smell the Coffee” est beaucoup moins empreint de revendications que ses prédécesseurs, Dolores récidive dans le songwriting avec la chanson “New York New York” sur “Stars”. Avec ses accents métal et ses paroles engagées, le titre décrit la capitale américaine après le désastre des attentats du 11 Septembre 2001. L’enfant rebelle se serait-elle calmée ? Il est vrai qu’en 13 ans de collaboration avec les Cranberries, la chanteuse eu le temps de mûrir tant musicalement qu’individuellement … Forte d’expériences personnelles intenses et de collaborations artistiques porteuses, c’est donc tout naturellement qu’elle a décidé de se lancer dans une carrière solo !

L’âge de Raison

Après s’être produite dans les plus grandes salles (Royal Albert Hall, …), avoir côtoyé les plus grands (Pavarotti, le Pape et la Princesse Diana), et collaboré à certaines musiques de films (“God Bless Ireland” et “Ave Maria” pour respectivement les films “Devil’s own” et “La Passion du Christ”), Dolores a envie d’expérimenter de nouvelles expériences post Cranberries. Personnelles d’abord, avec le désir de se rapprocher de sa famille, sa belle-mère étant gravement malade, et de voir grandir ses enfants. Musicales ensuite, avec des essais prometteurs avec entre autres Zucchero, Jam & Spoon et Angelo Badalamenti, le compositeur fétiche de David Lynch. A noter également une apparition dans le film “Click” d’Adam Sandler où celle-ci tient un rôle loin d’être de composition puisqu’elle joue une chanteuse. En somme, des participations assez diverses qui développent considérablement le champ d’action de Dolores. Ecrit en grande partie au Canada où elle s’était retirée, son album solo mettra plus de quatre ans à mûrir. Le temps nécessaire pour tester de nouveaux rythmes et sonorités et de le mettre en forme selon un procédé presque “organique”. Totalement libérée de ses inhibitions, Dolores enregistre les chansons en même temps qu’elle s’occupe de ses enfants. “La grande différence (avec les autres albums) résidait dans le fait que, pour la première fois de ma vie, le groupe ne m’attendait pas. Je n’avais pas à aller aux répétitions à trois ou quatre mois de grossesse et avoir après à écourter l’allaitement. J’avais seulement à rester assise un peu plus longtemps et tout ce dont j’avais à m’occuper était de nourrir le bébé. C’était assez appréciable parce qu’avec mes deux autres enfants, j’avais toujours les Cranberries qui m’attendaient à côté. Maintenant, je peux me permettre de profiter de mes enfants et de ne penser à rien d’autre”[in UGO.com, Mai 2007].

Ficelé par le producteur Youth qui a pour carte de visite The Verve, Embrace, Primal Scream, U2 et Paul McCartney, “Are You Listening” sort à l’échelle européenne le 7 mai 2007 sur le label Sanctuary Records et est vraisemblablement l’album de la maturité. Réconciliée avec elle-même, Dolores y aborde les joies simples de la vie et ses grandes peines : la naissance de sa fille Dakota dans “Ordinary Day”, un hommage à son mari dans “Apple of My Eye” et la mort de sa belle-mère dans le poignant “Black Widow”. Louvoyant le rock/folk qui était propre à son ancien groupe, Dolores donne également la part belle au piano et au métal symphonique (“In The Garden”, “Stay With Me” et “Black Widow”), conférant à l’album une profondeur intime à la fois grave et aérienne. Une belle réalisation à découvrir absolument, rien que pour le plaisir de se laisser bercer au gré des symphonies et des discordances dont Dolores est si fan. Désolé pour les fans inconditionnels des Cranberries qui désespèrent que la reformation du groupe ne soit pas à l’ordre du jour, mais pour l’instant il faudra compter sur Graham Hopkins, Marco Mendoza et les frères Demarchi (Steve et Denny) comme les nouveaux musiciens de la bande à Dolores !

Sources :

Sites :

* http://www.doloresoriordan.ie
* http://www.myspace.com/doloresoriordan
* http://www.cranberries.com
* http://www.stars.cranberries.free.fr
* http://www.zombieguide.com
* http://fr.wikipedia.org

Articles :

* The Toronto Star (16 Juin 2007), “Voice that lingers”
* News.com.au (30 Mai 2007), “Dolores is back”
* Scotsman.com (6 Mai 2007), “Calm after the storm”
* The Independent (Mai 2007), “Experience counts as Cranberries’ Dolores O’Riordan goes solo”
* http://www.meer.net/cranberries/AsciiDoc/LesInrocks.txt
* Interview Magazine (Mars 1995), “The Juice on the Cranberries”

Les images proviennent du site http://www.cranberries.com

* Cahier de vacances 2010 – Article initialement publié le 20 août 2007

Beth Ditto

“[L'industrie musicale] est flippée à mort de voir que des filles n’ont pas peur de vendre de la bonne musique sans utiliser de sexe, dans le sens où ces filles se foutent de savoir ce que les mecs pensent d’elles et de leur vulnérabilité” (New Musical Express, juin 2006). Constatation faite des imparables canons de beauté dominant encore largement la vie des femmes, Beth Ditto est de celles qui ont décidé de ne pas subir. Pour ceux qui ne la connaîtraient peut-être pas encore, Beth est indissociable de The Gossip, qui à l’image de son iconoclaste chanteuse, brave tous les stéréotypes qui jalonnaient jusqu’ici les groupes dans leur course au succès. Elle qui confiait encore deux ans auparavant : “Les gens ont peur de moi parce que je suis grosse, lesbienne et ouvertement féministe”, (The Sun, 8/12/2006) n’en a pas fini de s’attirer les foudres des ligues de vertu. A commencer par celles de son pays natal, les Etats-Unis, qui voient d’un mauvais œil leurs valeurs morales (famille, mariage) ainsi passées à la moulinette. La bande à Beth n’a-t-elle pas créé l’événement avec le titre “Standing in The Way of Control”, réponse incendiaire faite au gouvernement Bush contre le mariage homosexuel ?

Si la fusion typique au groupe de “rythm n’ blues, garage punk et soul”, agrémentée çà et là de tonalités gospel et disco a déjà fait recette aux USA et en Grande-Bretagne, la France est juste en train de succomber au phénomène. Parti ce mois-ci avec The Kills aux quatre coins de l’Hexagone dans le cadre du festival itinérant “La Musicale en tournée” (ndr : déclinaison de l’émission “La Musicale” de Canal +), The Gossip fait découvrir au public français son quatrième album Standing in The Way Of Control. Après avoir baroudé sur les scènes un peu de moins de dix ans, à leur tour maintenant de se faire connaître et reconnaître auprès d’un public sous le charme d’un groupe captivant et d’une chanteuse, sous tous rapports, “hors normes”.

Riot grrrl

Au début, The Gossip, c’est un guitariste, Nathan Howdeshell, alias “Brace Paine”, une batteuse Kathy Mendonca et une vocaliste d’exception : Beth Ditto. Avec un timbre semblable à celui d’Aretha Franklin, des envolées lyriques qui rappelleraient une certaine Janis et une amplitude vocale qui aurait de quoi faire frémir PJ Harvey, Beth a véritablement tout d’une grande. Mais, avec ses 95 kilos pour un petit 1, 52 m et son penchant avoué pour les femmes, la vie n’a pas toujours été rose pour la demoiselle. Née le 19 février 1981, en plein Arkansas, complaisamment surnommé “l’Etat Naturel”, pour ne pas dire rural, rien n’était vraiment gagné d’avance pour la jeune femme. A Searcy, sa ville natale c’est un peu Footloose, (que l’on dit justement avoir inspiré le film). Beth se rappelle même que durant son adolescence, il était interdit de regarder MTV et de danser. “C’est la même chose partout dans le Sud, on utilise la religion pour vous effrayer et mieux vous asservir”, (NME, juin 2006) Pas franchement réjouissant donc, quand on se sent un peu différente des autres. En effet, pas plus tard qu’à l’âge de 5 ans, celle-ci dit avoir compris qu’elle était homosexuelle : “J’avais peur car je ne voulais pas aller en enfer. Ma mère n’a jamais dit que j’y irai mais elle est chrétienne à sa manière, c’est pourquoi j’ai refoulé mes sentiments” (The Sun, 8/12/2006).

Si son enfance a été précoce, son adolescence n’en a pas moins été décalée : “J’avais les cheveux vraiment très courts et des piercings, ce qui semblait alors totalement dingue. J’ai eu toutes les couleurs de cheveux et je ne portais alors que des T-shirts et des pantalons informes. J’étais pas vraiment féminine et ça me convenait bien. J’étais totalement réfractaire à cette idée. Mon pote Jerry avait des cheveux rouges jusqu’aux épaules et se mettait une sorte de chatterton un peu partout sur le corps. Il coupait également les revers de ses pantalons et se les cousait sur les manches tandis qu’il enfilait ses chaussettes sur ses mains et s’accrochait plein de chaînes ainsi qu’une manette Nintendo autour du cou. Ensuite il se dessinait plein de saloperies de trucs d’ordinateurs sur le visage. C’était tellement avant-gardiste que ça en était ridicule [...]” (id, Juillet 2006). Outre d’autres aveux croustillants (entre autres faits, avoir été témoin de traques à l’écureuil engagées par son cousin en période de disette), il est sûr que la chanteuse utilise l’humour pour mieux enjoliver un passé quelque peu noir. Pour l’horizon qui s’offre à elle, à la sortie du lycée, Beth ne voit que quatre possibilités : “Les alternatives étaient soit, d’aller à l’église, tomber enceinte, se doper à la méthamphétamine, ou déménager” (NME, Juin 2006). Après un coming-out accouché d’une douloureuse dépression, celle-ci choisit la dernière solution, direction : Olympia, capitale de l’Etat de Washington, où bouillonne une formidable sous-culture urbaine.

En cette fin des 1990′s, Olympia n’a rien perdu de son aura de haut-lieu alternatif. Temple du mouvement riot grrrl (ndr : mouvement musical féministe, avant tout contestataire, trouvant ses racines dans la musique punk) qui a imprégné la culture musicale de Beth, grande fan des X-Ray Spex et des Bikini Kills, les phares de la grande ville l’attirent elle et ses amis Nathan et Kathy, qui ont décidé de la rejoindre dans l’aventure. Délestée du poids de la morale et de la religion, Beth se sent radicalement revivre dans cette capitale ouverte et libérale, succombant aux sirènes du féminisme, de l’art, et plus particulièrement, de la musique. C’est en ces termes qu’elle définit son implication pour le riot grrrl : “Le riot grrrl a réinventé le punk. Avant que je ne découvre le riot grrrl, ou que celui-ci ne me découvre, j’étais juste une autre de ces féministes à la Gloria Steinheim de Now [...] Maintenant je suis une musicienne, une écrivain, une personne entière” (in Riot Grrrl : Revolution Style Girl Now !, Nadine Monem)

Quand Beth et ses amis avaient quitté Searcy, c’était dans l’idée de monter leur propre groupe de musique. Alternant entre petits boulots et répétitions, le trio fonde The Gossip en 1999. Largement influencés par les sons de la capitale, le groupe enregistre leur première démo éponyme la même année, sous le label indépendant K Records. Libérée du carcan religieux et moral qui avaient jusque là dicté toute sa vie, à Beth maintenant de revendiquer son droit à la différence. Or quoi de mieux pour faire entendre sa révolte que de retourner aux sources mêmes du rock ? Pure merveille de cohésion, la machine The Gossip est lancée : “Quand j’ai rencontré ces jeunes, ça a changé ma vie. J’étais bizarre, une jeune gouine, aux cheveux courts et pantalons informes. Je rasais mon corps de plein de façons possibles, arborait des couches et des couches d’eyeliner et me teignais les cheveux en rose” (askmen.com). Révélée à elle-même et plus à l’aise dans ses baskets, l’apprentie chanteuse emprunte la voie de la féminité, résolue à prouver que l’on peut être ronde, coquette et faire de la bonne musique.

Listen up !

Listen up !

Après le maxi promotionnel, c’est le 23 janvier 2001, sous le label Kill Rock Stars que sort That’s Not What I Heard, considéré comme le premier album de The Gossip. Pour Beth, qui déjà, petite, traînait sa voix dans les chorales d’église, le plus dur n’est pas de trouver son registre vocal, mais ironie du sort, de parer les critiques faites à son encontre. Car à Olympia, on a beau apprécier le punk soul-garage blues du groupe et paraître plus tolérant qu’à la campagne, on regarde un peu la voluptueuse lead singer comme un bête curieuse. The Gossip, en français Le Cancan, fait ragot. Rares sont les lesbiennes, même parmi les riot grrrls, a faire référence avec autant de décontenance et de sincérité à leur préférence sexuelle que le fait Miss Ditto au fil de ses chansons (“Swing Low”, “Sweet Baby”, “Where The Girls Are”, “And You Know”, “Hott Date”, “Southern Comfort”…).

Retour donc à un rock dépouillé, avec une voix envoûtante voire incantatoire, des riffs accrocheurs et un rythme régulier. Mademoiselle chante le blues toujours avec cette voix lascive, provocante et déterminée sur Arkansas Heat. Sorti le 7 mai 2002, soit un peu plus d’un après That’s Not What I Heard, le deuxième EP se teinte même au hasard des morceaux de nettes influences sixties rappelant les premiers Rolling Stones (“Rules for Luv”) ou The Who (“Take Back Revolution”). “La voix pop gospel de Beth évoque des années d’errance sur la voie rapide de l’amour, suggérant des choses qui feraient freiner quiconque avant de tomber en panne sèche”. Par ces mots, le site du label Kill Rock Stars définit alors bien la voix totalement habitée de sa nouvelle prodige.

Si le retour à un rock primaire avait été popularisé par les White Stripes, The Gossip en propose une version radicalement sudiste. Preuve en est faite avec leur deuxième album, Movement lancé dans les bacs le 6 mai 2003. Commençant à se faire une sérieuse réputation underground, le groupe persiste et signe des chansons baignées de soleil et de poussière alternant entre luxure et trahison. A l’évidence, The Gossip a mûri pour livrer ce patchwork d’acrobaties musicales : avec des sons plus recherchés et des instruments plus discrets, libre champ est fait à la chanteuse pour expérimenter toute sa profondeur vocale (“Nite”, “No, No, No”, “Don’t Make Waves”, “Lesson Learned”). Reprenant là où That’s Not What I Heard nous avait laissés, Movement prouve que l’on peut rester fidèle à des standards tout en n’étant pas perméable à la nouveauté. Ceux de ces quelques titres finement remaniés et par ailleurs issus du live Undead in NYC, lancé 4 mois plus tard, ne viendront pas contredire le reste.

Changement de staff imposé avec le départ de Kathy Mendonca fin 2003, remplacée par l’ex-batteuse des Chromatics, Hannah Blilie. Ayant déjà collaboré à l’enregistrement d’Undead In NYC, Blilie ne tarde pas à se fondre rapidement au sein du groupe, apportant un souffle nouveau au niveau des compositions. Sorti le 25 janvier 2005, en collaboration avec les électro-pop Tracy + Plastics, le maxi Real Damage est la première réalisation commune de la nouvelle formation. Le glissement vers un répertoire plus varié est en passe d’être franchi.

C’est chose faite avec le lancement de Standing In The Way Of Control le 24 janvier 2006. Le fabuleux compromis entre révolte punk et allégresse dance floor qu’est ce troisième album studio, annonce le passage du groupe à la vitesse supérieure. On commence enfin à parler de The Gossip au niveau national. La promotion de l’album au côtés des plus grands (Yeah Yeah Yeahs, Le Tigre, The White Stripes, Sonic Youth et The Kills) leur assure une popularité croissante. Mais c’est vraiment l’utilisation du morceau “Standing In the Way of Control” pour la série brit Skins début 2007, directement propulsé n°1 dans les charts UK, qui amorce la conquête de l’Ancien Continent. Difficile de ne pas succomber aux paroles enflammées de “Standing…”, brûlot récusant l’interdiction du mariage gay aux Etats-Unis (“You’re back against the wall/ There’s no one home to call/ You’re forgetting who you are/ You can’t stop crying”…). Pour Beth, même dans les situations les plus dramatiques, il y toujours une lueur d’espoir. Aussi encourage-t-elle son public à ne pas baisser les bras (“Fire With Fire”, “Keeping You Alive”) et s’engage-t-elle dans une véritable croisade contre les empêcheurs de tourner en rond (“Listen Up !”, “Jealous Girls”). Pas étonnant qu’avec ses beats riot, soul et disco, STWOC soit à ce jour l’album le plus populaire du groupe. Preuve que dans le mélange des genres, même musicaux, tout est possible.

A little respect

Oui car, comme Aretha, tout ce que demande Beth, c’est un peu de respect. Face à son apparence tout d’abord et à sa sexualité ensuite. Certes, on peut avoir été sacrée “personnalité la plus sexy de l’année 2007″ par la revue New Musical Express, devant Kate Moss and co, on peut avoir envie d’assumer pleinement ce que l’on est, en dévorant une pizza ou en mettant en scène un couple de travestis comme dans le clip de “Listen Up”. Autant d’indices sur la vie privée de la chanteuse puisqu’en plus d’avouer l’importance de la nourriture dans sa vie, Beth sort également avec une travestie. “Il est elle et lui en même temps. [...] Il est un peu comme moi. C’est un des raisons pour lesquelles on s’entend bien ensemble. La fluidité des genres devrait être respectée. On ne devrait pas avoir recours à une opération” (id, juillet 2006).

Provocatrice punk, icône lesbienne, n’hésitant pas à se dénuder sur scène ou pour la couverture de certains magazines, Beth est à ses dires, “un pur produit white trash” aux antipodes du politiquement correct. Confessant ne pas se raser les aisselles, ne pas utiliser de déodorant, avoir recours au téléchargement illégal, la miss est une héroïne du rock qui sent le souffre, et sans jeu de mots aucun, la sueur. Car il en faut de l’énergie pour mettre tout son public en délire. On dit déjà que Noel Gallagher et l’actrice Keira Knightley en sont fans. Victoria Beckham, un peu moins. Car le féminisme, c’est une chose que Miss Dito prend très au sérieux, girl power ou pas. D’où le “Posh Spice est une vraie blague. Dans les années 1990, elle a fait toute cette m***** de girl power et ensuite elle s’est rendue compte qu’en maigrissant, on s’occuperait d’elle. C’est juste un instrument. Elle a dû penser : c’est comme ça qu’on remarque les femmes, il faut être mince et ne donner son avis que sur les fringues et les mecs. C’est de la merde. Et si je la croise, je lui dirai” (fametastic.com) Ou le non moins sincère “Les femmes sont pas des chats, ni des animaux domestiques. Nous voulons juste traverser la rue pour se chercher une crème glacée”.

Beth Ditto est à classer dans la catégorie “chanteuse militante”. Et il est vrai qu’avec des icônes XXL comme Roseanne Barr ou Rosie O’Donnell, la chanteuse a de qui s’inspirer. En croisade contre le modèle “mannequin brindille”, celle-ci profite de sa notoriété pour clamer haut et fort “BIG IS BEAUTIFUL”. Et d’affirmer, toute fashion addict qu’elle soit, qu’elle ne servirait pas de modèle même pour TOP SHOP (ndr : célèbre marque de vêtements anglo-saxonne dont la dernière ambassadrice était Kate Moss) tant que les grandes tailles ne seraient pas incluses dans les collections. Si la demoiselle est intransigeante côté fringues, celle-ci revoit heureusement son jugement côté musical, en prônant une certaine ouverture. Pas avare de duos, que ce soit avec Mika (“Sweet Dreams”) ou l’ex-Pulp Jarvis Cocker (“Temptation”), celle-ci entraîne son groupe sur la voie des remix et des reprises. Leur dernier maxi GSSP RMX, sorti le 22 août 2006 en est la preuve par A + B. Différentes réinterprétations de “Listen Up” ou “Standing In The Way Of Control”, relecture du mythe R&B Aaliyah (“Are You That Somebody”)… Constater que le trio se diversifie relève de l’euphémisme !

“Nous avons été élevés dans l’Arkansas par des femmes, des loups et des cassettes. Nous nous sommes formés en 2000 dans un sous-sol froid d’Olympia, Washington”, “Nous sommes intéressés par l’art, le changement, l’underground, la danse, la mode, le punk, l’histoire, les meurtres et les mouvements. Nous ne mourrons jamais. Nous sommes artistes, poètes, cuisiniers, écrivains, féministes, designers, musiciens et djs. C’est la consécration d’une vie pour l’action, la passion et l’instinct”, ne manquent pas de rappeler respectivement le myspace et la bio du site officiel du groupe. Prenant temporairement le tournant de l’expérimentation, en développant en parallèle le projet musical Goxxip, le trio infernal n’a pas fini de nous surprendre. On n’avait pas vu plus charismatique chanteuse depuis bien longtemps : pas de doute qu’avec Ditto à la barre du navire Gossip, la flamme révolutionnaire est loin de s’éteindre. D’ailleurs, Kurt Cobain ne disait-il pas que “l’avenir du rock appartenait aux femmes” ? En attendant, si vous avez raté leurs dates en France, guettez le DVD live à venir, The Gossip : Live At Liverpool, histoire de confronter tous vos sens à ce véritable phénomène scénique.
SOURCES :

Internet

-http://www.gossipyouth.com/

-http://www.gossipyouth.co.uk/index1.html

-http://www.myspace.com/gossipband

-http://www.lesinrocks.com

-http://www.telerama.fr

-http://www.tetu.com

-http://www.vivelesrondes.com

-http://www.allmusic.com

-http://www.pitchforkmedia.com

-http://www.independent.co.uk

-http://www.cnn.com

-http://fr.wikipedia.org

-http://en.wikipedia.org

Papier

-New Musical Express (juin, novembre, décembre 2006)

-id, “Hot Gossip” (juillet 2006)

-Fact (septembre 2006)

-Play (septembre 2006)

-Attitude, “Hot Gossip” (novembre 2006)

-The Sun (décembre 2006)

(Les photos proviennent des sites
http://mog.com,
http://blog.oregonlive.com,
http://blogcritics.org,
http://blogs.manchestereveningnews.co.uk)

* Cahier de vacances 2010 – Article initialement publié le 31 mars 2008

Se passer de son portable

Se passer de son portable

Maintenant qu’il a gagné de nouveaux pouvoirs dépassant de loin celui de l’appel, le téléphone portable peut nous accompagner n’importe où, n’importe quand. A toute heure du jour et de la nuit, l’objet béni est à notre service. S’en passer ? Impossible !

Quelle relation avez-vous avec votre téléphone ?

Téléphone - Crédit : Stéphanie Rubini

Ils sont devenus des outils indispensables à notre vie quotidienne, nous ne pouvons plus nous en passer, sous le prétexte qu’ils sont plus que des téléphones. En effet, ces appareils, qui, à l’origine des temps, ne devaient permettre que de joindre et d’être joint, sont devenus multifonctions : appareil photo, GPS, agenda, aspirateur, lave vaisselle,…Vous aurez compris, car, puisque vous êtes mes lectrices, vous n’êtes pas stupides, je ne suis pas un grand fan de la haute technologie téléphonique. Mais vous, belles lectrices, à quoi vous sert votre téléphone ? Ne décrochez pas ce test, et vous le saurez !!!

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